Le marché de l’emploi N°2 sur 2

Une émission proposée et présentée par Pascale Fourier sur ALIGRE FM 93.1
mercredi 15 octobre 2003
par  Pascale Fourier
popularité : 2%

emission du 30 avril 2002

Autour de la notion de " marché de l’emploi " 2/2 - Avec Laurent Cordonnier, Maître de conférences à Lille I, a publié aux éditions Raisons d’agir "Pas de pitié pour les gueux".

Pascale Fourier : La dernière fois, Laurent Cordonnier nous a dit que pour que de l’emploi soit créé, encore faudrait-il le vouloir vraiment, et donc ne pas orienter toute notre politique économique, comme si l’économie française et européenne était une économie taïwanaise, c’est-à-dire une économie tournée vers l’exportation, ce qu’elle n’est pas. Laurent Cordonnier préconisait une politique coopérative au niveau européen, c’est-à-dire une politique économique qui serait enfin susceptible de créer de l’emploi. Je voulais en savoir plus.

Laurent Cordonnier : J’ai employé le terme "politique coopérative", ce n’est sûrement pas une appellation brevetable, mais ça dit bien ce que cela veut dire, à mon avis. Actuellement, les pays cherchent à s’en sortir en exacerbant la contrainte de compétitivité externe, ( ce n’est pas la seule chose, mais c’est un élément tout de même important), ce qui finalement au bout du compte remet toujours les pendules à zéro, puisque si votre voisin fait la même chose, la compétitivité c’est quelque chose qui n’est jamais gagnée… Donc, ce sont des politiques typiquement non coopératives, puisque l’on essaie en quelque sorte de s’en sortir au détriment de l’autre.

Or à contrario, qu’est-ce que c’est qu’une "politique coopérative" ? Une politique coopérative, c’est une politique qui dit aux entreprises :" Vous allez vous développer dans un espace économique où un certain nombre de choses seront faites pour que la demande économique soit en croissance. Et donc, vous devez changer de tournure d’esprit, vous tourner vers cet espace où vous allez pouvoir "faire votre beurre" entre guillemets, en fabriquant d’avantage de produits, en vendant d’avantage de produits et en embauchant d’avantage." En gros, cela veut dire mener des politiques keynésiennes en Europe. Cela ne veut pas dire des politiques de croissance échevelée et de développement tous azimuts et non soutenables, cela veut dire au contraire quel type de croissance on veut, lui donner un contenu : qu’est-ce que l’on veut fabriquer, qu’est-ce que l’on veut développer ? Un contenu, c’est par exemple des choses très simples : on veut fabriquer des infrastructures de transport en commun et de substitution réelle, c’est-à-dire qu’il faut être inventif dans ce domaine-là, de substitution réelle à la route. Comment l’on fait pour remplacer les voitures par le train ? Cela veut dire un véritable effort d’imagination. Mais voilà, c’est donner une orientation, ou c’est réorienter totalement la politique énergétique, pour recourir bien davantage aux énergies renouvelables, plutôt que de dire que la grande révolution de demain, c’est que tout le monde aura son téléphone portable. On a vu ce que cela fait : ça ne fait aucune révolution, et puis les gens ne se parlent plus, sauf à leurs portables. Je caricature, mais c’est mettre un contenu sur cette croissance, ce qui a un effet extrêmement important, c’est aussi de dire aux investisseurs, les vrais, où on va et où va se développer la demande. Cela ne veut pas du tout dire que c’est nécessairement une demande de bien public, cela ne veut pas du tout dire que c’est à terme une augmentation des impôts, mais c’est tracer la route, tracer un horizon pour que l’on sache vers quelle direction on peut investir. Finalement, c’est quelque chose comme, je sais bien que ça fait "ringard" aujourd’hui, mais c’est quelque chose comme une planification indicative encadrée par des politiques keynésiennes de soutien à la demande, et en particulier une détente des salaires. Une détente des salaires en laissant miroiter, sur le moyen terme, une augmentation plus ou moins régulière des salaires, augmentation sur laquelle les entrepreneurs qui veulent investir pour rencontrer cette nouvelle demande peuvent le faire et compter dessus : voilà, ça c’est coopératif. Plutôt qu’au contraire maintenir une pression constante sur les salaires, en disant "notre environnement, c’est un environnement de concurrence, avec les Etats Unis, la Corée et que sais-je encore ?" Ca, ça ne va pas. On a créé un espace économique suffisamment important, pour que l’on puisse développer nos propres politiques industrielles, économiques et macro-économiques.

Pascale Fourier : Mais à l’intérieur de l’espace européen, est-ce qu’il n’y a pas une réalité de compétitivité entre les entreprises ? Est-ce qu’il ne reste pas pour une entreprise française la nécessité de lutter contre une entreprise allemande, anglaise etc. ? Ce qui fait qu’effectivement ça ne peut pas être coopératif.

Laurent Cordonnier : Si, mais ça existera toujours. Toutes les entreprises sont en concurrence les unes avec les autres, pour soit se prendre des parts de marché, soit les conserver, mais ça c’est le principe même de l’économie capitaliste. Mais cette concurrence, elle peut se mener avec un corset de règles, complètement différentes. Si cette concurrence se fait grâce à une baisse des coûts salariaux, ça ne mène à rien. Et ça peut-être une des modalités pour mener cette concurrence. Mais par contre si on dit "Non c’est pas comme ça qu’elle se fait cette concurrence", là les coûts salariaux non seulement on s’interdit de les faire baisser, mais en plus on pense qu’il n’est pas mauvais de projeter de manière concertée, une augmentation modérée des revenus salariaux sur une période de trois à cinq ans, on met cette nouvelle règle, qui est partagée par l’ensemble des acteurs économiques sur un même espace économique, et qui fait que la concurrence se déroule, ou plutôt s’organise sur d’autres bases. Les entreprises chercheront peut-être à innover d’avantage, à mieux maîtriser des niches de production qui leur préservent une petite rente pendant un certain moment, bref, les stratégies des entreprises pour se faire la concurrence, risquent d’être elles-mêmes plus coopératives et plus intéressantes.

Pascale Fourier : Mais certains vous diraient que c’est absolument impossible pour les entreprises d’augmenter les salaires, autrement elles vont couler, non ?

Laurent Cordonnier : Ca c’est quelque chose que je ne parviens même plus à comprendre. C’est extrêmement bizarre… Bon, première chose : les gens pourraient commencer à s’inquiéter en disant : "Oui, mais si les salaires se mettent à augmenter, ça va dégrader la rentabilité de l’entreprise". Là, je crois qu’il faudrait les rassurer énormément : ce qui s’est passé sur les quinze dernières années, c’est un formidable redressement de la rentabilité des entreprises, au détriment de la part des salaires dans les profits. Donc même s’il y avait un petit déplacement du partage des richesses produites, en faveur des salariés, ça ne mettrait nullement en danger les entreprises, en particulier si l’on pouvait créer ce cadre de politique macro-économique plus coopératif en Europe. Et puis par ailleurs, si cette augmentation des salaires trouve un débouché dans une augmentation de la production, et donc des ventes, donc il n’y a pas de raison, les profits au lieu de se faire contre les salaires, se feront par l’augmentation des quantités produites et vendues. Au lieu d’aller faire son profit "en piquant dans le portefeuille des salariés" si j’ose dire, on lui produira un bien de plus, on offrira un bien de plus sur le marché, et puis on récupèrera une partie de son salaire sous forme de profit en vendant ce bien.

Donc, c’est presque hallucinant d’entendre l’idée qu’une augmentation des salaires puisse dégrader les profits des entreprises. Sinon, ça veut dire qu’on reste au niveau du 19e siècle, on revient vers 1850, on efface une multiplication par 20 de la productivité sur un siècle et demi, et puis voilà : on retourne au vieux capitalisme des origines. Non, par contre, ce qu’il ne faut pas faire, et là je pense que normalement tous les économistes devraient être d’accord, ce qu’il ne faut pas faire, c’est que pendant un temps trop long, les salaires augmentent plus vite que les gains de productivité. Mais je pense qu’il faut à un moment donné couper le ruban et réinitialiser le processus. C’est-à-dire faire redémarrer les salaires, même peut-être plus rapidement que les gains de productivité dans un premier temps, pour que durablement la croissance des dépenses de consommation se stabilisent, et une fois que ceci peut être anticipé, pris en compte par l’ensemble des entreprises, elles seront tentées de faire des investissements à la fois de capacité, et de productivité, pour aller à la rencontre de cette demande qu’on leur fait miroiter sur le moyen et le long terme. Là, je sais que beaucoup d’économistes ne seraient plus d’accord avec moi, mais c’est une façon d’anticiper les gains de productivité. Il y a des gens qui diraient que ça ne s’anticipe pas ! Si, à mon avis, ça s’anticipe ! Mais il faut dire où on va et sur un horizon suffisamment long. Il faut convaincre les acteurs que c’est dans "ce panier qu’il faut mettre ses billes" et que les stratégies doivent changer. Alors, à ce moment-là, effectivement dans un premier temps les salaires peuvent augmenter plus vite que les gains de productivité, mais dès que les investissements auront été faits pour aller à la rencontre de cette demande, les gains de productivité vont suivre, les innovations vont s’agglomérer à un rythme plus rapide à la production, et normalement on doit pouvoir obtenir une meilleure productivité du travail, et donc justifier ex post les augmentations de salaire qui ont été prévues, ce qui ne dégrade pas les profits et ne se fait pas au détriment des salariés.

Pascale Fourier : Laurent Cordonnier donc, le vilain rétrograde, préconise une relance keynésienne et une relance des salaires. En fait, je ne comprenais encore une fois pas tout : comment pourrait-on créer de l’emploi pour deux millions de chômeurs, les deux millions de chômeurs qu’il y a actuellement je le rappelle quand même, alors que l’on a plutôt l’air de nous dire ces derniers temps que ça ne sera vraiment pas possible ?

Laurent Cordonnier : Ce serait une explication assez technique à donner, mais je vais essayer d’en donner une idée. Pour que l’économie crée des emplois, il faut que la croissance économique, c’est à dire la croissance de ce qui est à faire et à produire soit plus rapide que celle des gains de productivité, c’est à dire l’efficacité avec laquelle on produit. Parce que s’il y a 3% de croissance, c’est à dire que l’on produit 3% de choses en plus, mais que dans le même temps on le produit avec 3% de travail en moins, au niveau des créations d’emploi c’est un bilan nul. Donc pour qu’une économie crée des emplois, il faut que le rythme auquel la production croit et donc la demande, puisqu’il n’y a pas de production sans demande, soit plus rapide que l’efficacité du progrès technique, c’est-à-dire le rythme auquel il économise du travail. Or pour que cette croissance soit plus rapide, il faut, et ça c’est un argument keynésien extrêmement fort, il faut que l’investissement dans l’économie, c’est-à-dire les dépenses que les entrepreneurs font pour acheter de nouveaux biens d’équipement, de nouvelles machines, de nouvelles usines, il faut que cet investissement croisse plus rapidement, et en particulier il faut qu’il soit plus rapide que les gains d’efficacité qu’il permet. En gros, on pourrait dire qu’à plus ou mois long terme, la demande croit au rythme où croit l’investissement, parce que c’est toujours les dépenses d’investissement qui font défaut pour laisser la demande se développer. Et donc il faudrait, par exemple, que l’investissement, le rythme auquel les entreprises souhaitent incorporer de nouveaux biens d’équipement aux installations soient de l’ordre de 5 % alors que les gains d’efficacité qui en seraient attendus ne seraient que de l’ordre de 2 à 3 %. Et là, ça c’est créateur d’emplois. Donc tout doit être misé pour tendre vers le plein emploi, tout doit être mis pour faciliter l’investissement des entreprises, mais l’investissement réel, pas l’investissement spéculatif ou financier. Ce qui veut dire leur faire de bonnes conditions d’intérêts, mais ça tout le monde sait que ce n’est pas suffisant, c’est comme j’indiquais tout à l’heure c’est dire où l’on va, en particulier l’argument d’une progression plus rapide des salaires, c’est important. Mais dire où l’on va c’est donner aussi les vraies orientations : dans 5 ans, on veut que ce soit comment la France ou l’Europe, avec quel contenu en terme de croissance ? Et puis il y a quelque chose qui est aussi impardonnable, c’est que quand on a autant de chômeurs, il n’y a absolument aucune raison pour que l’Etat ne puisse pas, dans ces périodes-là, travailler pour l’avenir avec ces chômeurs, c’est-à-dire construire des infrastructures, collectives qui vont porter leurs fruits sur 20, 30, 40, 50 ans voire un siècle. Il y a deux millions de chômeurs, on ne voit pas pourquoi l’Etat, par exemple, ne pourrait pas s’endetter à des taux d’intérêts quasi nuls, pourquoi l’Etat est obligé de s’endetter aux mêmes taux d’intérêts que les entreprises alors que sur ces taux d’intérêts là il y a une prime de risques qui est liée au risque de faillite des entreprises. Or l’Etat ne fait normalement jamais faillite, sauf quelques rares exceptions historiques, et surtout l’Etat, c’est nous ! Ce n’est pas du bénéfice privé ! Donc on devrait pouvoir trouver des dispositifs financiers qui permettent à l’Etat de s’endetter à des taux ridiculement bas, pour pouvoir travailler pour le siècle prochain. Quand il fallait construire des préfectures en pierre, on a bien trouvé les moyens de le faire. Pourquoi aujourd’hui l’Etat devrait calculer ses retours sur investissement avec des taux d’intérêts de 5 % ? C’est ridicule !! On pourrait construire de belles universités, et non pas les cages à lapins que l’on fait actuellement ! On pourrait construire de belles écoles, on peut construire des réseaux et des infrastructures ferroviaires pour substituer à la route, on peut engager véritablement une politique de substitution d’énergie renouvelable, et tout ceci on ne voit pas pourquoi on devrait le faire payer à l’Etat au prix de la rente financière, telle qu’elle est aujourd’hui parce que l’Etat, c’est nous ! Et donc 1 ou 2 % pour signaler quelle est la marge quand même où il faut s’arrêter, ce serait amplement suffisant, et surtout ça ferait que dans cette période où des gens restent inoccupés, et tant que c’est vrai, l’Etat peut le faire et sans rien prendre à personne ! c’est ça qui est extraordinaire, sans rien prendre à personne ! Il y a deux millions de personnes qui ne travaillent pas, on les fait travailler à ça, grâce à un endettement qui s’il est à des taux d’intérêts très faibles de l’ordre de 1 à 2 % se remboursera de lui-même. Avec la croissance il disparaîtra automatiquement. Ce qui fait que l’endettement augmente, c’est la rente financière trop élevée. Voilà peut-être une idée qui pourrait être creusée, mais évidemment, il faudrait que les gens redeviennent keynésiens pour penser comme ça.

Pascale Fourier : Vous l’avez entendu, Laurent Cordonnier préconisait une politique de grands travaux. Certes. Mais on pouvait lui rétorquer que les emplois créés ne correspondraient pas forcément aux compétences des chômeurs actuels : c’est d’ailleurs ce que je lui ai dit.

Laurent Cordonnier : Pour reprendre cette objection, on se dit qu’il faudrait que si l’Etat veut se mettre à faire une politique de grands chantiers comme ça, il faudrait que dans le stock de chômeurs les compétences correspondent. Il y a trois réponses à cela. Un, l’Etat doit adapter ce qu’il va faire à ce qu’il connaît de disponible. Effectivement si l’on pense que c’est une période pendant laquelle il y a pénurie de maçons, c’est peut-être pas les universités qu’il faut construire, il faudrait peut-être faire autre chose, il faut peut-être construire des hôpitaux, des écoles, ou financer peut-être plus de dépenses de formations, il faut s’adapter. Deuxième élément de réponse, ce n’est pas forcément un mécanisme en ligne directe, c’est à dire que l’Etat peut trouver sur le marché du travail les compétences qu’il lui faut, aussi en attirant des gens qui sont déjà employés dans certains secteurs à faire certaines choses, et ces gens qui vont se mettre à travailler pour l’Etat libèrent aussi des emplois qui correspondent peut-être à ce qu’attendent les chômeurs à ce moment. Le marché du travail, c’est chaque année plus de deux millions de personnes qui quittent leur emploi et qui en trouvent un autre. Donc dans ce mouvement-là, il y a énormément d’ajustements qui peuvent se faire et qui ne demandent pas forcément qu’il y ait "la clef dans la serrure" avec le stock de chômeurs existants. Et puis par ailleurs, quand on veut vraiment développer un secteur d’activité, on forme les gens ! On y arrive et ce n’est pas très compliqué, ce n’est pas extrêmement compliqué ! C’est d’autant moins compliqué, que l’on sait ce que l’on veut faire, et ce qu’il faut bâtir comme compétences ou comme formations pour obtenir ces compétences. C’est même presque une situation luxueuse de nouveau ! Ce qui ne va pas pour la formation, c’est quand il n’y a pas d’emplois derrière, car on a des dispositifs de formations qui tournent à vide que les chômeurs interprètent comme des stages "parking", ou des formations dérivatives, ils ont parfaitement raison. Mais au contraire, quand on sait ce que l’on veut faire et où l’on va, il est extrêmement aisé de mettre en place ces systèmes de formations et ils auront un efficacité maximale.

C’est marrant parce que lorsqu’on apporte une solution à un économiste, il voit tout de suite un problème, or ce problème précisément, c’est souvent le stigmate de ce que serait une situation heureuse. Une situation heureuse, c’est une situation dans laquelle on ne se poserait plus que des problèmes de formations. Parce que ça on sait les résoudre. On sait les résoudre quand ailleurs ça va mieux, évidemment. Mais résoudre les problèmes de formations quand il n’y a pas d’emplois qui se créent en face, ça par contre ça ne choque pas beaucoup les économistes bon tain qu’on entend tous les jours.

Pascale Fourier : "Des sous et des hommes" c’est fini pour aujourd’hui...

Vous avez entendu Laurent Cordonnier, qui me fait toujours un peu rire, et d’ailleurs vous pourrez rire à votre tour, du moins je l’espère, en lisant "Pas de pitié pour les gueux", un petit livre qui est paru aux éditions Raisons d’agir qui coûte très peu cher, 30 Frs. Dedans, vous y verrez comment fonctionne le marché du travail, selon les théories libérales, vous apprendrez comment certains pensent que les chômeurs sont des poltrons, des roublards, des paresseux, des primesautiers, des méchants, et toutes ces théories sont battues en brèche avec beaucoup d’humour, beaucoup de drôleries, mais aussi beaucoup de sens pédagogique et de sérieux ! par Laurent Cordonnier.
A bientôt !!

Rappel : Vous pouvez imprimer ce texte. Quel que soit l’usage que vous en ferez, il vous est demandé de citer votre source : Emission Des Sous...et des Hommes du 30 Avril 2002 sur AligreFM. Merci d’avance.


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