L’Europe s’apprête à ouvrir la porte aux animaux et insectes génétiquement modifiés

jeudi 25 avril 2013
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Par Les Amis de la Terre

L’Autorité européenne de sécurité alimentaire a rendu un avis ouvrant la voie à la commercialisation d’insectes et d’animaux génétiquement modifiés. Alors que des experts de l’Autorité sont liés aux compagnies productrices...


Les Amis de la Terre ont été informés des dernières décisions de l’AESA par un communiqué de Gene Watch Royaume-Uni [1]. Lors de sa dernière réunion à Parme en Italie, l’Autorité européenne de sécurité des aliments a adopté les Orientations pour l’évaluation des risques environnementaux liés aux animaux génétiquement modifiés (GM). Sont concernés - pour l’instant - les poissons, les insectes, les oiseaux et les mammifères de fermes ou domestiques.

Pour Mme Wallace, directrice de Gene Watch Royaume-Uni : « En adoptant ces règles, l’AESA (EFSA en anglais) ouvre la voie à la production commerciale de poissons et d’insectes GM, d’animaux de fermes GM comme les cochons et les vaches, que nous retrouverons dans nos champs, nos rivières, nos mers et dans les airs ». Alors que la bataille fait rage aux États-Unis autour du saumon GM de la compagnie AquaBounty, l’AESA déblaie déjà le terrain pour son introduction en Europe ! Une fois de plus, la Commission européenne se sert de l’AESA pour éviter d’avoir à légiférer et mettre en place un cadre légal strict. Elle préfère demander à l’AESA de soumettre des… Recommandations.

Experts au service des compagnies

Pourtant, et ce n’est pas nouveau, de graves doutes sur les conflits d’intérêts au sein de l’AESA sont soulevés. Gene Watch a déposé une plainte contre l’AESA - actuellement examinée par l’Ombudsman européen - qui porte sur les conflits d’intérêts du Groupe de travail sur les insectes GM. Ce Groupe comprend un chercheur de l’Université d’Oxford, qui est financé par le Conseil de Recherches Scientifiques sur la Biologie et les Biotechnologies du Royaume-Uni dans le but de travailler avec la compagnie Oxitec sur la mise au point d’insectes GM. L’Université d’Oxford est un des investisseurs d’Oxitec et pourrait donc profiter de la dissémination commerciale des insectes GM, si celle-ci était autorisée.

Quatre autres membres du Groupe de travail ont ou ont eu des liens avec Oxitec et ont travaillé sur des projets communs ou co-signé des articles. Deux autres membres de ce groupe travaillent pour le programme de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique sur l’utilisation d’insectes GM. La firme britannique [Oxitec a déjà fait parler d’elle avec ses essais de moustiques transgéniques dans les Iles Caïman et en Malaisie et dernièrement avec des lâchers à grande échelle au Brésil, avec le soutien des autorités de ce pays [2].

Cette même firme travaille sur des papillons et mouches génétiquement modifiés [3]. Avec ce nouveau règlement européen, ce sont des milliards de chenilles et d’œufs de papillons et insectes génétiquement modifiés qui pourraient se retrouver dans les fruits et légumes. Oxitec cherche actuellement des partenaires pour commercialiser des mouches de l’olive, des mouches des fruits (aussi appelées mouche du vinaigre), des thrips de la tomate, des mouches blanches du chou, tous ces insectes ayant été modifiés génétiquement.

Cochons transgéniques

D’autre part, cette semaine le Roslin Institute d’Edimbourg annonçait la mise au point de cochons GM censés être résistants à des maladies. L’institut Roslin travaille aussi sur des poulets GM [4].

Pour Christian Berdot des Amis de la Terre : « L’agriculture intensive est dans une impasse que les compagnies de biotechnologies essayent de prolonger, mais à quel prix ? Combien de milliers d’insectes GM vont se retrouver dans la nature et se multiplier ? Quelles seront les conséquences pour l’ensemble des écosystèmes touchés ? Personne ne le sait. Mais les enjeux financiers et industriels sont importants. Au lieu d’agir dans l’intérêt général, la Commission européenne favorise ces intérêts à très court terme. »

reporterre.net



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Brèves

Nouvelle convocation José Bové au tribunal d’instance

samedi 8 décembre 2007

Reçu du "Collectif des faucheurs Volontaires Rhône-Loire"

José se retrouve à nouveau devant la JAP lundi 10 décembre au matin, il faut à nouveau tous être présents pour soutenir la fin de toutes les condamnations contre les militants anti-OGM.

RAPPEL :

Lundi 12 novembre, José Bové est ressorti libre du bureau de la juge d’application des peines du tribunal de Millau. La magistrate et le porte-parole des Faucheurs volontaires ont discuté de la façon dont celui-ci pourrait accomplir la peine que lui a infligée la cour d’appel de Toulouse le 15 novembre 2005 : quatre mois de prison ferme, en tant que récidiviste, pour avoir participé au fauchage d’un champ de maïs transgénique le 25 juillet 2004 à Menville (Haute-Garonne).

En droit, la juge pouvait placer M. Bové sous bracelet électronique, mesure que le leader paysan avait par avance rejetée. Ce refus aurait pu justifier sa mise en détention immédiate. Selon son avocat, Me François Roux, José Bové a indiqué qu’il acceptait un aménagement de sa peine, qui pourrait prendre la forme de "jours amendes". La juge l’a convoqué le 10 décembre, pour un débat contradictoire avec le procureur.

cactus pubis

samedi 24 novembre 2007

Au poil !

Un cactus sur lequel poussent des poils pubiens ?

Voilà qui ne manque pas de piquant. Cette œuvre conçue par Laura Cinti est l’une des pièces phares du Festival international des sciences d’Edimbourg, en Ecosse. Pour réaliser The Cactus Project, l’artiste “transgénique” dit avoir introduit du matériel génétique humain dans le génome d’une cactée.

En 2000, l’artiste brésilien Eduardo Kac avait déjà exposé un lapin transgénique vert fluorescent, doté d’un gène de méduse. Si le directeur du Scottish Arts Council – l’ancien évêque d’Edimbourg – a quelques réserves en ce qui concerne la manipulation d’animaux, l’œuvre de Laura Cinti ne lui pose pas de problème éthique. “Faire pousser des poils pubiens sur un cactus ne fait de mal à personne”, estime-t-il.

courrierinternational