Mange, c’est du poulet !

mardi 19 novembre 2013
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Est-ce le premier signe du « rebond » breton promis aux « bonnets rouges » par Stéphane Le Foll ? Doux, le roi du poulet, en redressement judiciaire depuis un an, a enfin trouvé des repreneurs… après avoir laissé sur le carreau un millier de salariés.


Héraut du modèle breton d’agriculture productiviste, Doux a fait sa fortune notamment grâce au « poulet export », de la volaille industrielle mais en pire. Comptez jusqu’à 30 volatiles au mètre carré, soit cinq de plus que le maximum autorisé pour un poulet industriel, avec une pousse en accéléré : 35 jours au lieu de 42. Un tel délice qu’on n’ose pas le mettre dans les assiettes françaises, préférant l’envoyer en Afrique et au Moyen-Orient. C’est d’ailleurs le principal acheteur de ce produit goûteux, le groupe saoudien Al-Munajem, qui vient de croquer 25 % du capital du volailler. Désormais, Doux ne fabrique plus que cette quintessence du poulet industriel.

L’autre repreneur, Didier Calmels, qui avale 52 % du capital, la famille Doux gardant les restes, a fait carrière comme syndic de faillite, et n’a pas la réputation d’un cœur tendre en affaires. On le retrouve au côté de Bernard Tapie lors du rachat du fabricant de piles Wonder, une aventure qui s’achèvera en eau de boudin avec la faillite de la boîte. Quelques années plus tard, le voilà éclaboussé dans une affaire de dissimulation de passif, alors qu’il est le conseiller d’un autre ami de Tapie, l’ancien ferrailleur Michel Coencas, accusé d’escroquerie dans la vente fictive d’une fonderie.

Sa mise en examen avait alors fait pschitt pour vice de procédure. Devenu ensuite conseiller de la banque Rivaud, surnommée « la banque du RPR », Calmels est cette fois accusé de conflit d’intérêts par l’entreprise de matériel ferroviaire concurrente directe d’une des sociétés de Coencas, à qui il avait refusé un prêt décisif. Le plus ébouriffant, c’est que le repreneur de Doux n’y connait que pouic au monde du poulet. Par contre, Didier Clamels connaît bien la Corrèze, terre d’« élection de François Hollande et de Jacques Chirac ». En 1997, pour faire plaisir à Chichi, sa holding D&P avait mis des billes dans le maroquinier de luxe Le tanneur, avant de céder le tout en 2011 aux Qataris.

Parmi les actionnaires de D&P, on ne trouve pas vraiment de « bonnets rouges » mais des hommes d’affaires comme Vincent Bolloré ou Charles Beigbeder, frère de l’écrivain. Espérons que, la reprise de Doux, ce ne soit pas que pour l’appât du g(r)ain…

Le Canard Enchaîné N° 4855 du 13 novembre 2013


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