L’isolement de la France en Centrafrique

jeudi 9 janvier 2014
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Par Jean-Pierre Dubois

La journaliste Colette Braeckman s’interroge sur les raisons qui font qu’en dépit du feu vert de l’ONU la France semble se trouver isolée et dans l’impasse en Centrafrique. [1]


Elle rappelle, tout d’abord, que l’opération Sangaris représente la 11ème (onzième !) intervention de l’armée française en Centrafrique depuis que ce pays a accédé à l’indépendance. C’est ainsi qu’en 1965 la France impose Jean-Bedel Bokassa à la présidence pour, en 1979, l’en chasser et amener son remplaçant, David Dacko, « par vol spécial ». En 2003, elle approuve le coup d’État du général François Bozizé contre le président élu Ange-Félix Patassé. Dix ans plus tard, le 24 mars 2013, elle laisse Michel Djotodia et ses milices Seleka [2] renverser Bozizé celui-ci étant tombé en disgrâce pour avoir osé ouvrir aux Chinois les champs pétroliers et les mines d’uranium de son pays...

Colette Braeckman dresse également un constat sévère de la colonisation française : un pays sans routes, sans encadrement administratif, à peu près aussi peu développé que le Sud Soudan. Dans ce contexte - explique-t-elle - il faut prendre conscience de « la sophistication des moyens militaires dont dispose la Seleka » et qui explique son « avancée fulgurante ». Ces « guerriers sans frontières » ont déjà opéré au Tchad, au Soudan, dans toutes les zones grises de la frange sahélienne, ils sont formés et endurcis. Avec d’autres mouvements comme les ADF-Nalu, opérant au Nord du Congo, la Seleka représente une avant-garde qui menace toute la zone forestière, du Cameroun jusqu’au nord du Kénya ; c’est une poussée de fond des populations sahéliennes, nomades et marquées par l’Islam, en direction des verts pâturages de l’Afrique centrale.

Face à ces combattants, les armées d’États aussi faibles que la Centrafrique ne font pas le poids. Quant aux Français, en nombre insuffisant, ils sont à peine secondés par les 4.000 hommes de la Force africaine dont les 850 Tchadiens à la neutralité sujette à caution. « Ceux qui tablaient sur une opération de courte durée, de nature à redorer le blason présidentiel, ont péché non seulement par excès d’optimisme mais surtout par ignorance ou présomption. », constate Colette Braeckman. Ce pourrait être la conclusion...

(Photo : Le général Moussa Assimeh, chef militaire de la Seleka ayant participé au coup d’État qui a renversé François Bozizé le 24 mars 2013)

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[1Colette Braeckman, La France isolée face aux guerriers sans frontières : blog.lesoir.be

[2 Seleka signifie Coalition ou Alliance en langue Sango


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