Agrocarburant

vendredi 17 janvier 2014
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Par Yves Paccalet

Nom par lequel il faut désigner les produits que, par confusion ou avec l’intention de tromper, on baptisait naguère « biocarburants ». Ce changement de substantif aura au moins permis aux écologistes de gagner une bataille !

Les agrocarburants participent de deux filières différentes : celle des huiles (de colza, de tournesol, de palme…), qui donnent des diesels appelés « diesters » ; et celle des alcools, où la fermentation de la cellulose et de l’amidon contenus dans la betterave, le blé, le maïs ou la canne à sucre fournissent des éthanols (dans le vocabulaire « je t’embrouille », des « bioéthanols »). Pour croître avec le rendement espéré, la matière première végétale exige une grande quantité d’énergie mécanique, d’engrais, de pesticides et d’eau. De leur côté, les gros agriculteurs travaillent à recycler les subventions qu’ils touchent au titre de la promotion des énergies renouvelables !

Outre qu’ils polluent, les agrocarburants sont crédités d’un rendement lamentable. Leurs promoteurs nous font miroiter l’apparition de produits de « deuxième » puis de « troisième génération ». Non seulement ces filières sont loin d’être opérationnelles, mais elles ne modifient pas le fond du problème : il ne sera jamais raisonnable de détourner des productions agricoles pour faire rouler des automobiles ! Dans les pays riches, cela signifierait un surcroît de pollution et une utilisation absurde de la ressource en eau. Cette dernière constitue le premier facteur limitant de ce type de « spéculation » (comme on dit encore dans les lycées agricoles).

Dans les pays pauvres, ce serait un désastre. La culture massive de la canne à sucre ou du palmier à huile signifierait le glas pour les dernières forêts tropicales – du Mexique et du Brésil au Gabon, et de la Centrafrique à l’Inde, à Bornéo et à la Nouvelle-Guinée. Les agrocarburants sont les pires ennemis du jaguar, du chimpanzé ou de l’orang-outan. Ce sont surtout les pires ennemis des humains misérables. Comme les cultures d’exportation (coton, caoutchouc, café, thé, cacao…), ils prennent la place des cultures vivrières. Et chaque lopin de terre qu’on ôte à la filière alimentaire est un assassinat d’enfant.

Yves-paccalet.fr


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