Les compteurs électriques « intelligents » contestés en Allemagne et au Québec

vendredi 18 avril 2014
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Par Sophie Chapelle

La grogne contre les compteurs électriques dits « intelligents » se poursuit outre-Atlantique. Le 12 avril, des citoyens québécois ont manifesté devant le siège social de la Régie de l’énergie à Montréal, contre l’installation de ces compteurs par la société d’État Hydro-Québec. La spécificité des compteurs dit « intelligents » ou « communicants » ? Ils sont théoriquement capables de transmettre en temps réel au fournisseur d’énergie des informations sur la consommation du client. Mais pour le mouvement québécois « Refusons les compteurs », les ondes émises par ces compteurs présentent des risques potentiels pour la santé. [1] Le mouvement réclame par conséquent que la compagnie cesse de pénaliser financièrement ceux qui s’opposent à leur installation, et demande au gouvernement de décréter un moratoire. (lire notre précédent article)


Du côté de l’Union européenne, une directive exige que 80 % des compteurs soient « communicants » d’ici 2020. En France, le déploiement du compteur « Linky » a été acté en juillet 2013 par le gouvernement qui le présente comme « un instrument concret en faveur des économies d’énergie et du pouvoir d’achat ». Pourtant, les enquêtes menées auprès des utilisateurs dans les zones d’expérimentations tests révèlent que la mise en place de ce compteur n’a en rien réduit la facture énergétique (voir ici). Selon l’association Que Choisir, les failles du compteur communicant pourraient même offrir un boulevard aux fournisseurs d’électricité pour augmenter les tarifs. L’opérateur Direct Énergie a par exemple lancé début janvier « l’offre Tribu » dans laquelle le service de suivi des consommations en temps réel est facturé... 6,80 euros par mois !

Face à l’engouement du gouvernement français, l’Allemagne se révèle plus prudente. Le ministère de l’Économie allemand a demandé au cabinet Ernst & Young une évaluation économique du déploiement des compteurs intelligents. Or, l’audit rendu public en août 2013 indique que les coûts mis en œuvre dépassent nettement les économies réalisées par les consommateurs. « Il serait donc disproportionné et économiquement déraisonnable d’exiger de tous les consommateurs d’installer ces compteurs » souligne le ministère qui préconise pour le moment de restreindre le renouvellement aux compteurs en fin de vie.

En France, le remplacement d’ici 2020 des 35 millions de compteurs électriques est estimé par le gouvernement à 4,7 milliards d’euros. Mais les élus représentés par la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) évoquent plutôt 8 à 9 milliards. Quand le président d’EDF Henri Proglio parle lui de 5 à 7 milliards d’euros... Un audit à ce sujet serait peut-être opportun, alors que le projet de loi sur la transition énergétique devrait être présenté avant l’été en Conseil des ministres.

bastamag.net


[1Le recours déposé par l’association Robin des Toits en France à ce sujet a été rejeté le 20 mars 2013 par le Conseil d’État qui considère que « les rayonnements électromagnétiques émis par les dispositifs de comptage et les câbles n’excèdent ni les seuils fixés par les dispositions du décret du 18 octobre 2006 (...) ni ceux admis par l’Organisation Mondiale de la Santé ». Des seuils pourtant critiqués pour leur faiblesse.


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Brèves

Nouvelle convocation José Bové au tribunal d’instance

samedi 8 décembre 2007

Reçu du "Collectif des faucheurs Volontaires Rhône-Loire"

José se retrouve à nouveau devant la JAP lundi 10 décembre au matin, il faut à nouveau tous être présents pour soutenir la fin de toutes les condamnations contre les militants anti-OGM.

RAPPEL :

Lundi 12 novembre, José Bové est ressorti libre du bureau de la juge d’application des peines du tribunal de Millau. La magistrate et le porte-parole des Faucheurs volontaires ont discuté de la façon dont celui-ci pourrait accomplir la peine que lui a infligée la cour d’appel de Toulouse le 15 novembre 2005 : quatre mois de prison ferme, en tant que récidiviste, pour avoir participé au fauchage d’un champ de maïs transgénique le 25 juillet 2004 à Menville (Haute-Garonne).

En droit, la juge pouvait placer M. Bové sous bracelet électronique, mesure que le leader paysan avait par avance rejetée. Ce refus aurait pu justifier sa mise en détention immédiate. Selon son avocat, Me François Roux, José Bové a indiqué qu’il acceptait un aménagement de sa peine, qui pourrait prendre la forme de "jours amendes". La juge l’a convoqué le 10 décembre, pour un débat contradictoire avec le procureur.

cactus pubis

samedi 24 novembre 2007

Au poil !

Un cactus sur lequel poussent des poils pubiens ?

Voilà qui ne manque pas de piquant. Cette œuvre conçue par Laura Cinti est l’une des pièces phares du Festival international des sciences d’Edimbourg, en Ecosse. Pour réaliser The Cactus Project, l’artiste “transgénique” dit avoir introduit du matériel génétique humain dans le génome d’une cactée.

En 2000, l’artiste brésilien Eduardo Kac avait déjà exposé un lapin transgénique vert fluorescent, doté d’un gène de méduse. Si le directeur du Scottish Arts Council – l’ancien évêque d’Edimbourg – a quelques réserves en ce qui concerne la manipulation d’animaux, l’œuvre de Laura Cinti ne lui pose pas de problème éthique. “Faire pousser des poils pubiens sur un cactus ne fait de mal à personne”, estime-t-il.

courrierinternational