Leur Europe, ce sera sans moi

lundi 26 mai 2014
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Par SuperNo

Ce 25 mai, nous sommes censés aller voter pour envoyer au parlement européen 78 eurodéputés (9 pour la circonscription Est qui me « préoccupe ». Je mets le mot entre guillemets, car non seulement ça ne me préoccupe pas, mais je m’en bats l’œil d’une force que vous n’imaginez même pas.) 78 eurodéputés qui vont décrocher le jackpot, un salaire supérieur à 10 000 euros nets par mois, accompagné de nombreux avantages en nature. Le tout garanti 5 ans. Et pas fatiguant, non plus, comme boulot. Bien sûr, on peut jouer le jeu et le faire sérieusement, mais en France, il se trouve que nombre de nos « représentants » n’en branlent pas une, et ne sont manifestement là que pour s’assurer un train de vie conforme à l’idée boursouflée qu’ils ont d’eux-mêmes, et se refaire après une mauvaise passe en politique nationale.


Tiens, prenez Nadine Morano (enfin, au sens figuré, hein…). Un peu comme tous les parasites, elle n’a pas d’existence propre, son destin est lié à celui de son protecteur Sarkozy. Sans lui elle n’est rien, quand il est dans la panade, elle l’est aussi. Elle a tout perdu. Elle n’est plus ministre, ni députée. Il ne lui reste plus qu’un anonyme mandat de Conseillère régionale de Lorraine. Même pas 3 000 euros par mois, autant dire le RSA du politicard. Mais voilà, dès dimanche, la magie de la « démocratie » va de nouveau offrir à Nadine Morano des revenus dignes de son ambition, et la possibilité de débiter périodiquement ses sornettes devant les caméras. Et Nadine Morano n’est qu’un exemple, tellement caricatural qu’il est facile de se moquer, mais ils sont des dizaines dans son cas, pour lesquels cet emploi sinon fictif, du moins à temps partiel fournit essentiellement de quoi faire bouillir la marmite. À l’UMP il y a aussi MAM, barrée partout ailleurs. On peut citer les stars du FHaine, mais aussi Peillon, Mélenchon… Et ici, dans l’est, Edouard Martin, qui en tant que syndicaliste chez Mittal ne devait pas rouler sur l’or, et qui va lui aussi goûter à la prospérité. Chèrement gagnée, car en ce qui le concerne, il ne faut pas avoir de fierté pour illustrer dans tous les bons dicos le mot « traître », aux côtés de Judas Iscariote, de Éric Besson, ou bien sûr de François Hollandréou. (Au passage ils étaient vachement bien représentés, les ouvriers de Mittal Florange. Le concurrent d’Edouard Martin dans la course aux micros et aux caméras, Walter Broccoli, n’est certes pas candidat, mais il soutient… les ouiouistes ultralibéraux de l’UDI !!! On vit une époque formidable…)

Le mode de scrutin n’aide pas non plus. Après une période de listes nationales qui assurait une élection confortable aux notables, les listes ont été divisées en circonscriptions artificielles. Du coup, les politicards cherchent à reproduire le fonctionnement de la liste nationale en se parachutant ici ou là en dépit du bon sens, tout en jouant au “local”. Tiens, à titre d’exemple, le candidat du FdG, Gabriel Amard (qui est probablement quelqu’un de bien, là n’est pas le problème) habite dans l’Essonne, où il fut maire de Viry-Chatillon. Il est indéniable que par rapport à Brest ou Bordeaux, c’est à l’Est… Même s’il s’est paraît-il installé récemment à Lons-le-Saunier, ça ressemble davantage à une opération « Philippot à Forbach » qu’autre chose… Ben oui, mais à Paris il fallait laisser la place au communiste Le Hyaric. Même mésaventure pour l’excellentissime Corinne Morel Darleux, résidente drômoise, et obligée d’aller arpenter les marchés de Vierzon ou de Saint-Pourçain-sur-Sioule, parce que le Sud-Est était aussi réservée à une communiste. Elle a même dû déposer une gerbe le 8 mai… Attention, Corinne, le dépôt de gerbe, c’est le début de la « rossinotisation »… Et ne parlons même pas de Mélenchon lui-même, candidat dans le sud-ouest, après avoir été défier le FHaine aux législatives à Hénin-Beaumont (avec le succès que l’on sait), tout en habitant le 10ème arrondissement de Paris. Portnimwak.

Mais tout cela n’est qu’une petite mise en bouche. Car ce qu’il faut retenir c’est ça :
- Les institutions européennes sont une catastrophe totale.
- À l’intérieur de ces institutions, le parlement n’est que l’habillage « démocratique » d’un système qui ne n’est pas du tout démocratisé, et n’a qu’un rôle tout à fait mineur.
- Il est totalement vain de vouloir changer quoi que ce soit à ces institutions, surtout quand on voit qui en tire les ficelles. Il suffit de constater qu’un ancien de Goldman Sachs dirige la BCE pour tout comprendre. Table rase, restart from scratch.
- Le bilan de « leur » Europe est un tel naufrage dans à peu près tous les domaines qu’il est parfaitement risible de voir des ouiouistes en général prétentieux et pontifiants en faire l’apologie. À tel point qu’on se demande de quoi ils parlent et sur quelle planète ils vivent. Écoutez un peu Lamassoure, c’est à se pisser dessus devant tant d’autisme ouiouiste autosatisfait.
Tiens, parenthèse sur Lamassoure, c’est un des signataires (avec un quarteron d’autres bras cassés irresponsables) du papier qui a entériné la séparation de la SNCF et de RFF, aberration rendue obligatoire par leur Europe de ouiouistes. La cause principale de l’histoire des trains trop larges qui fait se gausser la France entière. (Et, autre digression, la France se gausse parce qu’elle comprend bien les tenants et aboutissants du truc, le train trop large pour le quai. Mais il faut relativiser, ce n’est « qu’une » erreur à 50 millions. Alors que par exemple, les « actifs pourris de Dexia » représentent aux dernières nouvelles 266 milliards d’euros, dont une grande partie sera au final payée d’une manière ou d’une autre par les contribuables. Un rapport de 1 à 5 000 par rapport aux trains. Et là, curieusement, personne n’en parle…)

Leur Europe a été faite par les banksters et les multinationales, pour les banksters et les multinationales. En payant grassement des politiciens corrompus, des fonctionnaires bien opulents harcelés par des lobbyistes persuasifs, ils ont pu mettre en place un système dont le seul but est la maximisation du profit pour les actionnaires, avec tous les ingrédients ultralibéraux bien connus :
- Pouvoir totalitaire de la Troïka
- Confiscation des pouvoirs politiques nationaux (c’est la Troïka qui fixe les objectifs de budgets, les dirigeants nationaux n’auront plus qu’à inaugurer les chrysanthèmes)
- Privatisation généralisée.
- Installation de la « concurrence libre et non faussée. »
- Dumping fiscal (Alignement vers le bas des impôts)
- Dumping social (Alignement vers le bas des salaires et du code du travail)
Le résultat, on le connaît : les usines partent en Pologne ou en Roumanie, les peintres polonais et les voleurs de poules et de cuivre roumains s’installent en France, les Français s’inscrivent à Pôle Emploi et votent Fhaine, le gouvernement et le MEDEF veulent au nom de la compétitivité supprimer le SMIC ou les allocs chômage. Malgré ces constats accablants, les ouiouistes continuent à monopoliser les médias et à y déverser leur propagande surréaliste. Pas la moindre émission politique sans qu’un ouiouiste ne déballe ses foutaises, avec la complicité active du journaleux de service. Bernard Guetta continue tous les matins sur France Inter à déverser des torrents de propagandes ouiouistes outrancières, à faire comme en 2005, comme s’il ne s’était rien passé, à se rengorger en évoquant l’Europe de ses fantasmes, cette Europe qui n’a pas la moindre réalité.

Cette Europe devait nous apporter la paix, la « croissance », le « plein emploi », la prospérité… Le ratage absolu ! Bon, vous me direz, Guetta connaît sûrement le plein emploi et la prospérité, et ne risque guère d’être remplacé par un journaliste roumain payé 10 fois moins que lui. S’il veut bien concéder que telle ou telle chose ne va pas bien, le ouiouiste a la solution : il faut « plus d’Europe ». C’est comme le libéralisme : si ça ne marche pas, c’est qu’il n’y a pas assez de libéralisme. Obélix, dans le « Combat des chefs » n’avait rien inventé : si le druide est dans le coltar à cause d’un coup de menhir, un deuxième coup de menhir va forcément le guérir. Écoutez-les, ces guignols : ils veulent tous « changer l’Europe ». Y compris ceux qui ont voté tous les traités, ceux qui ont consenti au calendrier de remboursement de la prétendue dette, ceux qui sont prêts à massacrer encore davantage nos acquis sociaux (tout en parlant « d’Europe sociale », cette bouffonnerie absolue : les cuistres !) Comment ceux-là même qui se sont complètement plantés, qui ont créé le problème et se sont foutus de nous, ceux qui ont volé le référendum de 2005, comment osent-il encore se montrer devant nous avec leur morgue et prétendre qu’ils détiennent la solution (laquelle passe d’abord par un vote en leur faveur…) Une chose est sûre : quand on visse dans un mur, et que la vis part de travers et se bloque, il est inutile de vouloir forcer : tout ce qu’on va faire, c’est bousiller la tête de vis, le tournevis, s’arracher la peau, se niquer le poignet, mais on n’arrivera jamais à visser. Il vaut mieux accepter l’échec, et dévisser. Puis, très important, avant de se décider à retenter le coup un peu plus loin, se demander si on a vraiment besoin de mettre une vis dans ce mur.

Pourtant je comprends l’esprit ouiouiste utopiste. Ah, l’Europe l’Europe l’Europe. C’était une belle idée. Tous ces Européens subitement habités d’un idéal de communion, qui vont construire ensemble un truc dément, transcender leur petit quant-à-soi nationaliste étriqué. Le premier problème, c’est que la VRAIE Europe, celle que nous avons sous les yeux, ça n’a rien à voir avec ça. Le deuxième problème, c’est que n’en déplaise aux ouiouistes puristes, il n’y a pas d’esprit européen. L’Europe, c’est un assemblage de gens qui parlent des tas de langues différentes, qui ont des cultures, des us et coutumes qui leur sont propres. Et qui n’ont pas besoin de Commission, de BCE, de Troïka ou de Morano pour lire Victor Hugo ou Jonathan Swift, Stefan Zweig ou William Shakespeare ; écouter Verdi ou Wagner, les Beatles ou ABBA ; voir des films de Ken Loach ou de Lars Von Trier, aller en vacances à Rimini ou Torremolinos (oui, oui, ils ont souvent des goûts de chiottes, les Européens) ; pour boire de la bière Belge ou du vin bordelais, manger des harengs norvégiens ou de la bacalhau portugaise, conduire des bagnoles allemandes ou suédoises. Ils n’ont pas attendu Maastricht pour organiser le concours Eurovision, Jeux sans frontières, la coupe d’Europe de foot ou le tournoi des 6 nations ou même le programme Erasmus qui a facilité les relations sexuelles consenties entre espagnols et norvégiennes, ou entre luxembourgeois et italiennes (mettez des masculins et des féminins là ou ça vous arrange). Pourquoi donc aller plus loin ? Sinon pour mettre en œuvre des politiques de destruction des structures démocratiques pour gaver des actionnaires sans que personne ne puisse s’y opposer.

Autre bouffonnerie : « Ah oui, c’est vrai, le parlement européen ne sert pas à grand-chose, mais maintenant c’est lui qui peut s’opposer au TAFTA » ! Tu parles, Charles ! Comme le souligne l’excellent M’PEP, c’est notre gouvernement d’incapables corrompus qui a donné mandat à la Commission Européenne pour négocier « en notre nom » ce traité hallucinant. Devant les révélations de plus en plus scandaleuses qui surviennent (on comprend désormais que TAFTA, ce sont certes les OGM et les poulets à l’eau de Javel, mais c’est surtout le transfert officiel du pouvoir des gouvernements vers les multinationales), devant les conditions effarantes de secret qui entourent la négociation de cette scélératerie, si ce gouvernement avait le plus petit début de lucidité et de sens de la défense des citoyens, il stopperait immédiatement le massacre en envoyant la Commission aux fraises… et dans la foulée, il quitterait l’UE et l’euro, afin de retrouver simplement le pouvoir qu’il a abandonné. Non, on ne peut pas « changer l’Europe ». Il n’y a pas d’autre Europe que capitaliste, ultra-libérale, et non-démocratique. Les institutions européennes qu’on a nous imposées à coup de mensonges, de ruse, de propagande inouïe, voire de vol qualifié ont été conçues pour être inamovibles et inattaquables. Tous ceux qui sollicitent vos suffrages en prétendant vouloir « changer l’Europe » sont des bonimenteurs qui veulent juste que vous les aidiez à gagner plus de 10 000 euros par mois. Devant la menace de records d’abstention, la propagandastaffel ouiouiste se déchaîne. Ils vont même jusqu’à sortir Delors de sa maison de retraite pour nous expliquer que « l’Europe, c’est la paix ». Sous-entendu, si tu ne vas pas voter, c’est la guerre… Euh, c’est en tout cas pas moi qui ai voulu la guerre au Kosovo, et qui irait mourir pour l’Ukraine...

...Et le multimillionnaire Borloo, sorti de son hosto pour stigmatiser les « eurosceptiques », réels ou feints, qui voudraient « détruire l’Europe ». Mais non, amis ouiouistes, nous sommes pacifistes, nous ne voulons pas détruire l’Europe, nous voulons juste détruire ses institutions, avant qu’elles ne nous détruisent. Et puis il y a cette nouveauté marketing : chacun brandit son candidat à la présidence de la (grosse) commission. En fait, le prochain président de la commission devrait être soit le « socialiste » Schulz, bien dans la veine de tous ces traîtres « socialistes » européens comme Blair, Zapatero, Schroeder ou Hollandréou, ou alors l’ineffable Juncker, ex Premier ministre Luxembourgeois, marionnette des banksters, et qui vient de se faire éjecter après 18 ans de règne, au profit d’un ultralibéral aux dents longues, et qui, un peu comme moi, cherche un nouveau boulot. Ça fait rêver… Bon, c’est pas tout ça, mais pour qui je vais voter, moi ? Il y a 23 listes ici, et ailleurs, c’est pire. J’ai d’ailleurs entendu que certains, notamment à l’UDI, s’indignaient du nombre de listes farfelues. Ben oui, c’est de ça qu’on s’indigne à l’UDI. C’est vrai, il y en a des listes farfelues. À commencer par celle de l’UDI. D’ailleurs réglons lui rapidement son compte, à ce parti qui essaie de se donner une image modérée, alors que c’est au moins en matière économique le plus extrémiste de tous. Des fédéralistes qui veulent dissoudre la France dans l’Europe. Des libertarés qui veulent imposer une économie pinocheto-thatchérienne. Si vous ne me croyez pas, allez donc voir le programme du PLD, membre de l’UDI ! Un assemblage improbable de rogatons de l’UMP, de naufragés du Modem, de vieux barbons giscardiens fossilisés, de neuneus psychédéliques, de radicaux au tour de taille dilaté… Avec des pointures qui font se gausser la terre entière, comme Hervé Morin, Yves Jégo, Rama Yade ou Chantal Jouanno… Leur chef était Borloo, c’est dire...

Autres partis forcément farfelus, tous les ouiouistes aveugles comme l’UMPS, les Verts... Notre démocratie mélange les partis richissimes, qui peuvent par exemple refiler des fortunes à des officines de communications comme Bygmalion, et d’autres qui n’ont même pas les moyens d’imprimer des bulletins de vote. C’est hallucinant. C’est ça la démocratie ? Vous imaginez une finale du 100 mètres où des concurrents partiraient lestés de boulets aux pieds et les mains liées dans le dos ? Notre « démocratie » est ainsi faite que beaucoup de candidats peuvent se présenter, mais que les médias choisissent par avance ceux qui ont le droit de gagner. En résumant, on entend en permanence l’UMPS et le Fhaine, un peu les Verts ou l’UDI, éventuellement le FdG, et c’est tout. Sur les 23 ou 31 listes, 5 ou 6 passent à la télé. Comme hier soir chez Pujadas, où on a surtout entendu de plates conneries. Et où Mélenchon a parfaitement toléré de se trouver à côté de Copé (qui va se faire déchirer par ses « amis » dès lundi), en se fichant certes gentiment de sa gueule, mais sans même le traiter d’escroc, lui parler de Bygmalion, ou lui prédire une cellule VIP de la Santé, à côté de celle de la mère Balkany. Dans ces conditions, à quoi bon ? Je pourrais voter par exemple pour la liste décroissante. Enfin, si mon imprimante fonctionne, car elle n’aura pas de bulletin. Je serai sans doute l’un des seuls dans mon village, et cette liste va faire moins de 0.1 %. Je pourrais voter pour l’UPR, qui est sans doute le seul à avoir théorisé la sortie de l’UE et de l’Euro, et en fait sa thématique principale. Contrairement au FdG et même au Fhaine. Mais c’est un parti de droite. Et il fera sans doute un score supérieur à celui des décroissants (ils ont un bulletin !), mais qui restera ridicule. Je pourrais aussi voter pour le FdG. Qui est indubitablement de Gauche. Qui est suspect de double langage sur la sortie de l’euro et de l’UE, mais qui ne trahira pas sur le TAFTA. Et qui n’a qu’une toute petite chance d’avoir un élu (selon mes calculs basés sur les sondages, dans l’est le Fhaine aurait 3 élus, comme l’UMP, 2 P« S » , et 1 EELV. Magnifique.

En fait mon problème, c’est que je ne veux pas voter pour une liste de droite, alors que les thèmes de la sortie de l’Europe et de l’euro, qui devraient évidemment être des thèmes de gauche, de défenseurs des citoyens et des travailleurs contres les multinationales et les bureaucrates, ont été confisqués par l’extrême droite. Et notamment par le Fhaine. Dans les quelques débats que j’ai pu entendre entre par exemple Philippot et un ouiouiste caricatural (comme Catherine Trautmann), j’étais à 99 % d’accord avec les arguments de Philippot, même si on sait qu’il n’en pense pas un mot, et que ces arguments sont évidemment gâchés par la petite musique de fond raciste et xénophobe, le sempiternel fonds de commerce du Fhaine. Et parce que l’extrême droite utilise ces arguments, la Vraie Gauche s’est mise à les rejeter. Pour ne pas être assimilé au FHaine. On reconnaît là au passage le travail délétère de ces andouilles d’antifas. Avec pour résultat une Gauche qui ne sait plus où elle va, qui est électoralement laminée, et un FHaine qui se balade sur une autoroute. Mélenchon qui brandit l’image de Tsipras, le Grec qui n’a pas encore assez souffert de cette Europe de banksters et de leur monnaie impérialiste, puisqu’il en veut encore. Mélenchon qui s’égare en soutenant Kerviel, qui n’est évidemment pas le coupable unique du naufrage financier de la Société Générale, dont la condamnation à 5 milliards d’euros est évidemment psychédélique, qui sert évidemment de bouc émissaire (exactement comme aux États-Unis, où les véritables responsables, les dirigeants des banques, ne vont jamais en taule). Mais Kerviel, petit branleur cupide de l’UMP, était l’un des maillons d’un système complètement pourri, qui savait parfaitement ce qu’il faisait, et dont les remords tardifs (et son entourage de ratichons) sont assez grotesques. Mélenchon ne pourrait-il pas trouver une cause un peu plus valable à défendre ?

On ne veut donc pas sortir de l’UE ou de l’euro, car c’est une idée du FHaine. Alors on se berce de l’illusion qu’on va pouvoir « changer l’Europe de l’intérieur ». En fait on ne se berce de rien, mais on croit que l’électeur va gober… Croire qu’on peut ouvrir un carcan lorsqu’on est enfermé dedans… Et il y a encore une raison pour ne pas aller voter, par exemple pour le FdG : c’est l’effet Bové. Son cas illustre parfaitement l’un des problèmes de la politique française. En 1999, José Bové devient un héros en saccageant-démontant le McDo de Millau. Il y gagne une notoriété nationale et une grande popularité. En 2005, il est un des leaders du « non » au TCE scélérat. Je me souviens l’avoir vu en meeting à Luxembourg avec Raoul Marc Jennar. En 2007, il se présente à la présidentielle et fait un score ridicule (malgré ma voix…). C’est là que ça dérape. En 2009, dans le sillage de Cohn Bendit, il devient député européen, il gagne plus de 10 000 euros par mois, il roule en Mercedes avec chauffeur. J’imagine que dans cette position, la rage de changer le monde s’émousse un peu. On le voit certes encore dans le combat contre le gaz de schiste, mais politiquement, on le voit surtout s’attaquer à Mélenchon. Alors qu’ils devraient être alliés… Lequel est le plus utile ? Le Bové de 1999 avec tracteur, où le Bové de 2014 avec Mercedes ?

Alors comme de toute façon leur boulot de député européen ne servira à rien ou presque, qu’ils ne changeront rien, préservons les politiciens de gauche du danger de la « notabilisation », de la « rossinotisation »… Après tout, que penser d’un crocodile qui irait voter à une élection organisée par des maroquiniers ?

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