Fanélie Carrey-Conte : parce qu’il faut "faire mieux pour la justice sociale"

lundi 16 juin 2014
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Par Hugo Desmasures

Les "frondeurs du PS" ? Ils seraient désormais près de 100. Pourtant, ce sont toujours les mêmes qui apparaissent sur les plateaux télés, dans les studios de radio et les colonnes des journaux. "Marianne" a décidé d’aller à la rencontre de ces autres élus, peu médiatiques, mais qui tiquent tout autant sur les orientations actuelles du gouvernement et du président. Parce que cette "fronde" a plusieurs visages et révèle, surtout, un PS en grave crise d’identité. Rencontre avec Fanélie Carrey-Conte, députée de Paris.


Une « frondeuse » Fanélie Carrey-Conte ? Elle préfère se dire, plagiant au passage Claude Bartolone, « ni rebelle ni mutine », mais avant tout socialiste. Et ses convictions, cette élue PS de la 15ème « circo– » de Paris entend les faire connaître dans les travées de l’Assemblée nationale, par « son travail de fond » plutôt que par des « petites phrases » distillées sur les plateaux télés. Pour celle qui fut la suppléante aux législatives de George Pau-Langevin (appelée au gouvernement), ce « travail de fond » a lieu d’abord en commission des Affaires sociales. C’est là que cette militante, formée à l’école l’Unef (comme nombre de ces apparatchiks qui trustent aujourd’hui les responsabilités au PS) a porté de bout en bout un projet de loi pour abaisser le coût des lunettes et des prothèses dentaires à travers la prise en charge par les mutuelles.

Elle qui ne se vit pas en « professionnelle de la politique » (elle a démissionné de son poste dans le « secteur associatif » pour se consacrer à sa fonction) a donc choisi de s’abstenir au moment du vote sur le pacte de stabilité. Lucide, la députée, proche de l’aile gauche du Parti Socialiste et du courant Un Monde d’avance, estime que le revers aux élections municipales, précédant celui des élections européennes, a été un choc sous-estimé par la majorité.

L’Appel des 100, la plateforme des contre-propositions avancées par les « frondeurs », lui permet d’exprimer ses revendications en proposant une nouvelle orientation pour assurer, explique-t-elle, une amélioration des conditions de vie des « couches populaires ». À l’image de Matteo Renzi en Italie, la députée entend faire « mieux pour la justice sociale ». Comment ? En ciblant les aides aux entreprises, en favorisant les investissements locaux et en ne gelant surtout pas les aides sociales, précise-t-elle. Car cette ancienne étudiante en science politique en est convaincue : pour elle, le plan d’économies de 50 milliards est « trop rapide ». Quant au fameux « dogme des 3 % », elle a de grandes réserves à son sujet. La députée souligne la nécessité d’un « nouveau souffle à la demande », au lieu de s’enfermer dans la politique de l’offre comme le fait l’exécutif. Fanélie Carrey-Conte l’assure en tout cas : son opposition ne se veut en rien systématique envers le gouvernement. La députée préfère y voir une action constructive, prônant l’exemple américain en matière de dialogue entre le Congrès et le pouvoir exécutif. Cachée derrière ses lunettes, la jeune femme fait l’éloge du débat pour ne pas que le Parlement soit réduit au rôle de « caisse enregistreuse ».

Une posture délicate : comme tous ses camarades « frondeurs », il lui faut jongler entre solidarité et désaccord affiché. Mais la députée l’affirme : elle ne craint qu’une sanction, celle des électeurs. Un concept politique de base que ses camarades du PS aujourd’hui à la tête de l’État ont apparemment oublié...

marianne.net


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