Les questions centrales sont absentes...

... de la rhétorique de Condoleezza Rice pour la paix
samedi 24 février 2007
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Si Rice veut la paix, si les Démocrates et les Républicains veulent la paix, ils devront reconnaître les droits et les préoccupations légitimes des Palestiniens.
La secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, rencontre ces jours-ci, le Premier minister israélien, Ehud Olmert, et le Président palestinien, Mahmoud Abbas. Soi-disant, ils vont discuter d’un « horizon politique » pour qu’Abbas transmette au peuple palestinien une « vision » de ce qui

Reçu de Maritza

Par Michael F. Brown

On voit maintenant que ce n’est guère plus qu’une hallucination pour abuser l’opinion. Les questions des frontières, de Jérusalem, des réfugiés palestiniens qui pourraient donner de l’intérêt à l’ordre du jour ne sont pas discutées. Par conséquent, si ces trois points ne sont pas au centre des discussions, il ne s’agit plus d’un horizon politique mais c’est une falaise qui se dresse devant les Palestiniens. On ne peut pas parler d’horizon si on omet ces trois problèmes cruciaux.

Il faut s’attendre à ce que ce mini sommet soit axé sur la décision d’Abbas de s’entendre avec le Hamas pour arrêter les massacres entre Palestiniens en s’accordant pour un gouvernement d’unité. Les fonctionnaires américains ont été vexés par la décision d’Abbas. L’ancien délégué pour le Moyen-Orient, Dennis Ross, actuellement à l’Institut conservateur de Washington pour la politique au Proche-Orient (WINEP), a présenté l’accord comme un piège pour Rice avant ses discussions avec Omert et Abbas. Du point de vue idéologique, seul un obsédé peut soutenir que le rétablissement de la paix entre Palestiniens fait partie d’un plan palestinien élaboré pour mettre Rice en difficulté avec les Israéliens, les Palestiniens et les Saoudiens qui soutiennent l’administration Bush en cherchant désespérément à étayer la situation détériorée en Iraq, Iran et au Liban.

Avec cet accord, les fonctionnaires américains sont maintenant en train de nager sur place, attendant de voir quelles seront les positions du gouvernement d’unité. A savoir, reconnaîtra-t-il Israël, renoncera-t-il à la violence et acceptera-t-il les accords antérieurs israélo-palestiniens ? C’est le trio que les journaux à travers le monde répètent telle une incantation, comme si tout dépendait exclusivement des Palestiniens pour le rétablissement de la paix. Si le Hamas n’accepte pas ces trois conditions, les Etats-Unis semblent déterminé à continuer les sanctions contre le peuple palestinien, conjointement avec Israël et probablement le Quarter. La Russie, pourtant, pourrait quitter le navire et l’Union européenne est interpellée fortement par des questions comme, pourquoi fait-on des difficultés à l’occupé plutôt qu’à l’occupant.

En effet, depuis longtemps, le Quarter aurait dû aborder les questions difficiles. On peut espérer qu’avant peu le Hamas reconnaisse Israël, renonce à la violence et respecte les anciens accords, mais il est choquant que des exigences appropriées ne soient pas adressées à Israël alors que son occupation des Palestiniens dure depuis bientôt 40 années.

Par exemple, si on exige du Hamas de reconnaître Israël, pourquoi ne pas s’adresser de la même manière à Israël sur le nettoyage ethnique de 700 000 Palestiniens qu’il a opéré à l’époque de sa fondation ? Mais naturellement, pour la société polie du Beltway de Washington, les droits et revendications des Palestiniens ne comptent guère, et ceux qui sont hors de ces coulisses du pouvoir sont laissés systématiquement dans l’ignorance. Pourtant, les Palestiniens sont sans ambiguïté à propos des droits des réfugiés, mais leurs exigences totalement justifiées sont rarement entendues.

Le 14 février, lors d’une audition de la sous-commission sur le Moyen-Orient et l’Asie du sud - un comité composé de David Makovsky, Martin Indyk et Daniel Pipes - la première question posée par son représentant, Gary Ackerman, a été de savoir si les Palestiniens avaient des droits et des préoccupations légitimes. Aucune expression forte ou passionnée dans leur réponse. Le rétablissement de la paix, dans leur esprit, ne vise que la sécurité israélienne, la liberté des Palestiniens ne vient, éventuellement, qu’après-coup. Honteusement, mais sans nous surprendre, les Démocrates récemment installés - dont Ackerman - paraissent quelque peu enclins à ignorer les questions Israël/Palestine, tout comme leurs prédécesseurs républicains. Le fait que les Démocrates du Congrès aient organisé une audition sur le rétablissement de la paix en Palestine/Israël sans inviter un seul témoin capable de soulever les préoccupations du peuple occupé doit nous paraître extraordinaire.

On exige du Hamas qu’il renonce à la violence alors qu’Israël l’utilise régulièrement et a tué bien plus de civils que le Hamas n’a pu le faire. Les attentats suicide du Hamas étaient répréhensibles, mais est-il légitime d’exiger d’un peuple occupé qu’il abandonne même la violence dirigée contre l’armée d’occupation ? Je déteste la violence mais je trouve anormal qu’un gouvernement américain dont les fondateurs ont combattu la colonisation britannique pense qu’un autre peuple occupé doive abandonner la violence, même dirigée contre l’armée d’occupation. Les appels à la non violence palestinienne au même moment où l’administration Bush enveloppe l’Iraq dans un tourbillon de violences sectaires me semblent au mieux hypocrites. Et toute l’occupation israélienne est fondée sur la violence, à la fois explicite et implicite, une ironie qui, là encore, est rarement remarquée ici.

Les colonies israéliennes, elles aussi, sont fondées sur la violence et représentent une violation flagrante du droit international. Mais Olmert n’est confronté qu’à des appels bien dans la forme pour qu’elles soient démantelées ou simplement qu’on arrête leur expansion. C’est ce qui est prévu dans la Feuille de route, mais on en parle à peine en réalité. Les colonies s’implantent exactement comme si ce document n’existait pas. De plus, elles font obstruction à la possibilité d’un Etat palestinien et font demander aux Palestiniens qu’ils doivent accepter un bantoustan à la place d’un Etat contigu et viable comprenant toute la Cisjordanie.

Les Palestiniens, nous dit-on, devront « accepter » les accords antérieurs ; « respecter » n’était pas suffisant. Peut-être que l’administration Bush et les Démocrates au Congrès ne l’ont pas remarqué mais on ne peut guère dire du gouvernement d’Olmert qu’il accepte ces accords antérieurs.

Ce qui fait la différence, bien sûr, c’est que les Palestiniens sont en situation de faiblesse et que le Israéliens sont soutenus par l’administration Bush et presque tout le Congrès américain. La cohérence en politique importe peu ici. Mais elle a énormément d’importance pour les Palestiniens. Le Hamas, ne l’oublions pas, a laissé entendre qu’un accord était possible. Pourtant, un tel accord ne se réalisera certainement pas tant que les Palestiniens seront considérés comme les persécuteurs.

Si Rice veut la paix, si les Démocrates et les Républicains veulent pareillement la paix, ils devront reconnaître les droits et les préoccupations légitimes des Palestiniens, en réponse à la question du représentant Ackerman du 14 février. Mais à moins que l’accomplissement de leurs droits (sur les frontières, sur Jérusalem et les réfugiés) ne soit visible à l’ « horizon », les négociations restent vouées à l’échec et ne sont guère qu’un mirage fabriqué par la justement surnommée « industrie du processus de paix »

Michael F. Brown est membre du Centre de Palestine.
Précédemment, il était directeur de Partners for Peace et correspondant à Washington pour Middle East International. Il est au conseil d’administration de Interfaith Peace-Builders. Il exprime dans l’article ses opinions personnelles.

19 février 2007 - The Electronic Intifada - electronicintifada
Traduction : CCIPPP

Article imprimé à partir du site de la Campagne Civile Internationale Pour la Protection du Peuple Palestinien

http://www.protection-palestine.org/article.php3?id_article=4571


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