Que fait la police...

mardi 27 février 2007
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Editorial : République gorille !

Ce n’est pas une découverte. Simplement une confirmation. Nous vivons dans une République gorille, et la majorité de nos concitoyens paraissent s’y habituer. Tous les instants de notre vie sont de plus en plus rythmés par les interventions de l’autorité policière. Pour utiliser un langage convenable, nous vivons dans une démocratie sous haute surveillance.

Nous vivons dans un pays où la répression est devenue la règle car il convient de punir les insolents qui ne peuvent se résoudre à baisser la tête. Quiconque refuse d’apporter sa pierre à la société policière en plein essor est, au mieux, marginalisé, au pire fiché, voire en butte aux pires provocations. Nous devons savoir que les services de police et de la gendarmerie n’ont pas la narine fragile, et n’hésitent jamais à fouiller dans les poubelles.

Nous vivons dans un pays où la sanction remplace le dialogue. Nous vivons dans un pays d’ordre, où la punition doit servir de modèle pédagogique. La peur du policier devrait devenir le mode de réflexion ordinaire. Nous vivons dans une société déviante, policière jusqu’aux tréfonds de son administration. Nous serons bientôt les auxiliaires naturels d’une institution policière s’intéressant à tous les instants de notre vie. La loi délinquance, chère à Nicolas Sarkozy a même pour fonction essentielle d’impliquer les maires et les travailleurs sociaux dans un rôle de mouchards.

Au ministère de l’Intérieur, ou simple candidat à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy s’est institué maître d’un jeu pervers, transformant les policiers en juges et arbitres de notre société. Prenons garde de ne pas nous y habituer !

Maurice Rajsfus

La police recrute

Combien de fois avons-nous rappelé que la police nationale était la meilleure ANPE de France. Sous la rubrique emploi, on nous informe que la direction générale de la police nationale organisait, le 26 janvier, a Velizy (78), une journée de présentation des métiers de la police à une soixantaine d’enseignants du rectorat de Versailles. Objectif : augmenter le nombre de candidats aux concours de la police pour les originaires de l’Ile de France. A cette occasion, nous avons pu apprendre que, chaque année, 4 5000 gardiens de la paix sortaient des écoles de police, dont 80% sont affectés aux commissariats de l’Ile de France. Quand à impliquer les enseignants dans le recrutement, c’est là une nouveauté qui ne peut qu’inquiéter. (Source, Métro, 26 janvier 2007)

Toujours plus surveillés

Le 30 janvier, la préfecture de police de Paris, le rectorat de la capitale et la parquet, ont signé une convention. Objectif : renforcer le dispositif de signalement des infractions commises en milieu scolaire dans les établissements parisiens. (Source, 20 Minutes, 31 Janvier 2007)

La générosité serait-elle un délit ?

Tout finit par se savoir sur les mauvaises manières de nos policiers, ne serait-ce que par le relais de petits brûlots de la France profonde. Le 12 décembre 2006, un étudiant de Montpellier achète des cartes postales à un colporteur. Surgissent deux policiers qui interpellent l’acheteur et le vendeur, et passent même les menottes à ce dernier. Au commissariat, l’étudiant est enfermé et se retrouve accusé du délit d’achat à un vendeur qui n’a pas d’autorisation. Tel un délinquant, il est fouillé au corps (par une policière) rudoyé et tutoyé. Une heure plus tard, il est relâché sans explication, ni même la moindre excuse. Amer, ce citoyen ordinaire commente : “Montrer un soupçon de générosité peut s’avérer un grave délit aux yeux des forces de l’ordre. Donc, attention, la police est aux abois.” (Source, La Gazette de Montpellier, Janvier 2007)

Les gaîtés du commissariat

C’est une histoire tristement banale sur le sexisme qui peut régner dans nos commissariats. En 2000, une jeune femme, adjointe de sécurité, est affectée au commissariat de Joué-les-Tours, (37). Immédiatement, ses collègues lui attribuent le prénom de Raoul, “Parce que la police est un métier d’homme !” Très rapidement, des brimades à caractère sexuel vont commencer. D’abord, on lui demande de pisser debout - sans doute pour rire. Ces mauvaises manières s’accompagnent de plaisanteries de corps de garde comme : “T’as vu mon gros bâton de défense“, avec geste à l’appui. C’est bientôt l’escalade : en septembre 2003, deux de ses collègues lui arrachent son pantalon et l’assoient sur la photocopieuse pour une reproduction de ses fesses et de son sexe, avec l’aide active de la chef de brigade - une collègue… A l’occasion, on lui impose de prendre en mains le pénis d’un policier - sans doute pour son éducation.

Ce n’est qu’en janvier 2004 que la jeune femme, qui a déjà fait plusieurs tentatives de suicide, va confier son cauchemar à un médecin de la police. L’affaire est dévoilée publiquement par des journalistes de La Nouvelle République du Centre Ouest. Ce qui met en fureur le directeur départemental de la police. Il n’en reste pas moins que, le 7 Juillet 2005, deux des policiers de ce commissariat sont condamnés à deux ans de prison, dont six mois ferme pour “agression sexuelle commises en réunion”. De son côté, la cheftaine policière écope d’une peine d’un an de prison, avec sursis pour "complicité et abus d’autorité”. Tous les trois ayant été révoqués - quand même - en 2004.

Le 17 janvier 2007, nouveau procès car ces policiers ne se sont jamais acquittés du moindre centime de dommages et intérêts, estimés à 100 000 euros par l’avocat de cette victime ordinaire de policiers peu dignes du titre de gardiens de la paix.

Pour, “ce chahut qui a mal tourné”, selon l’avocat des policiers déviants, il conviendrait de tourner la page et d’oublier au plus vite ce triste épisode. (Source, Libération, 19 janvier 2007)

Mise en garde

Suite au grand intérêt porté par les RG au patrimoine de Ségolène Royal, il a été possible de rappeler que cette administration interne de basses police employait quelque 4 000 fonctionnaires. Il paraît que ces policiers, sont toujours à “l’écoute” de la population comme des partis politiques – quoi qu’on en dise. Il est vrai que les RG ont été priés de rester discrets depuis ce jour de 1994, lorsque l’un de ces policiers avait été pris la main dans le sac en sonorisant les séances du Conseil national du PS. (Sources, Le Monde, 26 janvier et Le Canard Enchaîné, 31 Janvier 2007)

Boules puantes policières

Les services de Nicolas Sarkozy n’ont pas attendu le départ de leur ministre pour se livrer à des manœuvres sordides pour impliquer scandaleusement des proches de la candidate PS, Ségolène Royal. Il s’agissait de s’inquiéter d’un membre de son comité de campagne, Bruno Rebelle, ancien directeur de Greenpeace-France, avec la volonté avérée de le salir.

En vain. Il paraît que les RG ne s’intéressent désormais qu’à la lutte contre les violences urbaines, l’économie souterraine, le suivi des formes de contestation émergentes, et le terrorisme. Comme si cela ne suffisait pas, on s’est également aperçu qu’un policier encarté à l’UMP avait été chargé d’assurer la protection de Ségolène Royal, mais cette autre manœuvre aurait échoué devant la vigilance des “amis” policiers de la candidate. Comment oublier qu’en octobre 1980, à l’époque de l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic, c’est un policier facho, membre du PFNE, qui avait été chargé de la protection du grand rabbin de France… (D’après, Le Monde et Libération, 26 janvier 2007)

Sursis pour les brutes

Il en aura fallu du temps à nos juges pour condamner ces policiers brutaux qui, le 17 octobre 2001, s’étaient livrés à des brutalités sur de paisibles habitants de Saint-Denis (93), frappés à coups de matraque ou à coups de pieds, gazés par des jets de lacrymo. Sans raison. Pour cette intervention policière “disproportionnée”, le tribunal correctionnel de Bobigny s’est contenté, le 24 janvier, de condamner légèrement deux des coupables de ces matraquages à trois mois et un mois de prison avec sursis, plus 8 000 et 6 000 euros d’amende. Au départ, trois policiers avaient été poursuivis “pour violences par personnes dépositaires de l’autorité publique”. Bien évidemment, ces brutes ne quitteront pas le service. (D’après, Le Monde, 25 janvier 2006)

Meule

Le 7 janvier, à Neuilly-sur-Seine (92) le scooter de l’un des fils de Nicolas Sarkozy était volé en plein jour. L’engin n’était pas protégé par un anti-vol. Cet outrage fait au rejeton du ministre de l’Intérieur ne pouvait rester longtemps impuni. Dix jours plus tard, la mob était retrouvée à Bobigny (93) et, miracle, la présence des traces ADN relevées permettait d’interpeller rapidement les coupables. Si la police était aussi prompte pour tous les vols de deux roues, cela se saurait. En effet, seuls 8% des deux roues volés sont retrouvés. Un gendarme commentait : “On doit déterminer s’il ne s’agit pas d’un acte en rapport avec la fonction de la personnalité.” Rien que cela. (Source, 20 Minutes, 30 janvier 2007)

Peine de mort : vraiment abolie ?

En septembre 1981, l’Assemblée nationale votait l’abolition de la peine de mort. Il semble que cette mesure ne concernait pas les forces de l’ordre puisque, durant les vingt-cinq années écoulées, environ deux cents morts enrichissaient le palmarès des policiers et des gendarmes, parfois. Du 1er au 3 février s’est tenu, à Paris, le congrès mondial contre la peine de mort. Bien. Mieux encore, les députés et sénateurs, réunis en congrès à Versailles, le 15 février 2007 ont inscrit l’abolition de la peine de mort dans la Constitution. A cette occasion, peut-être aurait-il été possible d’envisager le désarmement des flingueurs potentiels ou, tout au moins, d’enseigner dans les écoles de police comment ne pas utiliser son arme de service…

L’Observatoire des libertés Publiques

Droit au logement au bout de la matraque !

Le 30 janvier, à Paris, dans la soirée, deux cents personnes s’apprêtaient à manifester pour le droit au logement. Ils sont immédiatement encerclés par plusieurs dizaines de CRS en tenue anti-émeute. Au cours de cette intervention, des militants du DAL, du groupe “Jeudi Noir”, de la CGT et de Sud-Solidaires, en compagnie de familles de mal logés, ont été brutalement interceptés à la sortie de l’immeuble squaté du 24 rue de la Banque, récemment rebaptisé “Ministère de la crise du logement”.

Cette opération de police intervenait alors que le Sénat, après l’Assemblée nationale, examinait la loi instituant un droit au logement opposable. (Source, Libération, 31 janvier 2007)

Les humanistes à l’ouvrage

Depuis la fermeture du Centre de la Croix-rouge de Sangatte, près de Calais, à l’automne 2002, des milliers de sans papiers sont dans la nature et la traque va bon train. Quelque 2000 policiers, dont de nombreux CRS, quadrillent le secteur. Depuis, les rafles se multiplient, et les descentes de police ont pour finalité de détruire les squats, hangars et campements installés dans les bois. Quotidiennement, les parias qui, bien souvent, ne sont pas expulsables, sont expédiés aux quatre coins de la France pour les décourager de tenter de passer en Angleterre. Cette répression se déroulant avec la plus grande violence. Bien souvent, les squats sont gazés, malgré la présence de jeunes enfants et de femmes enceintes. Au-delà, les militants solidaires avec les sans papiers sont menacés, brutalisés, et poursuivis devant la justice. (Source, CQFD, 15 janvier 2007)

De plus en plus fichés

Dans le cadre de la loi sur la prévention de la délinquance, deux fichiers seraient mis en place :

- un fichier concernant les enfants scolarisés, mentionnant la nationalité et la situation maritale des parents. Fichier destiné en principe aux maires, dont on ignore l’utilisation qui en serait faite.

- un fichier concernerait les personnes ayant fait l’objet d’une hospitalisation psychiatrique d’office, et qui seraient fichés durant les cinq années suivant leur sortie. La police et la justice ayant accès à ce fichier. (Source, Libération, 31 janvier 2007)

Sinistre banalité du fichage

Il semblerait que de nombreux habitants de la rue d’Enghien, dans le Xème arrondissement de Paris, où s’est installé 1e QG de campagne de Nicolas Sarkozy, ont été fichés par les soins des RG. Dans le même temps, les PV pleuvent sur les véhicules du quartier, et les riverains harcelés par les policiers. (Source, Le Nouvel Observateur en ligne, 31 janvier 2007).

Il n’en reste pas moins que, pendant que Nicolas Sarkozy, s’évertue à démentir, l’un des responsables du syndicat national des officiers de police (SNOP) met son ministre dans le vent, en soulignant qu’il s’agit, tout naturellement “d’une enquête administrative réglementaire (qui) relève de la sécurité de 1′Etat.” (Source, Métro, 1er février 2007)

Rafle

Le 30 janvier, vers 19 h30, à Paris, aux abords des sorties de la station de métro République, des policiers ont profité des distributions de repas hebdomadaires organisées par les Restos du Cœur pour interpeller 21 personnes démunies et sans papiers.

Cette opération a été révélée par des militants du Réseau Education sans Frontières. Contactés par téléphone, la préfecture de police a indiqué qu’il s’agissait “d’une opération de routine” (Source, Métro, 1er février 2007)

Haute surveillance

Avec un certain retard, il est possible d’apprendre qu’en juillet 2006, c’est un proche de Charles Pasqua qui a été nommé à la tête de l’Institut national des hautes études de sécurité, (Inhes) par Nicolas Sarkozy. Pour un certain nombre de chercheurs, il s’agit d’une reprise en mains de cette structure par la droite dure. L’un de ces chercheurs, membre de l’Observatoire national de la délinquance, commente : “Il ne faut aucune contestation pendant la marche sur Rome de Nicolas Sarkozy“. Après la révolte des banlieues, le personnage mis à la tête de 1′INHES par le ministre de l’Intérieur, déclarait : “(Il faut) briser par la répression et des mesures adaptées de redressement, comme on disait jadis, le noyau des plus durs.” Nous sommes prévenus… (Source, Le Monde, 1er février 2007)

L’œil dans le trou de la serrure

L’affaire du fichage des riverains de la rue d’Enghien fait grand bruit. Pour Jack Lang, c’est une méthode digne des “Barbouzes” et “Le comportement anti-républicain de monsieur Sarkozy préfigure ce que pourrait être la mise en coupe réglée de l’Etat s’il accédait à de plus hautes responsabilités“. De son côté, le maire du Xème arrondissement de Paris, Tony Dreyfus, a adressé un courrier à Nicolas Sarkozy, pour “dénoncer les mesures disproportionnées et inacceptables” prises dans le quartier où s’est installé le QG du ministre de l’Intérieur. Lequel nie toujours cette intervention des RG. Il n’en reste pas moins que, dans un communiqué de la préfecture de police, daté du 31 janvier, il était indiqué que la direction des RG avait été “chargée de prendre officiellement contact avec les riverains de la rue d’Enghien… pour les inviter à une particulière vigilance quant à la présence de personnes qui pourraient utiliser leur immeuble comme base d’action agressive.” (Source, Libération, 1er février 2007)

Garde à vue

Le 29 janvier, un jeune garçon de trois ans disparaît, à Bourg-les-Valences (Drôme). Sur le témoignage d’un voisin, le beau-père du garçon (noir réunionnais) est interpellé puis placé en garde à vue durant treize heures. Pour le procureur, il était « normal de mettre Eric Z. en garde à vue, il aurait été incompréhensible de ne pas l’avoir fait. » L’ennui, c’est qu’à peine remis en liberté, cet homme de 43 ans s’est suicidé. Qui dira jamais ce que les policiers lui ont fait subir durant ces treize heures ? Inquiet, malgré tout, le procureur commentait, le 1er février : « Rien ne pouvait laisser présager son geste. Sa garde à vue s’est déroulée dans des conditions tout à fait normales. Il a vu un médecin et un avocat. » Ce que conteste la famille de cet homme désespéré, et l’un de ses frères a même déclaré : « C’est la garde à vue qu’il l’a tué. »

Rappelons-nous comment, il y a une vingtaine d’années, l’innocent Patrick Diel avait avoué un meurtre d’enfant qu’il n’avait pas commis. Rappelons-nous, plus récemment, l’affaire d’Outreau. Si au cours du second procès il avait été rappelé les mauvaises manières d’un juge d’instruction, nul journaliste ne s’était inquiété de savoir quel avait été le comportement des policiers lors des interpellations puis durant la garde à vue. L’huissier de justice Alain Marécaux a longuement relaté les conditions outrageantes de son interpellation, menotté et insulté devant ses enfants, et traité comme un véritable criminel. (D’après Libération, 2 février 2007)

Sécurité pour « seniors »

Jusqu’où peut bien s’infiltrer l’idéologie sécuritaire ? Depuis plusieurs semaines, une société qui construit des villages ghettos pour retraités fortunés, les Senioriales, insiste dans ses messages publicitaires, sur le fait que ces résidences bâties derrière de hautes grilles, sont « sécurisées » (Texte et images de cette publicité visible sur toutes les chaînes de télévision)

Saint-Eloi

Le 7 février, le Conseil d’Etat examinait un recours contre la mise en place du fichier ELOI. Lequel permettrait à la police de mieux « lutter contre l’immigration clandestine. » Créé par un arrêté du ministère de l’Intérieur, le 30 juillet 2006, ce fichier a pour finalité de contenir les noms des personnes solidaires des sans-papiers clandestins. Le 8 novembre 2006, une demande de suspension de cet arrêté, déposée par le mouvement SOS-Racisme, avait été rejetée par le Conseil d’Etat. Finalement, ce 7 février, le commissaire du gouvernement auprès du Conseil d’Etat a requis l’annulation du fichier ELOI, estimant que le ministère de l’Intérieur aurait dû demander l’avis de la CNIL (Commission nationale Informatique et Libertés) avant de créer ce fichier. A suivre, jusqu’à ce que le ministère rectifie sa copie, et fasse passer un nouveau texte tout aussi répressif mais respectant certains principes. (D’après Libération, 2 et 8 février 2007)

Hors service ?

En décembre 2006, dans un parking de Saint-Brieuc, un policier avait frappé et blessé une femme enceinte de cinq mois, suite à une querelle pour une place de stationnement. Le 12 février, ce képi énervé n’a été condamné qu’à une amende de 450 euros, le tribunal ayant considéré que le policier n’était pas en service au moment des faits. Pourtant, on nous avait tellement expliqué que le fonctionnaire d’autorité était policier 24 heures sur 24… (D’après Libération, 13 février 2007)

« Contrôlons les RG… »

D’après une lettre de lectrice : « Voici donc les RG au cœur d’une nouvelle polémique. Les RG auraient dans leurs tiroirs quelque 800.000 fiches ou dossiers. Sur qui ? Sur quoi ? Quelles garanties avons-nous que les informations figurant sur ces fiches sont exactes et ne contiennent pas d’éléments illégaux, comme les opinions politiques ou religieuses ? Difficile, par définition, de connaître la vérité ! N’était-il pas question, il y a quelques mois, d’instituer un contrôle parlementaire des activités de nos services secrets ? » (Source, Courrier des lecteurs de Métro, 8 février 2007)

Liberté de la presse

Le 6 février, à Calais, un photographe de presse travaillant pour Nord Littoral est interpellé par des policiers lors d’une opération contre des migrants. Le photographe a beau expliquer qu’il fait son métier en prenant des clichés, il est menotté, conduit au commissariat de Coquelles, et fouillé à plusieurs reprises. Selon le procureur : « Les CRS se sont plaints du comportement du journaliste », mais ajoute le magistrat, « Ils l’ont embarqué dans des conditions qui posent question. » Ayant fait libérer le photographe, le procureur explique ensuite à un journaliste de l’AFP : « On n’interpelle pas comme cela un journaliste sur la voie publique. » (Source, Libération, 8 février 2007)

Pandore meurtrier

En mars 2004, un automobiliste prend la fuite pour échapper aux gendarmes, sur l’autoroute A 35, dans la plaine d’Alsace. Après vingt-cinq kilomètres de poursuite, l’automobiliste, qui se prénomme Assan, stoppe sur la voie d’urgence. Aussitôt, la voiture des gendarmes se range derrière et un adjudant-chef en sort rapidement, son arme à la main, balle engagée dans le canon. Le gendarme sort l’homme, âgé de 33 ans, de son véhicule, et le conduit vers l’avant pour lui faire poser les mains sur le capot. Comme Assan aurait eu un mouvement pour se débattre, le pandore ne maîtrise plus son arme, et le coup part tout seul. « Au moment du choc, mon doigt a dû glisser, et se crisper sur la détente… », explique ce gradé. Pourtant, comme le démontrent aisément les experts, la main du justicier devait être sacrément crispée car il est nécessaire de faire une pression de 6 kilos pour que le coup parte.

Au cours du procès, à Colmar, le 7 février 2007, le gendarme pleurniche : « Je n’ai jamais été formé aux techniques nouvelles… Si j’avais eu un bâton, je n’aurais jamais sortit mon arme ! » Tandis que les avocats du tueur plaident la relaxe, le procureur évoque une « imprudence » pour cet « homicide involontaire », et suggère une peine de huit mois de prison avec sursis. Jugement le 15 mars 2007. N’oublions pas que ce véritable assassinat avait provoqué trois nuits de violences urbaines dans le quartier du Neuhof, à Strasbourg., où vivait cette victime de l’ordre public. Révolte rudement réprimée par la police. (Source, Libération, 9 février 2007)

Une brute sur le banc d’infamie

Le 8 février, devant le tribunal correctionnel de Nanterre, le ministère public a requis une peine de neuf mois de prison ferme, assortie d’une interdiction définitive de la profession contre un policier d’Asnières (92) qui, en juillet 2006, s’était livré à des violences et à des injures contre un journaliste camerounais. A surveiller le prononcé du jugement en délibéré. (Source, Libération, 10 février 2007)

Coupables, mais pas trop…

Le 27 octobre 2005, la mort de deux jeunes de Clichy-sous-Bois dans un transformateur électrique, déclenchait la révolte des banlieues. Après des mois de gesticulation, niant la responsabilité des forces de l’ordre dans ce drame, deux policiers (un homme et une femme) ont été mis en examen pour « non assistance à personne en danger ayant entraîné la mort. »

Pourtant, avec quel accent de sincérité, Dominique De Villepin et Nicolas Sarkozy nous ont-ils suffisamment expliqué, en octobre et novembre 2005, que ces garçons étaient poursuivis pour avoir tenté de piller une cabane de chantier. Dans le même temps, cette chasse aux adolescents étaient niées par les instances policières.

Comme les policiers, enfin mis en cause, risquent cinq années de prison, les syndicats professionnels entonnent le refrain de l’injustice qui frappe des collègues parfaitement innocents. La main sur le cœur, le secrétaire du syndicat Alliance (proche de Sarkozy), se déclare « choqué » et affirme que : « pas un policier en France aurait laissé aller des jeunes se réfugier dans tel local sans faire appel aux secours. » Plus généralement, les syndicats de policiers estiment que l’on fait payer des lampistes. Il est vrai que le candidat Sarkozy tente de se refaire une meilleure image auprès des « racailles » de banlieues.

Justice va être faite, pourrait-on dire, mais l’avocat des familles des victimes estime que : « La gestion de cette affaire par le ministère de l’Intérieur a été irresponsable et calamiteuse. » Rappelons également l’acharnement de la police envers le jeune Mihuttin, rescapé de cette tragique aventure, et qu’il convenait absolument de le criminaliser. Comment oublier, qu’il y a un an, les enquêteurs de l’IGS avaient estimés que les forces de l’ordre avaient fait preuve « d’une légèreté et d’une distraction surprenantes. » Il convient malgré tout de remarquer, alors que ces deux policiers sont mis en examen, qu’ils ne sont pas suspendus, et n’ont toujours pas fait l’objet de la moindre mesure administrative. (Source, Métro, 8 février et Libération, 9 février 2007)

Le 8 février 2007, quarante cinq ans après la manifestation anti-OAS, qui avait provoqué la mort de neuf militants, du fait des charges policières dans la bouche de la station du métro Charonne, une plaque commémorative était inaugurée. Bien. Pourtant, sur la plaque dévoilée par le maire de Paris, s’il est mentionné que les victimes sont « mortes étouffées » en ce lieu, il n’est pas rappelé les responsabilités policières directes dans ce drame. Pas plus que sur la plaque du Pont Saint-Michel évoquant l’hécatombe du 17 octobre 1961, et pas davantage sur la petite dalle posée sur le trottoir de la rue Monsieur-le-Prince, en mémoire de Malik Oussekine, assassiné en ce lieu le 5 décembre 1986. Il faut donc comprendre que dans ces différentes circonstances la police était innocente de toute violence, et que les victimes ont eu le tort de ne pas se trouver ailleurs …

L’Observatoire des libertés publiques

Source : http://quefaitlapolice.samizdat.net/?p=56

Reseau RESISTONS ENSEMBLE

http://resistons.lautre.net


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