Le dictionnaire inachevé des politiciens véreux…

dimanche 30 novembre 2014
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Par Paul C.

Un travail de longue haleine mais permettez moi d’esquisser une introduction…


Pas une semaine ne se passe sans que la liste des politiciens-voleurs pris la main dans le sac ne s’accroisse d’un, deux ou trois noms… La roue de la fortune mal acquise tourne, tourne… et s’arrête, un jour en France, un jour en Italie, un jour au Luxembourg, un jour en Espagne. Jamais, paraît-il, on a autant lutté contre la corruption, et jamais on a vu autant de valeureux combattants mourir dans la tranchée des malversations. Une fois à gauche, une fois à droite… le justicier masqué est bien obligé de répartir ses coups pour éviter qu’on ne l’accuse de partialité. D’ailleurs à quoi bon se priver ! La tête de l’un bascule dans le panier de la guillotine, un autre pantin prend sa place. L’un met son argent à l’abri dans un paradis fiscal ; l’autre engraisse généreusement les membres de sa famille, tel Napoléon charcutant l’Europe pour offrir une saucisse à l’un de ses cousins, ou un jambon de Parme à l’une de ses frangines. L’un pioche allègrement dans la caisse, l’autre se targue de laver plus blanc que blanc jusqu’au jour où l’on s’aperçoit que sa chemise blanche trempe dans le cambouis. Je ne vais pas vous fatiguer en vous énumérant la liste des scandales économico-financiers qui ont marqué les onze premiers mois de l’année 2014 ; le Père Noël, avec sa manie des listes en tout genre, s’en chargera à la fin du mois de décembre.


Soyons clair : mon objectif n’est point de considérer qu’ils sont tous pourris et qu’il est grand temps d’en mettre d’autres à leur place qui – en vertu de je ne sais trop quel miracle – seraient vierges comme la maman du petit Jésus. Ils sont effectivement tous pourris, non pas parce qu’ils appartiennent à tel ou tel parti, mais parce que le mécanisme du jeu auquel ils jouent tous est foncièrement vicié. Notre démocratie est devenue une machine à broyer l’honnêteté et rares sont ceux qui participent à la tombola et échappent à cette entreprise démoniaque. Une partie d’entre eux était déjà corrompue avant même de participer aux épreuves de sélection. D’autres arrivent en déployant avec grandiloquence l’étendard de la pureté de leurs idées. Mais quelle que soit la grandeur des principes qui guident un individu en quête de pouvoir, de représentativité, d’honneurs, il ne peut résister qu’un temps aux avantages que lui réserve sa fonction. Tôt ou tard, il est happé par l’entonnoir des privilèges, ou bien il a la force de faire un pas de côté. C’est vrai depuis l’origine de l’humanité, depuis que la première tribu qui a délégué son pouvoir à un chef, a oublié de mettre en place les dispositifs de contrôle devant obligatoirement accompagner la mission : rotation des tâches, mandat impératif, limitation en durée de l’exercice d’une fonction… Un petit exemple pour rester bien terre à terre… Le village décide de construire une palissade pour se protéger. Je te délègue provisoirement le droit de contrôler la plantation des pieux et le clouage des traverses. Le travail effectué, tu en rends compte à ceux qui, comme moi, t’ont confié la mission. Point final ; on passe à autre chose. En aucun cas, je ne te donne le droit de décider qui pourra pénétrer ou non dans l’enceinte ; il n’est pas question non plus que tu instaures un péage aux entrées, sans décision collective ; l’assemblée ne t’autorise aucunement à créer une milice pour surveiller les alentours ou à encaisser des pots de vin de la part de ceux qui voudraient passer les premiers.


Caricature ? En aucun cas. C’est ainsi que fonctionnent la plupart des institutions qui nous gouvernent. On élit des représentants sur la base de promesses qu’ils ne tiendront pas. Une fois installés au gouvernail, ils élargissent peu à peu leur champ d’intervention et interprètent à leur manière les règles fondamentales du groupe. On se retrouve ainsi avec un type, à la tête du gouvernement, qui prône une politique dont personne ne veut, qui décide un jour de bombarder tel ou tel pays parce qu’il fait soi-disant partie de l’axe du mal ou qui cède au moindre lobby industriel nos droits les plus fondamentaux. Ce n’est pas exclusivement la faute du bonhomme. C’est aussi la faute de ceux qui l’élisent en sachant dès le départ que les règles du jeu sont pipées. Le jour où je serai ministre des blogs, je ne vois aucune raison de préférer une assiette en carton à une assiette en porcelaine, un déplacement en bus plutôt qu’un jet privé… Ne votez jamais pour moi ! Une fois passé le choc émotionnel du début, je vous promets que, si vous n’y prenez pas garde, je serai aussi pourri que les autres ; peut-être pire même parce que je prendrai sans doute soin, au départ, de me cacher derrière un rideau de vœux pieux et de bonnes intentions. Regardez notre bon vieux Père François : il est pour les barrages, pour le nucléaire, pour les autoroutes, pour la vente des armes, mais écologiste en diable, pacifiste comme pas deux (il a même un pote, de l’autre côté de la flaque, qui a eu le prix Nobel pour ça), et compatissant comme une compagnie de bénédictins à l’égard des pauvres gens. Il est même profondément peiné de ne rien pouvoir faire de plus pour eux. C’est la faute à son copain Patron qui ne veut pas.


Depuis quelques milliers d’années, les plus naïfs d’entre nous considèrent qu’il suffit de changer les têtes du théâtre de Guignol pour que le spectacle soit bien meilleur. Ecoutez attentivement le discours de tous ces braves gens qui veulent nous mitonner un gentil petit gouvernement sauce frontiste : droite-gauche, tous pourris (ils n’ont pas tort) ; il suffit de mettre la bande à Marine au sommet du piédestal pour que tous les maux de la République soient guéris. Ces gens-là sont « vierges » en politique ; ils ont des idées ; pourquoi ne pas essayer ? Sachez que ce discours est suffisamment con pour être véritablement dangereux. Ces gens-là, figurez-vous, on les a déjà vus au pouvoir, un peu de partout et y’a pas si longtemps que ça dans l’histoire. On a déjà vu ce que leurs idées politiques avaient de calamiteux et d’ignoble. Il faut faire attention à ce qui se cache derrière les paillettes et la poudre aux yeux ! À l’époque, ils ne prenaient pas la peine de se dissimuler sous une peau d’agneau comme ils le font depuis quelques temps… Le bâton se cache derrière la carotte, mais ce sont toujours les mêmes qui paieront la facture… Vous le trouvez vraiment « nouveau » le discours contre les immigrés, les Juifs, les Arabes, les Chômeurs, les Homosexuels, les Artistes dégénérés... tous responsables de la ruine de notre grande Nation ? Soit vous êtes sourds et aveugles, soit vous êtes frappés par une grave crise d’amnésie. Autant vous rassurer tout de suite, il n’y a rien de neuf dans les idées d’une Le Pen, pas plus que dans celles d’un Sarkozy, d’un Bayrou ou d’un Fabius (je suis fort tenté d’ajouter un Mélenchon à la liste, mais j’aimerais bien garder quelques lecteurs !). La pièce qu’ils nous jouent, ils l’ont déjà représentée à de multiples reprises, avec un autre nom, un autre costume ou un langage un peu moins bien étudié par leurs cabinets de communication. Arrêtons pour une fois d’être les couillons de la farce. Il est grand temps de réinventer la politique et d’en exclure tous les « professionnels » !


Aux vrais maux, cherchons les vrais remèdes, comme disait mon cousin Hector qui était rebouteux dans une tribu australe. Le mode de fonctionnement de nos sociétés nous conduit d’abord à un envasement progressif du cerveau, jusqu’à ce qu’on se reçoive un bon coup de rame sur le crâne et qu’on se réveille dans un camp de rééducation parce qu’on n’a pas fait la bonne croix au bon endroit sur le questionnaire à remplir pour le ministère du Bien Public. Comme le disait si bien l’illustre Joseph Déjacque : « à bas les chefs ! ». Que ce soit clair : nous ne voulons pas de nouveaux chefs… nous voulons un autre modèle de gouvernance. Plus de patrons, de députés, de ministres, de patrons qui s’engraissent sur notre dos et se marrent bien quand on dénonce leurs turpitudes. Nous voulons changer radicalement le mode d’organisation de cette société. Heureusement que certains se bougent un peu dans notre bas monde et cherchent d’autres procédures de fonctionnement. Un exemple ? Observez ce qui se passe avec l’argent dans les S.E.L. La monnaie circule sur des bases complètement différentes, rendant la spéculation totalement impossible. Un billet qui ne circule pas et qui ne permet pas de nouveaux échanges perd progressivement de sa valeur ! Les rapports économiques sont automatiquement différents. Certes une assemblée de tous les citoyens ne peut pas tout décider et peut être facilement manipulée par quelques beaux parleurs… Il faut imaginer des dispositifs qui permettent d’éviter la transformation d’une délégation temporaire de pouvoir en une représentation abstraite et incontrôlable. J’accepte l’autorité de mon cordonnier en ce qui concerne la réparation de mes chaussures ; s’il souhaite devenir chef de la fanfare municipale, il faudra qu’il explicite son projet, qu’il témoigne d’un minimum de connaissance de la musique et nous verrons à ce moment-là.


L’exemple précédent vous fait sourire ? N’est-ce pourtant pas ce qui se passe à l’heure actuelle dans les sphères du pouvoir ? Coco est ministre des affaires étrangères et s’occupe de la diplomatie… Un petit remaniement passe par là et il devient apte à s’occuper des finances publiques, des marins, ou des gros céréaliers… Bien sûr me direz-vous, la fonction n’est qu’honorifique. Le pouvoir réel se situe dans l’ombre des cabinets ; ce sont les « experts », les « techniciens », les « conseillers » qui l’exercent. Il est rare que ces postes-là changent de titulaire d’un remaniement à un autre. Les ministres, vous les avez élus ? Vous connaissez leur nom à l’avance ? Et les nuées de technocrates qui prolifèrent dans les salons, vous leur avez donné votre avis ? Vous leur avez confié une quelconque mission ? Ils appellent cela « processus démocratique » ? Foutaise ou escroquerie conviendraient mieux. Ils ont défiguré cette prétendue démocratie dont ils prétendent être la figure de proue. Plus que jamais ils me dégoûtent. Vous verrez que leur nom à tous (ou presque – il y a toujours des saints) s’ajoutera un jour ou l’autre au dictionnaire inachevé des politiciens véreux. D’ici là joyeuses fêtes, mais dites-vous bien que, pendant ce temps-là, ils font bombance sur votre future dépouille.

Au fait, le tome 1 de ce dictionnaire, il paraît quand ? Patience, je viens de commencer et je n’en suis encore qu’à la lettre A.

lafeuillecharbinoise.com


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Brèves

HLM, des locataires blindés

jeudi 2 décembre 2010

Plus de 50.000 familles parmi les plus riches de France bénéficient d’un logement HLM.

Fin 2007, quelque 53 000 familles parmi les plus fortunées de France étaient logées en HLM, selon des chiffres de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, révélés par La Tribune. (Mais ne vous précipitez pas sur le lien : l’article est payant bien sûr ! Ces gens-là ont investi le net seulement pour faire de l’argent) 37 000 familles logent en Ile-de-France, dont 18 000 à Paris, et 15 000 en province. Elles gagnent 11 200 euros par mois avec un enfant ou 13 500 euros par mois avec deux enfants.

bakchich.info