Mexique : Les cartels assassinent une jeune maire

mercredi 13 janvier 2016
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Par Thomas Lemahieu

À peine élue, Gisela Mota était décidée à combattre la corruption liée au trafic de drogue qui gangrenait sa ville de Temixco. Elle a payé cet engagement de sa vie.

Gisela Mota avait à peine 33 ans. Elle venait d’être élue maire de Temixco, une ville de 100 000 habitants dans l’État de Morelos, à deux heures de route de Mexico. Elle avait promis de lutter contre la criminalité organisée et les cartels de la drogue. La veille du 2 janvier, elle avait fêté son entrée en fonction avec ses sympathisants et camarades du Parti révolutionnaire démocratique (PRD, gauche). Le lendemain matin, quand plusieurs hommes encagoulés ont sauté le mur devant son domicile, partagé avec ses parents, dans un quartier populaire de Temixco, la jeune édile s’est avancée vers eux pour dire  : «   Je suis Gisela.   » Une manière, d’après ses proches, d’inciter ses agresseurs à épargner sa famille. Les sbires, membres, selon les autorités mexicaines, du cartel de Los Rojos, l’ont emmenée dans le salon avant de l’abattre sous les yeux de ses parents.

Dans un pays ensanglanté par les cartels qui se livrent une guerre sans merci pour contrôler les routes de la drogue et qui, par l’extorsion, les enlèvements ou les meurtres, sèment la terreur, l’assassinat de Gisela Mota est vite devenu le symbole tragique des menaces qui pèsent sur les élus courageux décidés à combattre leur emprise. Alors que, selon une estimation relayée par l’AFP, le narcotrafic aurait fait près de 100 000 victimes au Mexique, près de 100 maires et plus de 1 000 employés municipaux ont fait l’objet d’attaques au cours des dix dernières années dans le pays, d’après l’association des autorités locales du Mexique.

Pour Graco Ramirez, le gouverneur de l’État de Morelos, membre du PRD comme Gisela Mota, c’est pour dissuader les autres maires de soutenir un plan anti-corruption plaçant les polices locales sous un «  commandement unifié   » que la jeune maire, qui avait décidé d’y adhérer, a été assassinée par le cartel de Los Rojos. Pour le PCF, «  cet assassinat montre l’échec des politiques de sécurité mises en œuvre par un gouvernement incapable d’arrêter l’emprise croissante du crime organisé sur la vie politique  ». Dans un communiqué commun, l’organisation de l’ONU chargée de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes et le Haut-Commissariat des Nations unies aux Droits de l’Homme pointent une autre dimension de ce meurtre  : «   Non seulement il s’agit d’un crime grave, mais cet assassinat perturbe également l’exercice des droits politiques des femmes.  »

Dans ces circonstances, l’ONU demande aux autorités mexicaines «   d’enquêter, avec une perspective de genre, sur cet assassinat et d’arrêter, juger et sanctionner ses auteurs intellectuels et matériels   ».

humanite.fr


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