Monsieur le président, j’attends votre armée

vendredi 19 octobre 2007
par  matthieu
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Monsieur le président,

Je vous écrit cette petite lettre afin de vous rassurer. Oui, monsieur le président, je serai en grève aux côtés des camarades de la SNCF, de la RATP, d’EDF, de GDF, et même, imaginez un peu monsieur le président, imaginez un peu, et même des camarades des hôpitaux. Et puis bien entendu, même si vous avez su embrouiller le syndicat majoritaire, et même des profs (monsieur le président, vous savez jouer avec subtilité et détermination avec les bureaucrates plus occupés à sauvegarder leurs décharges qu’à se mobiliser), aux côtés de collègues enseignants..

Je vous rassure donc, monsieur le président, vous aurez donc l’occasion, si on vous emmerde trop, et comme vous l’avez déclaré avec tellement de poésie, sans doute après une dispute avec Cécilia, vous aurez l’occasion de nous envoyer l’armée.

N’écoutez pas les cassandres comme Bernard T., patron aux grandes oreilles sourdes de la CGT, qui appelle à une simple journée de grève, n’ayez crainte, on va continuer après le 18 octobre.

Il faut dire, monsieur le président, que notre compagnon de route, simple collaborateur brimé par son patron, sans doute adhérent caché à SUD, voire même à la CGT (tendance gréviste), je parle de Fillon, nous aide beaucoup. Je le cite :
La réforme de l’État supposera que chacun d’entre nous accepte qu’il y ait moins de services, moins de personnel, moins d’État sur son territoire. La réforme de l’État général qui satisfait tout le monde mais qui ne se traduit par aucune suppression d’aucun établissement sur le territoire, ça n’existe pas.

Cher ami, monsieur le président, lors de la campagne présidentielle, nous étions quelques uns à insister sur la volonté du Medef de parvenir à l’instauration d’un gouvernement totalement acquis à sa vision ultralibérale de la société. Après votre élection, nous sommes quelques uns, un peu plus nombreux qu’avant, à constater ce fait. Vous savez jouer sur le patho et la démagogie pour nous expliquer que tout cela n’est pas idéologique mais "nécessaire" à la France. Allez, entre nous, vous êtes vachement idéologique, hein ?

Soyons clair, votre objectif est de vous attaquer aux droits sociaux acquis comme la retraite à 60 ans, au contrat à durée indéterminée, au droit de grève, aux libertés, aux citoyens les plus pauvres, aux services publics, à la Sécurité Sociale ... Sans mentir, c’est ambitieux. Sans vouloir jouer aux oiseaux de mauvaise augure, trop de bordel risque quand même de créer un gros bordel. Attention à vos fesses.

Monsieur le président, votre activisime médiatique, vos danses du ventre devant les syndicats et les hommes politiques venus de la gauche socialiste ou carriériste, votre propagande continue, tout cela nous montre simplement la faiblesse de vos idées. Si vous avez besoin de tout cela pour nous imposer vos réformes, c’est que, entre-nous, elles sont merdiques, non ?

Dans mon secteur, je suis professeur monsieur le président, dans mon secteur, vous supprimez 11 200 postes, faisant suite aux dizaines de milliers de suppressions précédentes, et encore on n’a pas vu ce qu’il se passera dans l’avenir. Sans déconner : on va être moins, donc on va travailler plus, heures supplémentaires bien entendu, donc on touchera plus. Dans cette logique, cher ami, vous avez oublié la vie.
Vous avez même décidé de casser le statut de la Fonction Publique, histoire de remettre en question l’indépendance des fonctionnaires, dont vous foutez d’ailleurs puisque vous voulez à tout pris que l’on participe à votre délire patriotique autour de Guy Môquet.

Monsieur le président, j’ai le regret de vous annoncer que je me situe dans une opposition résolue à vous et à vos amis, gouvernement et Medef.
Je vais donc me mettre en grève, et même que j’aurai des revendications, pas seulement des choses à défendre.
Je ne participerai pas à la déformation médiatique m’enfermant dans la simple défense des régimes spéciaux. En effet, je sais très bien que derrière tout cela, Fillon l’a bien dit, merci à lui, se dessine un allongement global des cotisations.
Par ailleurs, la question des Services Publics est une question majeure, la population à besoin d’écoles, d’hôpitaux, mais aussi de transports, d’énergie....

Bref, envoyez l’armée si ça vous amuse, même si je pense que lâche comme vous êtes, c’était juste une déclaration sur le coup de la colère, envoyez l’armée, mais attention, les militaires aussi sont concernés par vos réformes, ils risquent de se retourner contre vous.


Commentaires

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Monsieur le président, j’attends votre armée
vendredi 19 octobre 2007 à 18h48 - par  Vladimir

Dans pas mal de coins, les AG ont été boycotté par la CGT qui a tenu la sienne dans son coin ou un mini point info. La CGT a en effet mis tout le paquet pour que la journée soit une journée "carrée" : des dirigeants ont passé des jours sur le terrain à accrocher les militants un par un, ils ont envoyé une circulaire à leur domicile etc.

Néanmoins, ces AG, meme sans la CGT, ont réuni autant de monde voire plus que d’habitude, donc elles ont attiré des gens différents qui ne venaient pas d’ordinaire.
Dans pas mal de coins, la reconduction a été votée :
- Melun : 190 pour la reconduction sur 200
- Villeneuve St Georges, l’AG a lieu aujourd’hui seulement, mais ils pensent tenir jusqu’à lundi. Grève suivie à 90 %.
- Paris Sud Est : 56 pour la reconduction, 17 contre, 8 abstentions. La CGT a boycotté.
- Montargis. La CGT majoritaire appelle à la reconduction.
- Juvisy, un comité de grève a été élu.
- Laroche Migennes. AG 60. Unanimité pour la reconduction. La grève a été quasiment suivie à 100 %
- Quatre Mares (Rouen). 400 personnes en AG. Reconduction votée. Piquets de grève. Ils sont passés à la TV sur A2 hier soir.

Une des caractèristiques est que la grève a aussi été massivement suivie par les chefs et les petits cadres qui ont prendre leur calculette et constater ce qu’ils perdraient eux aussi avec la réforme Sarko. Beaucoup ont refusé de conduire les trains à la place des grèvistes.

Sur la CGT, certes beaucoup de militants semblent suivre les consignes de la direction. Mais il y a aussi des réticences et des grincements de dents. Le pourcentage entre les diverses réactions est difficile à établir sans etre présent partout. Mais il y a des coins ou c’est 50/50.

Tout cela est tout de meme très encourageant, notamment le fait que le % de grèvistes est supérieur à celui de 95. Et ce n’est qu’un début !

Les cheminots ont prouvé qu’ils étaient prets à se battre. Le problème numéro un, c’est de savoir si les directions syndicales vont réussit à dégouter et user les cheminots par leurs manoeuvres. Et en particulier si la CGT va réussir à faire trainer en longueur de journée carrée en journée carrée, avec l’aide intéressée du gouvernement qui fera miroiter des négociations et quelques miettes (étalement de la réforme notamment) pour permettre à Thibault de sauver la face.

le vendredi 19 octobre 2007 à 10:23

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