"France Nature Environnement" et Nicolas Hulot

Reçu de Daniel Deriot
dimanche 21 janvier 2007
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Les associations de défense de l’environnement et l’éventuelle candidature de Nicolas HULOT... Rappelons, qu’en 1974, aux côtés de militants parisiens soutenant la candidature du professeur René DUMONT, des associatifs de province ont joué un rôle non négligable pour promouvoir la première candidature écologiste aux présidentielles. Nicolas HULOT doit se positionner en début de semaine prochaine.
Nous et Nicolas Hulot...

Ira ou n’ira pas ? La possible candidature de Nicolas Hulot suscite bien des commentaires et bien des tensions ou des espoirs parmi les candidat(e)s à l’élection présidentielle. Interpellations, réponses, invitations à rejoindre, appel à candidature unique, revendication de candidatures multiples, signatures théâtralisées… mais qu’en pensent les militants associatifs ? Quelle que soit la décision prise, une chose est sûre : Nicolas Hulot aura réussi à imposer la question de l’urgence écologique au cœur de la campagne électorale. Avec conviction, il a servi ce combat pour la protection de l’environnement en rappelant qu’il s’agit du combat de tous : le réchauffement climatique et la disparition de la biodiversité concernent chacun d’entre nous et nos enfants.

Il était temps. Depuis plus de 30 ans, les milliers d’associations, fédérées au sein de France Nature Environnement, se battent tous les jours, sur le terrain, pour alerter nos concitoyens et nos responsables sur le risque pour l’homme de scier la branche sur laquelle il est assis. Ce combat a été utile. Des projets irrationnels ont échoué, des décisions dangereuses ont été évitées, des idées et des mouvements politiques sont nés. Ce combat n’a toutefois pas permis de diffuser une véritable culture écologique parmi tous nos responsables politiques et économiques. Le budget dérisoire du Ministère de l’écologie en atteste aussi bien que l’opposition sans cesse réalisée entre économie et écologie.

Ne boudons pas notre plaisir. La démarche, la diffusion et la signature du Pacte écologique ont permis d’interpeller la classe politique, de faire circuler l’information et de donner une dimension nouvelle au débat sur l’environnement. Il ne faut cependant pas s’y tromper. Si Nicolas Hulot a ouvert la voie, il ne pourra seul, candidat ou non, placer et maintenir la question de l’urgence écologique au cœur du débat public pendant bien longtemps. Certes, les journaux télévisés nous montrent chaque soir les images d’une Terre qui va mal. Certes, les hommes et les femmes qui se présenteront au suffrage universel parlent des conséquences dramatiques de notre modèle de développement. Pourtant, force est de constater que des projets irrationnels continuent de prospérer, grâce à l’action du lobby des pollueurs. Plus grave, les communicants du développement durable ont déjà récupéré la thématique du réchauffement climatique pour détourner l’attention de ses causes complexes et mettre de nouveaux produits sur le marché - comme les agrocarburants ou le réacteur nucléaire EPR – comme autant de fausses solutions. Le marché a donc commencé à recycler le Pacte écologique.

Demain, si l’on n’y prend garde, lorsque les élections seront passées, notre société de communication aura digéré le message de Nicolas Hulot et le discours marketing sur le développement durable réduira de nouveau l’écologie à une émotion publicitaire. Or, demain - on le sait maintenant - il sera vraiment trop tard. Il faut donc enrayer tout de suite la machine à détruire sans penser que la compensation ou la technique nous tirerons d’affaire. Pour ce faire, nous devons transformer maintenant l’essai marqué par Nicolas Hulot et opérer une véritable révolution culturelle. Celle-ci suppose tout d’abord que tout le monde, élèves des écoles et des grandes écoles, soit informé des enjeux écologiques dans leur complexité. Réfléchir au réchauffement climatique n’a aucun sens si l’on ne tient pas compte des interactions entre tous les éléments de l’écosystème et de toutes les causes de sa dégradation. C’est à ce prix que les remèdes ne seront pas pires que le mal.

Cette révolution culturelle suppose également qu’aucune décision publique ne puisse être prise sans étude de son impact sur l’environnement. De ce points de vue, la création d’un poste de Vice Premier ministre chargé de vérifier l’intérêt environnemental de tous les choix publics présente un intérêt évident pour diffuser la culture de l’écologie parmi nos responsables publics et privés. Ceux-ci doivent comprendre que la protection de l’environnement n’est pas une politique publique mineure de plus mais doit être au cœur de toutes les politiques publiques. Santé, emploi, agriculture… autant d’administrations et de secteurs d’activité concernés. Un Vice premier ministre ne servira toutefois à rien si le Ministre de l’environnement n’a pas les moyens financiers et humains d’une véritable politique de préservation de la biodiversité et de la ressource en eau, de prévention des risques et d’évaluation environnementale. La révolution culturelle appelée de nos vœux doit également influer sur les conditions de définition de l’intérêt général. Loin des débats ou enquêtes publics tronqués, où la décision est prise avant la consultation, il importe notamment de rénover le statut des associations et de ne plus les considérer comme un mal nécessaire, considéré avec condescendance. Enfin, notre système de production, fondé sur les mythes de l’abondance et de la croissance quantitative, sur la destruction des richesses naturelles et le gaspillage ne peut plus perdurer.

A lire les programmes des candidats, cette révolution culturelle reste à faire. L’écologie se résume encore trop souvent à des catalogues de solutions consensuelles alors que nous avons à faire un choix de civilisation. Il faut faire évoluer ces programmes. L’écologie a donc besoin d’émotion mais plus encore d’intelligence collective.

Sébastien Genest
Président de France Nature Environnement, Fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement
Reconnue d’utilité publique
Siège Social : 57, rue Cuvier
75231 Paris cedex - 05
http://www.fne.asso.fr


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