Géopolitique : total retournement de tendance au Moyen-orient

lundi 22 août 2016
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Par Pierrick Tillet

Au Moyen-orient, l’été n’a pas seulement été chaud. Il a été brûlant. Et cuisant, surtout pour la coalition occidentale — nom : Otan — qui est en train d’y laisser des plumes à forte odeur de cramé. Songez qu’il y a encore quelques mois, la Turquie abattait un avion russe en territoire syrien. Songez que l’Union européenne promettait des milliards à Erdogan pour qu’il fasse barrage au flot incontinent des réfugiés syriens. Songez que l’UE rouvrait les négociations pour l’entrée de la Turquie en son sein…

Patatras, la réaction russe à la perte de son avion était si violente (économiquement) qu’Erdogan finissait par présenter ses excuses à Poutine. Pire, à peine sortie d’un coup d’État mené par des pieds nickelés, la Turquie, membre de l’Otan, se retournait contre son maître américain et nouait une alliance avec le diable russe. Depuis, c’est la panique et la confusion au sein de l’empire occidental. Les USA viennent de retirer précipitamment leur arsenal nucléaire de la base turque d’Incilrik.

Depuis, les vannes du barrage laborieusement mis en place par l’UE contre le flot des réfugiés menace de se ré-ouvrir brutalement. Depuis, l’empire vacillant se retrouve empêtré face à une coalition Russie-Turquie-Iran-Chine sur une place stratégique pour la circulation mondiale du pétrole et du gaz. Dernier épisode en date du camouflet pour l’Occident, l’Iran vient d’accorder une base aérienne à l’aviation russe sur son territoire. Depuis, les coupeurs de tête “modérés” soutenus par l’Occident et ses alliés saoudiens ou qataris voit leurs routes d’approvisionnement (vers son ancienne alliée turque) se fermer les unes après les autres — tout comme les moins modérés genre Daesh qui, a défaut d’être “soutenus” par l’Oncle sam et ses vassaux européens, bénéficiaient une mansuétude assez troublante.

Les dents cariées de l’Empire

Poutine est sans doute trop malin pour se faire beaucoup d’illusions sur la fiabilité de son nouvel allié turc, mais suffisamment finaud pour tirer profit de toutes opportunités, fussent-elles tortueuses et passagères. Mieux il a le Droit international de son côté : la Russie intervient en Syrie à la demande express du gouvernement en place (quoi qu’on pense de ce denier) quand l’Otan agit en toute illégalité, sans le moindre mandat onusien pour justifier son comportement guerrier : Devant ces coups du sort à répétition — on rappellera aussi le récent fiasco de l’allié ukrainien parti “reconquérir” la Crimée — l’Empire n’a plus que des dents fort cariées à exhiber : « Il faut tuer le maximum de Russes et d’Iraniens en Syrie pour qu’ils paient le prix de leur intervention » (Mike Morell, ancien directeur adjoint à la CIA).

Pas sûr que ces rodomontades de cour de récré soient suffisantes pour enrayer un mouvement profond de recomposition géopolitique à l’échelle de la planète, décidément bien défavorable aux anciens maîtres du monde.

yetiblog.org


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