Le Toit du monde est en train de fondre

reçu de Maritza
jeudi 18 janvier 2007
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Les glaciers de l’Himalaya ne cessent de régresser. Ce phénomène va affecter les cours d’eau de la région, provoquer des inondations catastrophiques et accélérer la désertification.

Surnommé le Toit du monde, le plateau du Qinghai, où l’Everest et d’autres sommets himalayens dominent la Chine et le Népal, est couvert de milliers de glaciers. Soit, plus exactement, de 46 377 champs de glace dont, selon les dernières études de scientifiques Chinois, 80 % fondent plus vite que la normale à cause du réchauffement planétaire. Les températures ne cessent de monter depuis cinquante ans dans la région du Qinghai, et la régression des glaciers provoque d’importantes pénuries d’eau en Chine et dans une grande partie du sud de l’Asie.

Le plateau du Qinghai s’étend sur 2,5 millions de km2 - environ un quart de la superficie de la Chine - et se situe à une altitude moyenne de 4 000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ses glaciers sont les plus hauts du monde et la variété de phénomènes géologiques qu’ils présentent en fait un véritable musée naturel. Environ 47 % des glaciers Chinois se trouvent sur le plateau du Qinghai, où le Yangtsé-kiang, le fleuve Jaune, le Brahmapoutre, le Mékong et la Salouen prennent leur source. Le taux de fonte de la glace, estimé à 7 % par an, a entraîné une augmentation du ruissellement, accélérant l’érosion du sol et la désertification. Pour des fleuves tels que le Yangtsé-kiang, alimenté à 20 % par l’eau provenant des glaciers, il s’agit d’un véritable cauchemar écologique. Le désert du Taklamakan, dans le nord-ouest de la Chine, risque pour sa part d’être inondé avant, plus tard, de s’assécher.

L’ONU a annoncé, la semaine dernière, que le réchauffement climatique allait probablement entraîner la disparition des glaciers du Tibet d’ici cent ans. Le rapport 2006 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) signale que presque tous les glaciers Chinois ont déjà considérablement régressé, ce qui représente une grave menace pour les ressources hydriques chinoises, déjà surexploitées et très polluées. Dans un rapport publié en 2005, le Fonds mondial pour la nature (WWF) signalait que les glaciers de l’ensemble du plateau tibétain avaient régressé de 6 600 km2 au cours des quarante dernières années, avec une accentuation du phénomène depuis les années 1980. Les champs de glace couvrent actuellement environ 105 000 km2.

75 % des glaciers devraient disparaître d’ici 2010

D’après l’Académie des sciences chinoise, la température sur le plateau du Qinghai augmente de 0,2 °C tous les dix ans. Ce réchauffement provoque une régression des glaciers d’altitude - y compris ceux de l’Everest - équivalant au débit annuel du fleuve Jaune. Au Népal, où la température augmente chaque année de 0,06 °C en moyenne, le débit des cours d’eau alimenté par la fonte des neiges est en diminution, et le niveau de l’eau baisse dans les zones humides du plateau du Qinghai. Selon Han Yongxiang, météorologue, les températures moyennes au Tibet ont augmenté de presque 1 °C depuis les années 1980, accélérant la fonte du glacier et des steppes glacées du plateau du Qinghai.

Le désert frappe aux portes de Pékin, et ce malgré les millions d’arbres plantés pour freiner l’avancée du sable. Les sécheresses sont devenues monnaie courante et les tempêtes de sable dans le nord de la Chine sont de plus en plus fortes, comme celle qui a balayé une grande partie du pays en décembre 2006. Une tempête violente a largué 330 000 tonnes de sable sur Pékin, atteignant même la Corée du Sud et le Japon.

Cela fait déjà un certain temps que l’on a pris conscience de la fonte de ces glaciers. En 2005, des scientifiques ont prévenu que 75 % des glaciers du sud-est du Tibet, ainsi que les champs de glace des monts Hengduan, une chaîne qui traverse les provinces du Sichuan, du Yunnan et du Qinghai, disparaîtraient d’ici à 2100 si la température augmentait de 2,1 °C.

La Chine est le pays qui connaît actuellement la plus forte croissance économique du monde. Or ses ressources en eau par habitant représentent seulement un quart de la moyenne mondiale, et sa croissance débridée intensifie la compétition pour l’eau. Le rapport 2006 du PNUD signale que la pénurie d’eau provoquée par la surexploitation de cette ressource touche 538 millions de personnes dans le nord de la Chine. Et 42 % de la population vivent dans cette partie du pays, qui dispose seulement de 14 % des ressources hydriques nationales. Toujours d’après ce rapport, plus de 70 % de l’eau du fleuve Jaune, du fleuve Hai et de la rivière Huai, qui alimentent à peu près la moitié de la population chinoise, sont trop pollués pour la consommation humaine. En juin dernier, le vice-ministre de l’Environnement Chinois, Zhu Guangyao, a déclaré que s’attaquer au problème de la pollution pourrait coûter au pays 10 % de son PIB (qui était de 1 200 milliards de livres [soit 1 780 milliards d’euros] en 2006).

Ce sombre pronostic ne fait cependant pas l’unanimité. Certains scientifiques affirment que le réchauffement planétaire n’a pas fait régresser ces glaciers dans de telles proportions, et qu’il est peu probable qu’ils disparaissent complètement dans les décennies à venir. Ainsi, Zhang Wenjing, un glaciologue membre de l’Académie des sciences chinoise, ne nie pas la réalité du réchauffement mais estime qu’il faudra certainement plusieurs siècles avant que les énormes blocs de glace qui se sont accumulés sur l’Himalaya ne fondent.

Ce phénomène affectera aussi l’irrigation et l’énergie

Pour les experts du WWF, la régression des glaciers provoquera d’abord des inondations puis, après plusieurs décennies, une diminution du débit des grands cours d’eau tels que le Gange, le Mékong et le Yangtsé-kiang. Le phénomène affectera les systèmes d’irrigation et de production d’énergie hydroélectrique et aura de graves conséquences sur l’environnement au Népal, en Chine et en Inde. Le WWF a publié à ce sujet un témoignage de Ngawang Tenzing Jangpo, supérieur du monastère de Tengboche et moine le plus révéré de la région du Khumbu, au Népal. “La température de la Terre augmente. Ce n’est pas normal”, relate le moine, qui vit au Khumbu depuis plus de trente ans et a vu plusieurs fois déborder les lacs glaciaires. “Les sherpas du Khumbu ne savent peut-être pas tout, mais ils subissent les conséquences de l’avidité des humains. Nous, peuples des montagnes, devons être prudents et prendre des précautions. Si nous ne sauvons pas le Khumbu aujourd’hui, nos ressources en eau potable vont se tarir et le problème sera impossible à résoudre dans le futur.”

Source The Independent
Transmis par Linsay

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