Ça baigne dans l’huile

jeudi 1er septembre 2016
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Savez-vous que les huiles végétales sont le résultat d’un long processus de transformation ? Après broyage des graines d’oléagineux, puis ajout d’hexane, un dérivé bon marché du pétrole, afin de rendre la mixture le moins trouble possible, l’huile brute a droit à un passage en centrifugeuse pour être débarrassée de ses impuretés, puis elle est traitée à la soude caustique, pour que soient éliminés les acides gras indésirables, avant d’être décolorée avec des agents d’absorption comme le charbon actif, puis filtrée, puis décarbonisée par chauffage sous vide entre 180 et 240 °C à la vapeur d’eau.

Tout baignerait dans l’huile si ces manips ne fabriquaient pas des contaminants toxiques. L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (l’Efsa), s’est récemment penchée sur trois de ces cochonneries. Et le moins que l’on puisse dire c’est que les conclusions de son rapport n’ont rien de réjouissant. Prenez les premières substances examinées, les esters glycidyliques d’acides gras : l’Agence les considère comme cancérigènes et génotoxiques. En clair, il faut coûte que coûte les bannir de l’assiette. Pour le deuxième contaminant, le 3-MCPD, au vu des lésions observées chez l’animal, l’Efsa a fixé une dose journalière maximale… dont on découvre qu’elle est largement dépassée chez les moins de 18 ans. Quant à la troisième joyeuseté, le 2-MCPD, elle baigne dans un inquiétant brouillard scientifique : les « informations toxicologiques » sont « trop limitées pour fixer un seuil de sécurité », indiquent les experts.

Fâcheux, quand on sait que ces trois cochonneries se retrouvent dans presque tous les produits fabriqués avec de l’huile végétale raffinée, comme les cookies, les pâtes à tartiner, la pâtisserie industrielle, les margarines et même les petits pots pour bébé… « L’exposition des bébés consommant uniquement des préparations pour nourrisson constitue une inquiétude particulière », prévient d’ailleurs l’Agence européenne. Après l’avis de l’Efsa, les producteurs d’huiles végétales et de margarines se sont fendus dare-dare d’un communiqué pour expliquer qu’entre 2010 et 2015 ils avaient divisé par deux la quantité d’esters glycidyliques d’acides gras dans leurs produits. Sauf qu’idéalement on ne devrait pas en avaler une seule goutte. Et le niveau de contamination ne figure évidemment pas sur l’étiquette. Voilà une raison de plus d’y aller mollo sur la bouffe industrielle.

Quant à l’huile de table, le plus sage est d’opter pour de la non raffinée, c’est-à-dire de l’« huile vierge de première pression à froid ». Il y a des fois où l’on aimerait que le principe de précaution soit mieux huilé…

Le Canard Enchaîné N° 5001 du31 août 2016


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