SOS : Viols et violences sexuelles en République démocratique du Congo

reçu de Thadee Lombe
samedi 28 juillet 2007
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SOS : VIOLS ET VIOLENCES SEXUELLES OUBLIEES DANS LE TERRITOIRE DE MWENGA, PROVINCE DU SUD-KIVU EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

Le territoire de Mwenga est l’un des 8 territoires ruraux de la province du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo. Ce territoire est vaste de 110 Kms2 et compte près de 220 000 habitants, au moins ; son chef-lieu est situé à 132Kms de la ville de Bukavu, Chef-lieu de la province du Sud. Il est situé en pleine forêt équatoriale riche en gisements miniers de coltan, de cassitérite, de monazite, de béryl, d’or…Il a abrité, il y a quelques années, la SOCIETE MINIERE ET INDUSTRIELLE DU KIVU(SOMINKI,en abrégé).

Ses richesses minières et agricoles ainsi que la forêt équatoriale qui couvre ce territoire, ont attiré les anciens militaires et miliciens rwandais défaits par l’armée patriotique rwandaise et réfugiés dans les provinces frontalières du Nord et du Sud Kivu principalement en 1994, avec armes et munitions ; ils se sont enfoncés davantage dans cette forêt en fuyant la guerre déclenchée par l’Alliance des Forces démocratiques pour la libération du Congo en 1996 et par le Rassemblement Congolais pour la démocratie en 1998 appuyés à tour de rôle par le Rwanda.

Déjà, à l’époque du règne du Maréchal Mobutu, les habitants de ce territoire vivaient comme dans un ghetto autour des gisements miniers exploités par la Société Minière et Industrielle du Kivu qui freinaient les initiatives locales par peur de voir des masses d’argent circuler dans le milieu et servir pour l’achat des matières précieuses (l’or surtout) supposées ne provenir que de ses gisements. Il y a eu ainsi, dans ce milieu, jusqu’aujourd’hui très peu d’infrastructures socio économiques (écoles, hôpitaux, dispensaires, petites et moyennes entreprises…) et de communication par rapport à l’étendue du territoire, aux besoins et au système de regroupement des populations locales. Le milieu est actuellement accessible par les pistes d’avion laissées par la SOMINKI et la route principale Bukavu-Kindu longue de 375 Kms, en réhabilitation.

C’est dans cet empire du silence qui abrite autant de richesses du sol et du sous-sol que les ex militaires et miliciens rwandais opèrent viols, violences sexuelles, loin des regards et des oreilles de la communauté nationale et internationale et de toute assistance requise, sur les femmes et les filles tout âge confondu ; le poids des coutumes et des traditions fait que ces femmes meurtries dans leur chair et dans leur âme souffrent leur calvaire dans un silence destructeur. Elles assistent, impuissantes et despérées, à la désintégration de leur corps, au développement du sida et de toutes les formes possibles de traumatisme mais ne peuvent en parler à personne, pas même à leurs maris car le viol est ici considéré comme une malédiction et, en tant que tel, il entraîne l’abandon des femmes victimes par leurs époux ; il faut dire, cependant, que les miliciens congolais aussi appelés Mai-Mai participent à cette sale besogne sur leurs mamans, leurs sœurs et leurs frères même si c’est dans des limites dépassées par les faits commis par les ex militaires et miliciens rwandais.

En juillet 2005, les associations de la province du Sud Kivu membres du CRAF (COMITE DU Rayon d’action femme), ont, dans leur publication intitulée « VIOLS ET VIOLENCES SEXUELLES AU SUD-KIVU : TENTATIVE D’ANEANTISSEMENT DES COMMUNAUTES » réalisée avec l’appui de la Coopération Technique Allemande et de l’UNICEF traité :

- des guerres et des viols en République Démocratique du Congo, en Afrique et dans le monde
- de l’ampleur des viols et des violences sexuelles faits aux femmes en RD/Congo
- des conséquences des viols et des violences sexuelles faits aux femmes,
- de la considération de viols dans nos traditions,
- des aspects juridiques,
- de l’assistance aux victimes de viols et de violences sexuelles,
des perspectives d’avenir.

Quel que soit le mérite de cette étude menée principalement dans les milieux périphériques de la ville de Bukavu et dans les milieux ruraux où interviennent les ONG internationales et quelques ONG locales, la situation qui prévaut à Mwenga et à Shabunda, les deux grands territoires ruraux de la province du Sud Kivu possédant d’énormes richesses du sol et du sous-sol (matières précieuses) n’a pas fait l’objet d’une étude systématique. C’est pour cette raison que nous lançons ce SOS.

Que retenir, en résumé ?

a-Quelques statistiques :

- Human Rights Watch avait communiqué à la radio, en 2002, que 40 000 femmes ont été violées en République Démocratique du Congo, surtout à l’Est où se trouve le Sud Kivu,
- l’Inspection provinciale de la Santé du Sud Kivu parlait, pendant la même période, de plus 25000 cas,
- pour Mwenga et Shabunda, les auteurs parlent respectivement de 1000 à 1500 et de 1000 à 1200. Les estimations faites pour Mwenga et Shabunda, zones forestières, ne représentent même pas le 1/3 car un sondage sommaire que nous avions effectué à l’issue d’un séminaire sur la lutte contre le VIH/Sida sur un tronçon long de 45Kms seulement le long de la route principale faisait état de 2 434 femmes victimes de viols et de violences sexuelles mais qui malheureusement, ne se déclarent pas suite aux coutumes locales ; ce nombre a été communiqué par un centre de santé seulement où ces cas sont connus lors des présentations de quelques rares victimes. Malheureusement, aucun traitement approprié n’est organisé ; ce nombre devrait être multiplié par 10.

b- pratiques des viols et des violences :

- ces viols et violences sexuelles se font de la manière la plus déconcertante et humiliante qui soit : viols en plein air, à la maison, au champ, sur le chemin du marché, devant son mari, devant ses enfants, viols avec mutilation des organes, introduction de toute sorte d’objet dans l’appareil génital de la victime, fusillade de l’appareil génital après l’acte…, viols en masse par 2 à 20 bourreaux, obligation des membres de famille à faire des relations sexuelles au vu et au su de l’ensemble de la famille (les pères et leurs filles, les garçons et leurs mamans et leurs sœurs….), esclavage sexuel, sodomisation des hommes, viols des enfants de 2 mois et des vielles femmes de tout âge…….. ;

c- facteurs favorisant les viols et violences sexuelles à Mwenga et à Shabunda :

- présence et immensité de la forêt équatoriale,
- abondance des gisements miniers (or, coltan, cassitérite, monazyte, zinc, béryl, diamant….),
- la faiblesse du pouvoir local et la peur des populations,
la présence des cités laissées par la Société Minière et industrielle du Kivu (maisons d’habitation,…..)
- l’esprit de vengeance….

d- conséquences des viols et des violences sexuelles :

- fistules (déchirures et communication entre voies urinaires et vaginales et avec le rectum/anus)
- propagation du VIH/Sida (plus de 6%,) et des MST (syphilis : plus de 9%, infection urinaire : 19%, infection génitale : 25%, trichomonas vaginal:8%....,)
- marginalisation et rejet des femmes victimes abandonnées à elle-même,
divorce,
- abandon des familles par les maris,
- beaucoup d’enfants nés des viols,
- conflits entre familles et communautés et individus,
- exode rural et désertion des lieux des drames,
- paralysie des activités économiques, abandon des enfants,
- dislocation des familles,
- méfiance vis-à-vis de l’autorité locale

Dès lors, que faire ?

CROISADE HUMANITAIRE, notre association, pense qu’une action organisée et globale doit être menée dans le milieu pour une prise en charge médicale, psychologique, sociale, économique et pour l’assistance juridique aux victimes ; elle a été plusieurs fois prête à voler au secours de nombreuses victimes qui vivent dans la clandestinité, suite aux traditions et aux coutumes locales. Cependant, elle n’a jamais pu obtenir des financements à ses projets suite à la politique d’appui de beaucoup de Bailleurs de fonds et à l’abandon quasi-total de ces territoires car la plupart des ONG internationales bailleurs de fonds concentrent leurs appuis dans les zones non forestières de la province du Sud Kivu. Animée par des natifs, CROISADE HUMANITAIRE reste disposée à entreprendre une action globale associant les structures locales (formations sanitaires, églises, écoles, initiatives locales….).

Ce SOS vise donc à solliciter l’appui des ONG internationales Bailleurs de fonds pour le financement des projets de CROISADE HUMANITAIRE en faveur de nombreuses femmes locales abandonnées à elles-mêmes. Il faut dire, en passant, que dans ce territoire, l’autorité de l’état est loin d’être rétablie malgré la mise en place des institutions issues des urnes à cause justement des facteurs évoqués ci haut : quelque chose doit donc être fait rapidement et de manière soutenue. D’autres problèmes tels l’exploitation des femmes et des enfants dans les carrières minières, la non scolarisation des filles, la malnutrition, l’accès difficile aux soins de santé primaires, le VIH/Sida et ses conséquences, les conditions précaires de l’habitat…. restent entiers dans plusieurs localités et nous y assistons impuissants faute de soutien.

Ci-dessous, la carte de présentation de CROISADE HUMANITAIRE et les coordonnées de contact.

PRESENTATION DE CROISADE HUMANITAIRE

ASPECTS ELEMENTS DE PRESENTATION

1. Nom, adresse et coordonnées de contact

- CROISADE HUMANITAIRE,
- BP 388 KINSHASA-GOMBE RD/CONGO
- Téléphone 00243 998535799
- E-mail : barega_th@yahoo.fr
- PERSONNE DE CONTACT : Mr BAREGA LOMBE COORDONNATEUR

2. Statut Juridique ORGANISATION NON GOUVERNEMENTALE LAIQUE DE DEVELOPPEMENT ET D’ASSITANCE HUMANITAIRE

3. Année de création LE 16 JANVIER 2002

4. Mission

- Assurer la prévention contre les catastrophes et les calamités naturelles et anthropiques,
- Fournir l’assistance nécessaire aux victimes des calamités naturelles et anthropiques, d’injustice et de discrimination de toute sorte quelles que soient leurs origines, leurs races, leurs appartenance sociales ou politiques, leurs religions….,
- Assurer l’intégration socioprofessionnelle et économique des victimes,
- Protéger et défendre les droits des indigents et de tous les vulnérables,
- Promouvoir les droits humains et l’initiation aux valeurs démocratiques,
- Oeuvrer pour la prévention, la gestion et la résolution pacifique des conflits,
- Renforcer les capacités des acteurs à la base et des partenaires dans la planification, la gestion et le suivi des actions d’urgence humanitaire,
dans la promotion et la défense des droits de l’homme, l’autopromotion, la santé, l’environnement et le développement durable,
- Sensibiliser la Communauté Internationale sur les violations des droits humanitaires et la pauvreté dans les pays du Tiers-monde et dans le monde, en général,
- Appuyer les initiatives de développement de la population s’inscrivant dans ses domaines d’intervention.

5. Groupes cibles

- Les population indigentes, pauvres, marginalisées, vulnérables
- Les populations victimes des injustices et des catastrophes et des calamités de toute sorte,
- Les enfants et les femmes occupent une place de choix dans ces catégories sociales

6. Domaines D’intervention

- Assistance humanitaire
- Santé
- Droits de l’homme
- Environnement,
- Développement durable : agriculture, élevage, artisanat, micro finance et micro entreprise, sécurité alimentaire, habitat, formation, approvisionnement en eau potable et en énergie hydroélectrique et renouvelable,
- Démocratie et bonne Gouvernance

Kinshasa le 23 Juillet 2007

POUR CROISADE HUMANITAIRE

BAREGA LOMBE
COORDONNATEUR


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