Cuba en 2007

Reçu de Maritza
dimanche 4 février 2007
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Par Pascual Serrano

Quarante huit ans après le triomphe de la révolution et dans une situation exceptionnelle suite à la maladie de Fidel Castro, il est bon de mesurer dans quelle situation se trouve le pays au moment où l’économie nationale décolle de façon significative et où la conjoncture régionale est plus que favorable.

Après avoir vu son économie fortement affaiblie par la crise de l’Union Soviétique, le pays est en train de réussir un indiscutable rétablissement.

Il suffit de rappeler qu’il a clôturé l’année 2006 avec une croissance économique de 12,5 % (en Amérique Latine la moyenne a été de 5,3 %) et qu’en 2005 cette croissance avait été de 11,8 %. Parmi les raisons qui expliquent ces résultats on peut penser que se trouvent les accords pétroliers avec le Venezuela ou celui sur le nickel avec la Chine, la croissance de la production pétrolière nationale et le développement du tourisme.

Les Cubains se souviennent des angoisses que leur causait leur situation énergétique – souvenons-nous des coupures d’électricité des dernières années – mais 2006 a été assurément l’année de la révolution énergétique. La production d’électricité du pays a augmenté de 7,2 % avec une consommation qui est en phase de rationalisation grâce au remplacement des appareils électroménagers obsolètes et à la rénovation des réseaux de distribution. La biotechnologie avance à pas gigantesques et a réussi, en 2006, à augmenter ses exportations de 90 % et cela malgré le blocus des Etats-Unis. Cuba exporte les productions de sa biotechnologie dans plus de 50 pays. On a aussi inauguré 650 bâtiments destinés à l’éducation et à la santé. Les dépenses sociales de Cuba sont les plus élevées de l’hémisphère et, en 2007, elle consacrera 22,7 % de son PIB à la santé et à l’éducation. L’an dernier, Cuba a atteint le taux de mortalité infantile le plus bas de son histoire, avec 5,3 décès pour mille nouveau-nés (au Nicaragua, ce taux est de 30 et aux Etats-Unis de 7,1). Il est important de rappeler que le taux de chômage dans le pays est de 1,9 %.

Mais dans un monde qui compte 766 millions de personnes sans services de santé, 120 millions sans eau potable, 842 millions d’adultes analphabètes (21 millions d’entre eux vivent aux Etats-Unis), 158 millions d’enfants qui souffrent de malnutrition et 110 millions qui n’ont pas d’école, aucun de ces problèmes n’existe à Cuba bien que l’île fasse partie du Tiers Monde.

Cuba est aujourd’hui le pays d’Amérique Latine où règne la plus grande équité dans la distribution du revenu, celui qui possède des services d’éducation primaire et secondaire auxquels ont accès 99% de la population concernée et où l’accès aux études supérieures est possible partout dans le pays pour tous ceux qui le veulent (800 000 étudiants dans les universités) ; Cuba arrive en tête pour les indicateurs favorables de la mortalité infantile pour les enfants de moins de un an et de moins de cinq ans ; Cuba a le taux de chômage le plus bas ; à Cuba on offre des aliments subsidiaires qui couvrent pas moins de la moitié des besoins nutritionnels de la personne, on prête une attention médicale permanente et on peut diriger les patients vers des services gratuits de haute technologie (l’espérance de vie à Cuba est de 77,3 ans) ; l’an passé, en outre, l’organisation non gouvernementale WWF (WORLD WILD FUND) a déclaré Cuba comme l’unique pays au monde qui combine un haut développement humain (reconnu dans des rapports Annuels sur le Développement Humain établis par le PNUD) et une adéquate durabilité environnementale.

Mais n’oublions pas la solidarité de Cuba envers le monde ; l’île a 30 000 de ses travailleurs dans les secteurs de la santé dans 60 pays et, en 2006, l’UNESCO a récompensé Cuba pour son programme international d’alphabétisation appliqué dans 15 pays pour 2,3 millions de personnes. En 2006, 27 000 jeunes venus des pays sous développés ont fait des études à La Havane.

Et cela se passe dans un monde où, selon une étude des Nations Unies datée du 5 décembre 2006, la moitié de la richesse du monde se trouve entre les mains de 2% des adultes. Un cercle encore plus réduit et qui ne comprend que 1% des habitants possède 40 % de la richesse, alors qu’à l’autre bout, 50 % de la population détient à peine plus de 1% de la richesse totale. C’est l’expression statistique de l’énorme abîme qui sépare une élite insensible et une immense multitude de déshérités.

Bien entendu il y a des déficiences dans le modèle cubain. Aujourd’hui, les principaux problèmes quotidiens sont le logement et les transports. Pourtant l’an dernier on a achevé la construction de 110 000 logements et ont acheté 200 autobus « articulés » (appelés « chameaux » dans l’île) Mais il y a beaucoup plus. Et c’est que, comme le dit Santiago Alba, « Nous nous entêtons à prendre la défense de Cuba en comparant des données statistiques et économiques, mais en oubliant que ce dont il s’agit c’est de choisir entre, d’un côté, ceux qui bombardent des pays, font fondre allègrement les calottes glacières et confondent Faloudja avec un Parc à thème et, d’un autre côté, ceux qui sauvent des enfants, soignent des étrangers et confondent leurs propres souffrances avec celles des autres peuples de la terre ». Cuba, dit Santiago Alba, c’est le pays du « vouloir vite, aimer facile, parler intense, s’asseoir large, s’habiller léger, chanter rebelle, penser ensemble, regarder lentement, faire long, vivre ferme, manger, boire et partager sans mystères, penser autrement et vaincre sans poisons ». C’est pourquoi, ce n’est qu’à La Havane que mon fils Camilo, âgé de cinq ans, qui jouait dans le parc, pouvait s’entendre dire par une fillette pas plus âgée que lui et qui le doublait sur le toboggan : « Excusez, camarade ».

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