Aider Israël à mourir

Reçu de Maritza
vendredi 16 février 2007
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Le Président George W. Bush et le vice-président Dick Cheney jouent inconsciemment le rôle du Dr. Jack Kevorkian en aidant l’Etat d’Israel à se suicider. C’est la conséquence inévitable de l’attaque aérienne et aux missiles prévue contre l’Iran.

Le paysage rempli d’impacts et chaotique de l’Irak, du Liban et de l’Afghanistan et les immenses files d’attente de candidats devant les bureaux de recrutement d’Al-Qaeda et d’autres terroristes témoignent avec éloquence des conséquences involontaires des politiciens myopes de Washington et de Tel Aviv.

Par Ray McGovern

Photo : Sharon raconte à son ami Bush l’histoire des 3 étapes. Demandez à un Irakien ou à un Palestinien s’ils la trouvent drôle.

Hypnotisés. Malheureusement, c’est le meilleur mot pour décrire ceux d’entre nous qui se rendent compte de l’inexorable marche folle vers une guerre avec l’Iran et un danger croissant pour la sécurité d’Israel, en particulier à moyen et à long terme.

Une attaque américaine et/ou israélienne contre l’Iran libèrera les chiens de guerre. Ces chiens ne sont jamais allés à l’école de l’obéissance. Personne ne leur refusera une chance de mordre, et l’arsenal d’armes nucléaires d’Israel ne pourra rien faire pour les museler.

Selon moi, jamais depuis 1948 l’existence même d’Israel n’avait été autant en jeu. Bush/Cheney et les responsables israéliens ne sont-ils pas capables de le voir ?

Quel dommage que personne ne semble avoir lu l’avertissement de notre premier président sur les effets nocifs des alliances embrouillées.

L’ironie suprême est que dans leur ferveur à aider, comme d’habitude, Israel, Bush et Cheney semblent être dans l’ignorance totale qu’ils descendent une allée qui les mène à la falaise.

Provocation et prévention

Quand il s’agit de rejeter des discussions directes avec l’Iran ou entre Israel et la Syrie, l’influence et les motifs du vice-président sont plus transparents que ceux de Bush.

C’est sûr, Cheney a déclaré récemment à Wolf Blitzer sur CNN que la politique de l’administration concernant l’Irak serait "un énorme succès de l’histoire", mais ne croyez pas ceux qui disent que Cheney "délire".

Lui et ses amis néoconservateurs sont fous à lier. Ils ont insisté sur une confrontation avec l’Iran pendant de nombreuses d’années, et ils ont vu l’invasion de l’Irak dans ce contexte.

En faisant allusion aux récentes initiatives des militaires américains, Robert Dreyfuss a décrit correctement les néocons en disant qu’ils "croisaient les doigts dans l’espoir que l’Iran répondrait par une provocation, aggravant ainsi de façon inexorable ce qui est maintenant une guerre froide."

Mais qu’en est-il du président ? Comment expliquer sa fixation à vouloir accrocher le wagon de l’Iran ?

L’influence de Cheney sur Bush s’est toujours montrée considérable depuis que le comité de recherche composé d’un seul homme pour un candidat à la vice-présidence de 2000 a choisi Cheney.

Le vice-président peut jouer du violon à Bush. Mais quelles cordes utilise-t-il ici ? Où est la résonance ?

L’expérience a montré que le président était quelqu’un d’impressionnable avec un penchant pour accorder beaucoup d’importance à ses premières impressions et à s’accrocher à des gens supposés être des âmes soeurs - que ce soit le Président russe Vladimir Poutine (de confiance, à première vue), au directeur de la CIA, George Tenet, un type qui veut toujours se faire des amis, ou à l’ancien Premier Ministre israélien suintant de testostérone, Ariel Sharon.

Sa relation avec Ariel Sharon était d’un intérêt particulier. Le Général à la retraite Brent Scowcroft, un maître de la discrétion avec les médias, avait trouvé convenable de dire au Financial Times de Londres, il y a deux ans et demi, que Sharon avait "hypnotisé" Bush et "qu’il l’avait enroulé autour de son petit doigt."

En tant que président du prestigieux Comité Consultatif des Renseignements Etrangers sous George W. Bush et conseiller à la sécurité nationale sous son père, Scowcroft était bien placé pour le savoir - et pour tirer des comparaisons.

Il a été sommairement viré après avoir fait ses commentaires au sujet de Sharon et il est maintenant persona non grata à la Maison Blanche.

Syndrome de déficit de compassion

George W. Bush a rencontré Sharon pour la première fois en 1998, quand le gouverneur du Texas a été emmené en visite au Moyen-Orient par Matthew Brooks, à l’époque directeur exécutif de la Coalition Juive Républicaine.

Sharon était Ministre des Affaires Etrangères et il a emmené Bush faire un tour en hélicoptère au-dessus des Territoires Occupés par les Israéliens.

Le 3 août 2006, McClatchy a envoyé une histoire de Ron Hutcheson qui citait Matthew Brooks :
"S’il y a un point de départ à l’attachement de George W. Bush à Israel, cela remonte au jour, vers la fin de 1998, où il se tenait sur le sommet d’une colline où Jésus a prononcé le Sermon sur le Mont, et quand, les yeux débordants de larmes, il a lu tout haut son hymne préféré, "Amazing Grace". `Il était très ému. C’était une expérience déchirante. Il est revenu chez lui avec Israel dans son coeur. Je pense qu’il avait été profondément touché."

Bush a fait une référence gratuite mais révélatrice à ce voyage lors de la première réunion de son Conseil de Sécurité Nationale (NSC) le 30 janvier 2001.
Après avoir annonçé qu’il abandonnerait le rôle de médiateur "honnête" existant depuis des décénnies entre les Israéliens et les Palestiniens et qu’il penchait de façon prononcée pour Israel, Bush a indiqué qu’il laisserait Sharon résoudre le conflit comme il le voudrait.

À ce moment-là, il a évoqué son voyage en Israel avec la Coalition Juive Républicaine et le survol des camps palestiniens, mais en disant qu’il ne se sentait pas du tout concerné par le sort des Palestiniens.

Dans "A Pretext for War" (ndt : Un Prétexte pour la Guerre), James Bamford cite Bush : "La situation ne semblait pas bonne en bas." a-t’il dit avec un froncement des sourcils. Puis, il a dit qu’il était temps de mettre fin aux efforts de l’Amérique dans la région : "Je ne vois pas bien ce que nous pouvons faire là-bas en ce moment".

Et voilà pour le Sermon sur le Mont. La version que j’ai lue met un accent sur le fait de travailler activement pour la justice. Il n’y a aucune suggestion que les larmes suffisent.

Le Secrétaire au Trésor de l’époque, Paul O’Neill, qui était présent lors de la réunion du NSC, a rapporté que Colin Powell, le nouveau Secrétaire d’Etat, a été pris complètement par surprise devant cet abandon nonchalant de la politique de longue date. Powell a objecté, en prévenant que cela déchainerait Sharon et que "les conséquences pourraient être graves, en particulier pour les Palestiniens."

Mais selon O`Neill, Bush a juste gesticulé, en disant, "parfois une démonstration de force de la part d’un côté peut vraiment clarifier les choses". O`Neill dit que Powell a semblé "effrayé". Mais on peut parier à coup sûr que le vice-président n’a été nullement effrayé.

Un récit semblable reflétant le désordre de manque de compassion de Bush saute aux yeux en lisant "The One Percent Doctrine" (ndt : "La Doctrine du Un pourcent") de Ron Suskind.

Le Prince Abdullah, le leader de facto de l’Arabie Saoudite, était fort en colère en avril 2002 quand il est arrivé à Crawford pour contester la décision de Bush de prendre parti pour Israel et d’abandonner le rôle américain de médiateur honnête dans le conflit israélo-palestinien.

Avec l’épithète "d’homme de paix" fraîchement accordé à Sharon par Bush qui lui résonnait toujours dans les oreilles, Abdullah a commencé en insistant sur le fait que le président et ses collaborateurs regardent une vidéo de 15 minutes. Elle montrait le chaos en Cisjordanie, les tanks fabriqués aux Etats-Unis, des enfants ensanglantés et morts, des mères en larmes.

Puis, toujours sans un mot, ils sont tous entrés dans une autre pièce où les Saoudiens ont commencé à faire des demandes spécifiques, mais Bush a semblé distrait et insensible. Après quelques minutes, le président s’est tourné vers Abdullah et a déclaré : "Allons faire un tour. Juste vous et moi. Je vais vous montrer le ranch."

Bush n’était évidemment tellement pas préparé à discuter du sujet avec ses invités saoudiens que certains des collaborateurs du président ont vérifié ce qui s’était produit.

Le dossier du briefing pour le président avait été détourné vers le bureau de Cheney. Bush ne l’avait jamais eu, donc il ignorait totalement ce que les Saoudiens espéraient accomplir en faisant le voyage à Crawford. (Il y a un doute que cette expérience ait été courante au cours des six dernières années et qu’il y ait en effet deux décideurs à la Maison Blanche, l’un d’eux contrôlant la circulation des documents.)

Bush n’était pas privé de briefings de contexte. En effet, il a montré une préférence à les obtenir du premier ministre Sharon qui, avec son haut responsable militaire, le Général Yoav Galant, a informé le président à Crawford (en 2005) et dans le Bureau ovale (en 2003) du programme d’armes nucléaires de l’Iran.

Désolé si je trouve cela bizarre. C’était notre travail à la CIA. Je parie que Sharon et Galant étaient plus percutants.

Il y a, sans aucun doute, quelque chose de plus en jeu dans l’attitude de Bush et son comportement concernant Israel et la Palestine.

On n’a pas besoin d’être un psychologue pour avoir une preuve suffisante de ses tendances oedipiennes. Ce n’est pas un secret que le président a critiqué en privé ce qu’il perçoit comme étant des erreurs de son père.

Suskind, note par exemple, que Bush a défendu son penchant pour Israel en disant à un ancien employé de la politique étrangère : "Je ne vais pas soutenir mon père et tous ses copains arabes !"

Et il semble certain qu’Ariel Sharon a raconté au jeune Bush les efforts de James Baker, le Secrétaire d’Etat de son père, pour faire l’impensable ; c.-à-d., présenter une quantité de revendications arabes dans les accords qu’il a essayé de négocier entre Israel et les Palestiniens. Il semble clair que c’est l’une des raisons pour lesquelles le rapport Boulanger-Hamilton était mort à l’arrivée.

Avec des amis comme ça...

George W. Bush peut avoir les meilleures des intentions dans sa ferveur à défendre Israel, mais lui et Cheney ont la plus myope des politiques. Les responsables israéliens risquent beaucoup s’ils prennent du réconfort dans la rhétorique du président, en particulier vis-à-vis de l’Iran.

Je suis constamment stupéfait de découvrir, quand je parle dans le pays, que la grande majorité des Américains instruits pense que nous avons un traité de défense avec Israel.
C’est faux, mais on peut aisément voir à quel point ils sont trompés.

Écoutez le président il y a exactement deux ans :

"Il est clair que si j’étais le responsable d’Israel et que j’avais écouté certaines des déclarations des Ajatollahs iraniens au sujet de la sécurité de mon pays, je serais aussi préoccupé par le fait que l’Iran possède une arme nucléaire. Et, comme Israel est notre allié [sic] - et du fait que nous nous soyons très fortement engagés dans le soutien à Israel - nous soutiendrons Israel si sa sécurité est menacée.
Nous ne faisons aucune faveur aux responsables israéliens en leur donnant l’impression qu’ils ont carte blanche dans leur région - particulièrement en ce qui concerne l’Iran - et que nous les tirerons d’affaire, quoi qu’il arrive
."

N’ont-ils rien appris du passé récent ?

Loin d’améliorer la sécurité d’Israel, l’invasion étasunienne de l’Irak et l’encouragement de Washington dans l’attaque inefficace d’Israel contre le Liban l’été dernier ont eu comme conséquence plus de pépinières de terroristes contre Israel.

Cela semblera un jeu d’enfant comparé à ce qui nous attend si les Etats-Unis et/ou Israel bombardent l’Iran.

Résultat : il y a une menace croissante d’attaques-suicide en Israel. Les deux plus dangereux travaillent à la Maison Blanche.

Ray McGovern

Source : http://www.antiwar.com
Traduction : MG pour ISM

Provenance : alterinfo.net


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