Europe, UE, Réponse à quelques commentaires

mercredi 18 janvier 2017
par  Raoul Marc Jennar
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Par Raoul Marc Jennar

Suite à mon article Qu’est-ce que l’Europe ? Qu’est-ce que l’UE ? Quelle union des peuples d’Europe ? je partage l’analyse de Takis Fotopoulos évoquée par Mirandela : le Brexit, le vote Trump et certains votes nationalistes sont des expressions d’un rejet d’une mondialisation néo-libérale négociée et voulue par tous les gouvernements au pouvoir depuis le milieu des années 80. Cette mondialisation n’a été conçue que pour le bénéfice exclusif des firmes privées et des institutions financières privées. S’il y a bien un phénomène mondial, c’est le rejet de cette globalisation hautement nuisible pour les peuples.

Mais, si je suis convaincu que tous les électeurs du FN ne sont pas des fascistes, et que beaucoup expriment une colère, une vive protestation, en l’absence d’alternative de gauche à la collusion des droites et des gauches institutionnelles, il demeure, soyons lucides et vigilants, qu’il y a au FN, comme à Aube Dorée, comme dans les Pays Baltes, en Hongrie, en Pologne, aux Pays-Bas, en Belgique, et dans l’électorat de Trump et du Brexit, une frange nettement fasciste, raciste et xénophobe. Ce qu’il y a de positif dans les meilleurs de ces votes, c’est le rejet du système, le rejet de la collusion des partis de gouvernement avec le monde des affaires et de la finance, le rejet de la professionnalisation du mandat public, le rejet de la concurrence de tous contre tous, le rejet de la dépossession des choix, le rejet de la violence et du discours guerrier.

Ce qu’il y a de positif, c’est la volonté de se ré-approprier son destin, de relocaliser les échanges marchands et la production utile, le primat de la solidarité sur l’identité qui n’exclut pas le sentiment de commune appartenance à une nation, la volonté de se prendre en charge, collectivement, et de ne plus s’en remettre à des professionnels de la récupération politicienne. Ce qu’il y a de positif, c’est la remise en cause d’une entreprise oligarchique de soumission des peuples aux intérêts des firmes privées et des banques, qui a pour nom UE. Une remise en cause qui est de première nécessité si on ne veut pas rendre inéluctable la servitude qui se met en place. Il y a aussi de tout cela dans ces votes que les médias toxiques qualifient de « populistes », créant une confusion entre démagogie et défense de la démocratie et de la justice sociale. Il est manifeste que ces partis pratiquent la démagogie. Comme il est tout aussi manifeste qu’une part importante du soutien qu’il reçoivent n’est pas attirée par la démagogie raciste et xénophobe, mais par la volonté d’exprimer à la classe des professionnels de la politique un ras le bol massif.

À Danièle Dugelay, j’ai envie de dire, il ne s’agit pas de s’en remettre à un président ou aux élus ; il s’agit de leur imposer notre volonté. En 1936, les partis du Front Populaire n’avaient pas prévu les congés payés dans leur programme électoral ; ce sont les grévistes qui les ont imposés. Ne nous soumettons plus aux partis, aux syndicats, soyons le peuple agissant pour l’intérêt général. Dictons notre volonté ; à ceux qui prétendent nous représenter de nous suivre. Sortons du carcan dans lequel encore et toujours on veut nous enfermer. Plan A, plan B ? C’est quoi cette mixture qui ménage les européistes du Parti de Gauche ? À Jean Bourgeois, je réponds que la véritable révolution citoyenne, la véritable insoumission, ce n’est pas de signer un chèque en blanc à une personnalité fut-elle brillante, humaniste, proche du peuple. La véritable insoumission serait non pas d’adhérer à une personne, mais de la mettre sous contrôle, de lui appliquer le Droit de révocation du peuple et d’exiger que ce Droit soit le premier à inscrire dans le marbre.

Pour ma part, j’estime que tous les doutes sont permis lorsqu’on a à faire à un admirateur inconditionnel de François Mitterrand qui après avoir écrit le plus formidable réquisitoire contre la Vème République (« Le Coup d’État permanent ») s’y est vautré de la manière la plus indécente qui soit. Comment faire confiance ? D’autant que cet admirateur n’accorde sa confiance qu’à ceux qui le courtisent. Ah ! comme j’aimerais assister à un acte d’insoumission de ceux qui s’auto-proclament insoumis ! Un acte d’insoumission à l’égard du chef de la France insoumise démontrerait qu’on ne se trouve pas là devant un nouveau troupeau. Un acte, par exemple, de refus de se laisser imposer des choix par la coterie parisienne du chef. Un acte, par exemple, appelant à la raison dans l’attitude à adopter à l’égard des communistes dont on veut bien du soutien, mais dont on rejette toute possibilité qu’ils aient des élus. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille nécessairement accepter pour autant certains fossiles productivistes et pro-nucléaires sortant de mandat. Cela grandirait la France insoumise de soutenir un Chassaigne dont on sait qu’il n’aime pas le chef de la France insoumise (et réciproquement) mais qui a le mérite de défendre des positions presque totalement compatibles avec le programme des insoumis patentés.

Beurk, que tout cela, m’amène à m’embourber dans des considérations tellement politiciennes ! Je suis résolument un insoumis qui refuse de se soumettre à une organisation qui s’appelle la France insoumise. Mais, dans l’incapacité de voter pour un candidat du P$ dont je souhaite la disparition, peut-être serais-je contraint de choisir entre un vote inutile ou voter pour le leader maximo des insoumis officiels. Par défaut. Triste perspective.

Raoul Marc jennar, un insoumis, libre

jennar.fr


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