Mais non, ça ne pétera jamais (suite)

vendredi 24 mars 2017
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Par Jean-Luc Porquet

(Résumé de l’épisode précédent : jamais le nucléaire n’a connu pareille crise en matière de sûreté. Dans ce domaine, elle est double. Un : l’’an dernier, l’ASN, le « gendarme du nucléaire », a découvert que des pièces cruciales de 46 générateurs de vapeur répartis dans pas moins de 18 réacteurs souffraient de graves défauts de fabrication (deux fois trop de carbone), qui les fragilisent énormément. Mais ils continuent de tourner. Deux : en épluchant les certificats de pièces fabriquées à la forge du Creusot, ce même « gendarme » s’est aperçu que des centaines de documents avaient été falsifiés de façon à ce que des pièces défectueuses soient malgré tout installées dans les réacteurs.

Preuve que les industriels du nucléaire trichent avec autant de légèreté que des fabricants de lasagnes… L’ASN, dont le président, Pierre-Franck Chevet, a admis publiquement que la situation était « préoccupante », a saisi la justice et passe actuellement au crible (en urgence) 10 000 certificats, ce qui va prendre quelques années. En espérant que tout tiendra bon pendant ce temps-là… « Mais, dit le physicien nucléaire Bernard Laponche, deux autres crises sont en cours. Et c’est la conjonction de ces quatre crises qui m’inquiète au plus haut point. » La troisième crise, économique, concerne Areva, qui a connu trois incroyables fiascos.

À Tchernobyl, les bâtiments construits voilà douze ans sur ses instructions pour y stocker les très radioactifs combustibles nucléaires n’ont jamais pu servir à cause d’un défaut de conception rédhibitoire. À Fukushima, le système prétendument miraculeux d’Areva pour décontaminer les montagnes d’eau radioactive s’est avéré être un ratage complet. Ajoutez à cela la mine d’Uramin achetée à prix d’or et vide d’uranium, et vous aurez une Areva décrédibilisée, en pleine déconfiture financière, qui va devoir être renflouée à hauteur de 9 milliards d’euros – à moitié au moins par l’État (c’est-à-dire le contribuable).

Ce qui reste de sa branche industrielle sinistrée atterrira dans les mains d’EDF, notre géant électrique national. Lequel ne se porte guère mieux. Non seulement le « grand carénage » en cours, destiné à sécuriser les réacteurs français après Fukushima, va lui coûter 100 milliards d’euros, mais il faut y ajouter le coût des travaux pour prolonger leur vie de dix ou vingt ans (des dizaines de milliards en plus). Et celui du démantèlement des 58 réacteurs en activité (19,3 milliards au bas mot). Et celui des déchets : 42,6 milliards, d’après EDF. Bref, en vue : un gouffre financier vertigineux.

La quatrième et dernière crise est sociale. On licencie (5 000 postes bientôt supprimés à EDF), on accélère les cadences, on met la pression sur les sous-traitants : ce mal-être généralisé est parti pour durer, ce qui ne va rien arranger, question sûreté nucléaire. Hanté par la possible survenue d’un Fukushima à la française, Bernard Laponche conclut : « Je ne comprends pas comment ces quatre crises conjointes n’ont pas encore fait comprendre aux pro-nucléaire qu’ils doivent organiser la retraite. Le nucléaire est une industrie du passé. Il faut arrêter de prétendre que la France va en vendre partout : personne n’y croit. »

Sauf Fillon, Macron, Le Pen, etc.

Lire ou relire : Mais non, ça ne pétera jamais

Le Canard Enchaîné N° 5030 du 22 mars 2017


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Brèves

Nouvelle convocation José Bové au tribunal d’instance

samedi 8 décembre 2007

Reçu du "Collectif des faucheurs Volontaires Rhône-Loire"

José se retrouve à nouveau devant la JAP lundi 10 décembre au matin, il faut à nouveau tous être présents pour soutenir la fin de toutes les condamnations contre les militants anti-OGM.

RAPPEL :

Lundi 12 novembre, José Bové est ressorti libre du bureau de la juge d’application des peines du tribunal de Millau. La magistrate et le porte-parole des Faucheurs volontaires ont discuté de la façon dont celui-ci pourrait accomplir la peine que lui a infligée la cour d’appel de Toulouse le 15 novembre 2005 : quatre mois de prison ferme, en tant que récidiviste, pour avoir participé au fauchage d’un champ de maïs transgénique le 25 juillet 2004 à Menville (Haute-Garonne).

En droit, la juge pouvait placer M. Bové sous bracelet électronique, mesure que le leader paysan avait par avance rejetée. Ce refus aurait pu justifier sa mise en détention immédiate. Selon son avocat, Me François Roux, José Bové a indiqué qu’il acceptait un aménagement de sa peine, qui pourrait prendre la forme de "jours amendes". La juge l’a convoqué le 10 décembre, pour un débat contradictoire avec le procureur.

cactus pubis

samedi 24 novembre 2007

Au poil !

Un cactus sur lequel poussent des poils pubiens ?

Voilà qui ne manque pas de piquant. Cette œuvre conçue par Laura Cinti est l’une des pièces phares du Festival international des sciences d’Edimbourg, en Ecosse. Pour réaliser The Cactus Project, l’artiste “transgénique” dit avoir introduit du matériel génétique humain dans le génome d’une cactée.

En 2000, l’artiste brésilien Eduardo Kac avait déjà exposé un lapin transgénique vert fluorescent, doté d’un gène de méduse. Si le directeur du Scottish Arts Council – l’ancien évêque d’Edimbourg – a quelques réserves en ce qui concerne la manipulation d’animaux, l’œuvre de Laura Cinti ne lui pose pas de problème éthique. “Faire pousser des poils pubiens sur un cactus ne fait de mal à personne”, estime-t-il.

courrierinternational