Le merle moqueur (ou dissertations autour des frasques sarkozystes...)

reçu de Françoise
samedi 28 avril 2007
popularité : 2%

par William, Marc et Chantal
(25 avril 2007)

Dans le journal gratuit "20 minutes" du 16 avril, figure une interview de Nicolas Sarkozy. Entre autres sujets, il y parle de l’université et prend pour exemple de filière inutile, et qui ne devrait plus être prise en charge par les fonds publics, l’enseignement de la "littérature ancienne" : "Le contribuable n’a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne si au bout il y a 1 000 étudiants pour deux postes. L’Etat financera davantage de places dans les filières qui proposent des emplois que dans des filières où on a 5 000 étudiants pour 250 emplois. Les universités auront davantage d’argent pour créer des filières dans l’informatique, dans les mathématiques, dans les sciences économiques. Le plaisir de la connaissance est formidable, mais l’Etat doit se préoccuper d’abord de la réussite professionnelle des jeunes."

William

No comment.
On sait dans quel monde on vit. L’état n’a pas à apprendre à ses jeunes à penser, mais à produire. Les cultiver ? Pouah ! Mais vous voulez faire quoi de nos jeunes ? Des femmes et des hommes cultivés, voire libres ? Mais atterrissez, que diable ! Revenez aux réalités ! C’est fini, les errements du passé ! Le monde avance, la France bouge ! Nous sommes entrés dans la modernité ! Il faut que nos jeunes soient PRO-DUC-TIFS ! Que notre enseignement soit efficace, que nos investissements rapportent, que le règne de l’euro vienne !
Il y aura peut-être un jour ou l’autre des dégâts collatéraux, une tuerie par exemple dans une université quelconque... ou dans un IUFM... (J’ai des idées sur la localisation, si on en manque...) Mais baste ! On ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs ! (persiste et signe : je sais quels oeufs casser !)
Savoir quelle sera la prochaine reine-pondeuse (ou roi-pondeur, même combat !) n’est pas un suspense, le seul problème est de savoir s’il restera assez d’êtres libres pour foutre un magistral coup de pied dans la fourmilière, et quand.

C’est mal parti, très, très mal parti.
Nous allons, de plus, à partir de fin juin, connaître cet épisode exaltant qu’on nomme "état de grâce". Ça dure dans les trois cents jours, d’après Mitterrand, parfois plus, parfois moins mais toujours trop.
Vivement le printemps, l’autre, le suivant...
...à moins qu’aucun être libre ne se soit révélé d’ici là. Pour ce qui me concerne, j’ai fait ressemeler mes godasses, je suis prêt. Et pas pour être un godillot, je vous le dis !
Je ne sais pas si c’est lié à l’effet de serre, mais j’étouffe, moi, ces temps-ci !
Heureusement, il me reste mon potager, et les merles qui ont l’air de se foutre de ma gueule dans le grand cèdre, chose dont je les remercie. Eux sont libres, semble-t-il, et à un point tel que j’ai parfois envie de monter dans le grand cèdre, comme le fait mon chat, non pour les pourchasser mais pour siffler avec eux tandis que la merlette se laisse désirer, perchée au bout de la branche... (ouh ! Il fait chaud ! Sais pas si c’est l’effet de serre...)
Mais il faut bien que j’assume mon appartenance à mon espèce, même si c’est une espèce de cons.
(Chaque fois que j’emploie ce mot, et je ne m’en prive pas, c’est toujours avec un peu de remords, et je pense à cette chanson de Brassens : celui qui a inventé cette insulte en était un fameux...
"Tendre corps féminin...")

Bon ! Tout ça pour encourager : pas de désespérance... On finira bien, au fond de l’abîme, par trouver le terrain solide dans lequel donner le coup de talon qui nous fera remonter.

Bien à vous

Marc

Sale temps tout de même pour les merles siffleurs ! Sifflent trop, sont trop volages ! Trop libres, là-haut sur leurs branches ! Alors la chasse depuis longtemps ouverte au merle persiffleur, car ce n’est pas d’hier qu’on les zieute ces empêcheurs de dormir en rond, s’organise, se précise. Trop de gêne dans l’voisinnage ! Même que l’autre jour, un qu’essayait de compter ses sous y arrivait pas, tellement il en avait d’abord, de sous, mais tellement aussi les moqueurs le gênaient. Y’a ceux qui pensent que siffler comme ça pourrait bien être de l’ordre du gène, de l’inné, et qu’avec un bon encageage on en viendra à bout. Un grand filet au-dessus du grand cèdre, et hop, les emplumés au mitard ! Se débattront bien un peu, donneront du bec, criailleront, y laisseront des plumes, des tas de plumes - bien fait, ça servira - et puis, clic clac, tranquilles. Ouf ! Pourront enfin les compter et recompter leurs sous et ronfler sur leurs paillasses si bien rembourrées des plumes piquées aux emplumés. Y’a en d’autres qui voudraient apprendre aux siffleurs à siffler en rond. C’est vrai quoi, vous avez remarqué aussi que ces merles-là n’ont rien des pigeons ou des coucous. C’est fou comme ça peut discorder une bande de merles et de merlettes. C’est chiant ! Sans rire, on peut pas rester sous le grand cèdre à compter et recompter ses sous sans recevoir des fientes sur nos beaux habits de ministres et nos belles robes roses. Les perroquets. Ah les perroquets ! Si tous ces zoiseaux pouvaient être comme eux, la chaîne à la patte sur leur perchoir, l’oeil rond, répétant, et seulement quand on leur demande ou quand on leur lance une cacahuète, ce qu’on veut entendre."Merci patron. Merci patron. Merci patron..." Ils sont même un peu drôles les bougres. Pathétiques. Tiens, c’est une idée ça, on va leur envoyer nos meilleurs perroquets pour leur faire la juste leçon. C’est ce que d’autres pensent.

En attendant, ils voient venir le coup, les zoizeaux siffleurs ! Le filet, la cage ou la leçon de chant obligatoire à l’insu de leur plein gré. Sont mal les zoizeaux ! Piégés ! Et en plus on leur demande de choisir ! Pondent des déclarations solennelles, tiennent de longs discours, sifflent à qui mieux mieux*. Qui pour la cage, au moins ce sera clair, et si on commence par les merles d’autres zoizeaux suivront ( z’ont déjà commencé avec les zoizeaux des îles et on a bien vu qu’ils ont eu tout de même pas mal de fil de fer barbelé à retordre, pas si simple d’encager, de karchériser, de chartériser, ça solidarise le peuple des emplumés ), qui pour la chaîne à la patte et le juste perchoir, dans le fond on aura notre cacahuète, et notre mot à dire. Toujours le même ? Oui, c’est vrai, mais on pourra siffler encore un peu... Siffler juste, avec ordre... Finies les parties de plumes en l’air avec la merlette...

Ah zut ! Quel air va-t-on siffler en mai ?
Sont mal barrés les merles moqueurs !

Chantal ,

une merlette qui ne sait plus à quelle branche se vouer...
Merle alors !

* Et comme le dit Queneau :

"L’oiseau cru fait cui-cui
L’oiseau cuit
Ne le fait plus "

Cuit ! Cuit ! ...

source : motstocsin.autonomie.org


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