Quel nom leur donner ?....

samedi 2 juin 2007
par  Patrick Mignard
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"Dis madame, je suis en prison ?..... je veux aller à l’école........on restera là longtemps ?"

QUEL NOM LEUR DONNER ?....

Lorsque "au parloir" du Centre de Rétention Administrative du Canet à Marseille, des responsables du Réseau Education Sans Frontière et de la Ligue des Droits de l’Homme entendent une enfant de 8 ans, leur poser ces questions dans cet univers d’enfermement, elles disent leur révolte et leur volonté de rendre cette enfant à la liberté et à son école. Mais qu’en pensent les individus qui gardent cet enfant en prison avec toute sa famille ?

Qu’en pensent gendarmes et policiers dans leurs uniformes rutilants et sûrs de représenter, dans leurs fonctions, les valeurs de la République ?

Ce sont des êtres humains et qui revendiquent à juste titre cette qualité, ce sont des hommes et des femmes assurément bons pères et bonnes mères de famille qui une fois leur service terminé rentrent chez eux ; mangent la soupe avec leur famille, amènent leurs enfants à l’école ou au sport ; leur transmettent les valeurs de la République, vont pour certains à la messe le dimanche et même à confesse.

Oh je sais bien va-t-on me rétorquer : « Ce sont des fonctionnaires qui agissent en fonction de la loi, de procédures administratives rigoureuses, de décisions prises par un pouvoir à légitimité démocratique,… ». Mais la plupart, sinon tous, les actes sordides dans l’Histoire se sont fait avec la meilleure intention qui avait pour fondement, Dieu, la Patrie, la République, le Peuple,… Faut-il donner des exemples ?

Mais va-t-on me dire : « Le métier de policier et de gendarme est un métier difficile » Ca, je veux bien le croire, je dirais même, dans ces conditions, impossible,… mais est ce une raison suffisante pour faire et/ou cautionner des saloperies ? Est-ce une excuse ?

Une saloperie reste une saloperie même, et surtout, si la légitimité qui la fonde s’appelle « le peuple ».

Mais l’individu lui, dans sa personne, dans sa conscience à quoi pense-t-il ? Et d’abord pense-t-il ? et si oui à quoi ? Au sens de ce qu’il fait ? Ca ce n’est pas possible sinon il ne le ferai pas. Alors à quoi ?

Par un processus mystérieux et incompréhensible à mes yeux, il a déconnecté le sens de l’acte qu’ils commettent avec l’acte lui-même. L’acte n’a de sens qu’au travers de la procédure administrative qui le commande. Le sens de la vie ne peut-être qu’administratif ( ?). C’est un parfait instrument, un outil… en effet, le fusil ou la hache ne se posent aucune question quant à la fonction dans laquelle ils sont utilisés.

Se peut-il que ; quand on endosse son uniforme, on fasse un trait sur toute humanité et que l’on ne devienne qu’un rouage d’un processus administratif qui broie ses semblables ?… Il semble bien que ce soit le cas et même que ce soit une règle générale.

Comment peut-on qualifier les individus qui acceptent de cautionner de tels actes ? Des salauds ?, des lâches ?… Je crains que ce ne soient pas les bons termes car il n’y a chez eu aucune intention mauvaise, aucun remord, aucune intention perverse ou maligne… ils sont seulement des instruments…. Et, en guise de défense lorsqu’un jour des comptes leurs sont demandés ils revendiquent cet état : « Je n’ai fais qu’obéir aux ordres ! ». Alors ? Instruments ou êtres humains, conscients ou inconscients ? Je ne voudrais pas être à leur place.

L’image de la police et de la gendarmerie, et donc de notre société, déjà souillée du sang d’innombrables victimes est entrain de compléter l’étalage de ses « décorations » avec les larmes de peur de cet enfant.

Patrick MIGNARD
Toulouse mai 2007



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Brèves

Sans papiers

mardi 3 juillet 2007

Selon le quotidien O Globo, les autorités brésiliennes ont infligé une amende à la compagnie Alitalia pour avoir transporté deux voyageurs sans papiers, arrivés à Sao Paolo le 9 mai dernier.

Le premier, connu sous le nom de Benoît XVI, s’appelle Joseph Ratzinger.
Le second, Tarcisio Bertone, est secrétaire d’Etat du Vatican.
Ni l’un ni l’autre n’avait songé à emporter son passeport.
O Globo ne précise pas si les deux clients d’Alitalia avaient subi le contrôle de sécurité au départ de Rome.

Les photos montrent pourtant, très distinctement, un objet métallique assez volumineux, en forme de croix, sur la poitrine de l’un et de l’autre.
Il serait étonnant qu’à leur passage le portique n’ait pas sonné.
A-t-on procédé alors à une fouille manuelle ?
Les longues robes des deux voyageurs - blanche pour le premier, noire avec une ceinture rouge pour le deuxième - devaient bien cacher quelque livre subversif.

Peut-être même le plus subversif de tous : celui qui invite à aimer ses ennemis, tendre l’autre joue et accueillir l’étranger, même sans papiers.

Transmis par Linsay

rougemidi.org

Martin Hirsch a des absences...

mercredi 27 juin 2007

Reçu de Daniel Deriot

Mercredi après midi, près d’une centaine de familles de mal logés de PARIS ont envahi un amphithéatre du Conservatoire National des Arts et Métiers,ou se déroulait un colloque intitulé "travailleurs pauvres et action sociale : nouvelle question sociale ? de l’impensé vers l’action..."Le Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, M.Martin HIRSCH aurait dû conclure cette rencontre, mais il ne s’est pas déplacé.

Alors que se terminait le quatrième mini forum de ce colloque organisé par l’École Supérieure de travail Social de PARIS, près d’une centaine de familles ont envahi un amphithéatre du C.N.AM (Paris 3éme) et ont déployé une banderole sur laquelle l’on pouvait lire "Mal logés en colère, non aux expulsions ". Les manifestants souhaitaient attirer l’attention de M.HIRSCH qui n’est autre que l’ancien président d’EMMAUS FRANCE sur les conditions de logement que rencontrent un nombre croissant d’habitants de l’Ile de France.

Le tout nouveau haut Commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté ne s’est pas déplacé, il devait conclure ce colloque de deux jours qui a regroupé des étudiants, des chercheurs et acteurs de l’action sociale autour des thèmes de la nouvelle pauvreté, de la valeur travail et de la construction du lien social... Les participants ont néanmoins mis à profit la fin de ces deux jours pour nouer des liens avec les familles en difficultés qui entendaient faire droit à leurs revendications avec une certaine détermination.