L’arnaque du bitume

samedi 1er juillet 2017
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Par Emmanuel Lévy

Pris la main dans votre portefeuille ! Cette fois, les concessionnaires des autoroutes ont été flashés en flagrant délit de tentative de dépouillement des automobilistes. Les sept avis rendus par l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) relatifs au 3ème plan de relance autoroutier mis en chantier en juillet dernier sonnent comme autant de réquisitoires.

Selon le régulateur, les augmentations de tarif des péages (0,25 % par an entre 2019 et 2021), prévues pour compenser l’effort d’investissement de 800 millions d’euros des émirs du bitume, « excèdent le juste niveau qu’il serait légitime de faire supporter aux usagers ». En langage moins pudique ? Il y aurait comme une arnaque. Enfin, une de plus. Non contents d’avoir acquis à vil prix les autoroutes, 15 milliards d’euros en 2005, et de s’être déjà remboursés en moins de sept ans, puis d’avoir obtenu la prorogation de trois ans et demi en moyenne de leurs concessions, Vinci, Eiffage et les autres jouent à plein sur les deux autres leviers disponibles : la hausse des péages et les chantiers dont ils se trouvent, comme entreprises de BTP, être les principaux bénéficiaires.

Sur les 803,5 millions d’euros d’investissements envisagés, seulement 54 % pourraient être considérés comme justifiés. Pour 23 des 57 ouvrages programmés, l’arnaque est constatée : ils « correspondent à des obligations déjà prévues dans les contrats ». Autrement dit, déjà payés par les usagers. Pour d’autres encore, il n’est « pas établi qu’ils sont strictement nécessaires ou utiles à l’exploitation de l’autoroute ». Ainsi du diffuseur de la jonction Est sur l’A61 vers Toulouse : selon les études mêmes du concessionnaire, cet échangeur « augmente le taux de congestion de 10 % environ ». Ailleurs, ce sont les surcoûts (jusqu’à 30 %) des chantiers qui sont pointés. Exemple ? Le projet de diffuseur sur l’A62 à hauteur d’Agen. Dans ce cas précis, le régulateur s’interroge malicieusement sur le prix étonnant d’acquisition du foncier. S’agit-il de récompenser des amis, inspirés d’avoir récemment acheté quelques hectares aux abords du futur chantier ?

Plus fort encore : des surcoûts de 200 %. Est-ce pour faire plaisir à BlaBlaCar que presque tous les concessionnaires envisageaient la construction de parkings de covoiturage ? On n’en saura rien. Mais voilà un petit programme qui, sous couvert de modernité, peut rapporter plein de sous, jusqu’à 9 000 euros le prix unitaire de ces places, quand il n’en coûte en réalité qu’entre 3 000 et 4 000 euros pour de tels équipements… Ce pavé dans la mare changera-t-il quelque chose ? À court terme, oui. S’ils veulent conserver les augmentations des péages de 2019 à 2021, les autoroutiers devront revoir leur copie.

Pas vraiment un problème : ils ont plusieurs centaines d’autres projets à proposer. À long terme, non. Les précédents rapports de la Cour des comptes, comme ceux de l’Autorité de la concurrence, qui ont tous conclu dans ce sens, sont restés lettre morte.

Marianne N° 1057 du 23 juin 2017


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Brèves

Création d’un site d’intérêt général...

mardi 11 mars 2008

combat-monsanto.org

Pour que le monde de Monsanto ne devienne jamais le nôtre !

Ce site a pour vocation de relayer et de diffuser les informations
révélées par l’enquête de Marie-Monique Robin. Il comporte trois
entrées principales.
- "les résistances" : un ensemble d’actions passées, présentes ou à
venir, pour éviter que le monde de Monsanto ne devienne le notre.
Cette rubrique vous permettra de connaitre les actions auxquelles vous
pouvez vous joindre.
- "le système Monsanto" : les méthodes utilisées par Monsanto pour
imposer ses produits.
- "les produits" : Chaque fiche résume l’histoire d’un produit phare de
Monsanto.

Le Collectif des Faucheurs Volontaires Rhône-Loire

Dépêche Agence Romaine de Presse...

mercredi 31 octobre 2007

URGENT

Selon une dépêche de l’ARP (*), un bébé, prénommé Jésus, qui tentait d’entrer en Egypte en compagnie d’une femme et d’un homme, Marie et Joseph, qui disaient être ses parents, a été refoulé par les services d’immigration, un test ADN ayant révélé que Joseph, l’homme qui prétendait être le père du petit Jésus, n’était pas son père biologique.

(*) Agence Romaine de Presse, an 753 A.U.C.