Nicolas Hulot sacrifie notre santé aux lobbies

mardi 15 août 2017
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Depuis l’installation de notre gouvernement, voici la première décision, en matière d’écologie et de santé, du numéro 3 du gouvernement, Nicolas Hulot. Cette décision condamne 10 ans de lutte au niveau européen, et montre à quel point notre ministre de la Transition écologique et solidaire est main dans la main avec les lobbies de l’industrie chimique.

Un petit mot sur les perturbateurs endocriniens (PE) : ce sont des molécules que l’on retrouve un peu partout dans notre environnement, comme les cosmétiques, les retardateurs de flamme, les pesticides... Elles perturbent notre fonctionnement hormonal, et peuvent générer de belles joyeusetés, comme : Les cancers hormono-dépendants : sein, testicule, prostate. La diminution de notre fertilité : les études sont claires sur la diminution de la quantité de spermatozoïdes dans un volume de sperme, singulièrement chez les Occidentaux. Des malformations fœtales, dont les naissances intersexuées : sur 785 000 naissances en France en 2016, on compte 4 000 naissances avec ambigüité sexuelle. Toutes ne sont pas causées par les PE, cependant le nombre est important. Des perturbations cognitives, dont la baisse du QI constatée chez les jeunes Européens.

Ces molécules ont un coût en santé : d’après Le Monde, cela coûterait, sur l’Union Européenne, 154 milliards d’euros par an. Contrairement à d’autres toxiques, il n’y a pas d’effet-dose : la simple exposition donne le risque. Et l’exposition est encore plus grande à ces moments clés de l’existence : grossesse, nourrisson en bas âge, puberté. Il n’y a donc pas de dose minimale, contrairement à ce que prétendent Nicolas Hulot et la Commission Européenne. S’y ajoute un effet-cocktail de ces substances : elles peuvent additionner leurs effets, se potentialiser. À propos de l’Europe : en 2009, le Parlement Européen veut interdire l’usage des pesticides PE.

Au niveau des décideurs, nous avons la direction européenne de l’Environnement, réputée peu sensible aux lobbies, et la direction européenne de la Santé, sorte de main courante du capitalisme le plus débridé. Au niveau des lobbies, nous avons les groupes écologistes, associations environnementales, défendant la position suivante : on doit classer les PE comme dans la classification internationale de la recherche sur le cancer, émanation de l’OMS. Nous avons aussi les lobbies de l’industrie chimique, qui souhaitent durcir les critères scientifiques de définition des PE, en particulier sur les mécanismes causaux, afin d’établir une liste minimale. C’est la position de l’Allemagne, qui entend protéger son industrie chimique, avec BASF, leader mondial, au chiffre d’affaires plus important que l’association Monsanto + Bayer, autre entreprise allemande.

Jusqu’à présent, les défenseurs gouvernementaux de la première option étaient plus nombreux, avec en première ligne les Suédois, les Danois, et les Français. Le revirement de la position française, par Nicolas Hulot, montre à quel point ce dernier s’est rangé, au niveau de l’UE, derrière les lobbies chimiques. Ainsi, les pesticides, dont le mode d’action est justement de perturber le fonctionnement hormonal des espèces qu’ils visent (herbes ou insectes), ne peuvent plus être considérés comme des PE. Ségolène Royal s’était toujours opposée à la signature de ce texte. Alors, Nicolas Hulot, où est-elle, votre avancée colossale ? Même votre Fondation, la Fondation pour la Nature et l’Homme, s’étonne de la signature de ce texte, renvoyant aux oubliettes les années de lutte contre l’utilisation de produits chimiques dangereux pour la santé. Espérons que les députés européens auront le courage d’inclure les pesticides comme PE dans le texte qu’ils voteront.

De toute cette affaire, nous ne retiendrons que la capitulation de Nicolas Hulot, le 4 juillet dernier, devant les puissants lobbies de l’industrie chimique européenne, essentiellement germanique. Capitulation qui se résume à : Une définition laxiste de ces substances chimiquement dangereuses. Un revirement de majorité à la Commission européenne, par le revirement français. Un niveau exigé de preuves de perturbation endocrinienne bien trop élevé, niveau jamais exigé pour d’autres molécules comme les mutagènes, les cancérogènes, ou les reprotoxiques. La France expose ainsi la santé des Européens, santé fragilisée par l’utilisation de molécules ubiquitaires et responsables de graves troubles de santé décrits dans la littérature médicale.

Quand on vous disait que Nicolas Hulot ne pourrait rien faire, c’est pire que cela : il se positionne ainsi en anti-écologiste. Il est vrai qu’on sait qui finance sa Fondation…

Dr Bruno Bourgeon, président de l’Association Initiatives Dionysiennes
Dr Philippe de Chazournes, président de l’Association Med’Océan
Dr Olivier Heye, président de l’Association Réunionnaise Médicale Santé Environnement

aid97400.lautre.net


Commentaires

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Nicolas Hulot sacrifie notre santé aux lobbies
mercredi 16 août 2017 à 09h33 - par  Roland M___

Il ne fallait pas attendre autre chose de ce pantin alibi, rejoignant le fondé de pouvoir de Gattaz. Quand on a une fondation financée par des grosses firmes, on ne se bat pas beaucoup ...

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