L’ambroisie, un petit goût d’immortalité...

mardi 19 septembre 2017
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Par Yves Paccalet

Chez les anciens Grecs, l’ambroisie (ambrosios) était la nourriture (ou la boisson) des dieux, autrement dit le nectar de l’immortalité. Pour le botaniste, l’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia) désigne une plante de la famille des astéracées (composées), aux feuilles très découpées (vertes sur les deux faces, au contraire de celles de l’armoise) et aux épis faits de petits capitules eux-mêmes riches de minuscules fleurs verdâtres.

Aux yeux de l’écologiste et du médecin, l’ambroisie peut poser problème. Cette espèce, native de l’Amérique du Nord, a été introduite en Europe à partir du XIXème siècle. Elle colonise certains milieux aux dépens des espèces indigènes. Or, son pollen, répandu essentiellement à la fin août et en septembre, est extrêmement allergisant : rhinites, conjonctivites, bronchites, asthme en sont la conséquence, parfois grave chez les sujets les plus sensibles. J’ignorais jusqu’à quelle altitude pousse l’ambroisie. J’ai la réponse : au moins 1 300 mètres, puisque je viens d’en observer un plant... dans une plate-bande de fleurs de ma maison, au hameau savoyard dans lequel je vis. J’ai vite identifié l’espèce, je l’ai laissée fleurir, je viens d’assassiner mon exemplaire à contre-coeur, avant qu’il ne disperse son pollen jusque dans le nez et la gorge de l’une ou de l’un de mes concitoyens.

Comment cette plante est-elle arrivée chez moi ? Je ne l’ai évidemment pas semée ou transplantée de façon volontaire. Dans la plate-bande où elle a germé, poussé et grandi (1 mètre de hauteur à l’âge adulte), j’ai installé l’automne dernier deux rosiers qui avaient peut-être emporté, avec la terre de leur pot, quelques graines d’ambroisie dont une fut fertile... À moins que le véhicule de la semence n’ait été le vent, un oiseau, un autre animal, la semelle de mes chaussures, que sais-je ? Je suis à la fois ravi et inquiet de cette découverte. Qui, parmi mes lecteurs, a déjà vu l’ambroisie croître à quelque 1 300 mètres d’altitude ? Cette espèce botanique se plaît en plaine ou sur les collines, notamment de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Sa migration vers le haut marque-t-elle une nouvelle étape de sa conquête, dont l’homme fut l’initiateur, mais qui pourrait être désormais favorisée par le réchauffement climatique ?

Tandis que je réfléchis à tout cela, je me concocte une petite tisane à base d’herbe de l’immortalité, que je siroterai avec Zeus ou Hermès. Mieux : avec Athéna ou Aphrodite. J’envoie tout de suite ma demande de rendez-vous !

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