L’herbe à poux

jeudi 28 septembre 2017
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C’est le cauchemar des allergiques : l’ambroisie. Cette mauvaise herbe qui ne ressemble à rien et qu’on appelle aussi « herbe à poux », est une véritable bombe allergène. Cinq grains de pollen suffisent à vous mettre les sinus patraques avec en prime des maux de tête.

Le plus irritant, c’est que l’ampleur de cette malédiction, qui frappe près de 10 % des Français est en partie due à l’agriculture intensive. Tout commence par une chouette invention des semenciers : les VRTH, pour « variétés rendues tolérantes aux herbicides ». Avec un champ planté en VRTH, plus aucune raison d’y aller mollo sur le pulvérisateur. L’agriculteur peut se lâcher sans crainte de tuer son colza ou son tournesol en même temps que les mauvaises herbes. Sauf qu’à force de récurer la terre comme un sou neuf, il se crée des résistances. C’est ce qui s’est passé avec l’ambroisie.

Fâcheux, vu qu’en France, on estime que les cultures VRTH s’étendent sur plus de 200 000 hectares. Et, comme si cela ne suffisait pas, une partie des VRTH sont aussi des OGM cachés ! Bruxelles les considère bien comme des organismes génétiquement modifiés mais les a exemptés de toute contrainte réglementaire, sous prétexte que la technique de reproduction génétique utilisée ne fait qu’accélérer la mutation naturelle. Résultat : pas besoin d’établir de coûteux dossiers d’évaluation ni de dire précisément où ils ont été plantés et, encore moins, de les signaler sur l’étiquette.

Pour mettre fin à ce passe-droit, un collectif d’ONG écolos a saisi, en mars 2015, le Conseil d’État, lequel a refilé l’urticant dossier à la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE). Les auditions débutent le 3 octobre devant la CJUE, qui rendra sa copie d’ici six mois. Branle-bas de combat chez les semenciers, qui veulent non seulement que leurs OGM cachés le restent, mais aussi étendre cette cape d’invisibilité aux toutes dernières techniques de tripatouillage génétique, les NBT. Un plan que les juges européens pourraient bien contrarier.

Pour parer le coup, les Pays-Bas, fer de lance de l’agrochimie, viennent de proposer de réécrire la directive sur les OGM mise en place il y a seize ans. Ils cherchent certainement à rendre Bruxelles bio résistant aux ONG !

Le Canard Enchaîné N° 5057 du 27 septembre 2017


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Brèves

Nouvelle convocation José Bové au tribunal d’instance

samedi 8 décembre 2007

Reçu du "Collectif des faucheurs Volontaires Rhône-Loire"

José se retrouve à nouveau devant la JAP lundi 10 décembre au matin, il faut à nouveau tous être présents pour soutenir la fin de toutes les condamnations contre les militants anti-OGM.

RAPPEL :

Lundi 12 novembre, José Bové est ressorti libre du bureau de la juge d’application des peines du tribunal de Millau. La magistrate et le porte-parole des Faucheurs volontaires ont discuté de la façon dont celui-ci pourrait accomplir la peine que lui a infligée la cour d’appel de Toulouse le 15 novembre 2005 : quatre mois de prison ferme, en tant que récidiviste, pour avoir participé au fauchage d’un champ de maïs transgénique le 25 juillet 2004 à Menville (Haute-Garonne).

En droit, la juge pouvait placer M. Bové sous bracelet électronique, mesure que le leader paysan avait par avance rejetée. Ce refus aurait pu justifier sa mise en détention immédiate. Selon son avocat, Me François Roux, José Bové a indiqué qu’il acceptait un aménagement de sa peine, qui pourrait prendre la forme de "jours amendes". La juge l’a convoqué le 10 décembre, pour un débat contradictoire avec le procureur.

cactus pubis

samedi 24 novembre 2007

Au poil !

Un cactus sur lequel poussent des poils pubiens ?

Voilà qui ne manque pas de piquant. Cette œuvre conçue par Laura Cinti est l’une des pièces phares du Festival international des sciences d’Edimbourg, en Ecosse. Pour réaliser The Cactus Project, l’artiste “transgénique” dit avoir introduit du matériel génétique humain dans le génome d’une cactée.

En 2000, l’artiste brésilien Eduardo Kac avait déjà exposé un lapin transgénique vert fluorescent, doté d’un gène de méduse. Si le directeur du Scottish Arts Council – l’ancien évêque d’Edimbourg – a quelques réserves en ce qui concerne la manipulation d’animaux, l’œuvre de Laura Cinti ne lui pose pas de problème éthique. “Faire pousser des poils pubiens sur un cactus ne fait de mal à personne”, estime-t-il.

courrierinternational