Coût du travail ou coût du capital ?

vendredi 13 octobre 2017
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Par Jean Pierre Acasoca

Le « coût » du travail est placé au premier rang des causes des difficultés des entreprises françaises. Mais qu’en est-il ? Dans l’UE, il était, en 2011, pour les entreprises de plus de 10 salariés de 23,1 euros de l’heure, avec de fortes disparités : de 3,5 euros en Bulgarie à 44,2 en Norvège. Avec 34,2 euros de l’heure en moyenne, la France est dans le groupe de pays au « coût » élevé. Mais la part de ce « coût » dans le prix du produit fini est souvent faible. Dans l’automobile la part du « coût » salarial dans le prix d’un véhicule pour l’entreprise qui l’assemble et le commercialise est de moins de 10 %.

En ce qui concerne la productivité, la France se situe dans le peloton de tête au niveau mondial. Avec des salariés qui rapportent 54,8 euros/heure la France est loin devant la moyenne européenne de 43,9 euros/heure… et devant l’Allemagne (53,4 euros/heure). Loin d’être un « coût », les salariés sont surtout une manne bien profitable… La démocratie ne doit pas s’arrêter à la porte des entreprises. Exigeons l’ouverture des livres de compte. Les richesses, c’est nous qui les produisons. Quand un patron dit qu’il est pris à la gorge, quel moyen avons-nous de savoir s’il dit la vérité ? L’ouverture des livres de comptes des entreprises est le seul moyen de contrôle. C’est la rapacité patronale et les plans d’austérité du gouvernement qu’il faut combattre. D’autant qu’il n’y a aucune fatalité. De l’argent, il y en a, comme en témoigne le CAC 40. Des richesses accumulées aussi : le PIB de la France est deux fois plus élevé qu’il y a quarante ans. Mais depuis, les inégalités ont aussi considérablement augmenté, pour ne pas dire explosé !

Ras le bol de ces discours pro-Patron, pro-Capital. Ce n’est pas le CDI qui est rigide mais les profits que veulent faire les Actionnaires, véritables parasites de notre société. Car les seuls qui ne veulent pas entendre parler de sacrifices, qui ne veulent faire aucune concession et remettre en cause leurs « acquis et autres avantages » ce sont eux. Pendant que la propagande gouvernementale et médiatique désigne à la vindicte populaire les « avantages » de certains salariés, chômeurs ou fonctionnaires, les véritables assistés continuent de faire main basse sur notre travail et les richesses du pays qui disparaissent via des montages financiers dans les paradis fiscaux dont on nous dit qu’ils n’existent plus ! Ce qu’il faut faire, c’est diminuer le temps de travail sans diminuer le salaire afin que plus de personnes puissent trouver un emploi. Une 6ème semaine de congés payés voire 8 semaines ainsi qu’une durée de travail de 30h/semaine seraient un bon début. En fait il faudrait que le travail disponible soit réparti entre tous les ouvriers existants, cette répartition déterminant la longueur de la semaine de travail.

Il y en a marre de ces patrons de grosses boites et de ces actionnaires qui volent l’argent durement gagné par les salariés. Les charges sont soi-disant trop importantes mais il ne faut pas oublier que ce sont des cotisations sociales qui permettent à notre système social de continuer à fonctionner. Ces cotisations sont notre salaire différé, c’est une véritable avancée sociale, nous le supprimer, c’est nous amputer de notre avenir, c’est nous livrer pieds et poings liés aux assurances et aux marchés financiers ! Si on arrêtait de donner de l’argent au Medef, premier assisté de France, on trouverait de l’argent pour financer tout ce dont on a besoin. La priorité, aujourd’hui, c’est de faire passer en tête les intérêts des salariés au détriment de ceux des actionnaires et du patronat.

Le seul but de l’activité économique devrait être de satisfaire les besoins de chaque membre de la communauté, pas de créer des profits à gogos et des dividendes pour les actionnaires ; au final même la création d’emploi devrait passer au second plan, ce qui prime c’est que chacun puisse vivre dignement et envisager sereinement l’avenir de ses enfants.

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Brèves

HLM, des locataires blindés

jeudi 2 décembre 2010

Plus de 50.000 familles parmi les plus riches de France bénéficient d’un logement HLM.

Fin 2007, quelque 53 000 familles parmi les plus fortunées de France étaient logées en HLM, selon des chiffres de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, révélés par La Tribune. (Mais ne vous précipitez pas sur le lien : l’article est payant bien sûr ! Ces gens-là ont investi le net seulement pour faire de l’argent) 37 000 familles logent en Ile-de-France, dont 18 000 à Paris, et 15 000 en province. Elles gagnent 11 200 euros par mois avec un enfant ou 13 500 euros par mois avec deux enfants.

bakchich.info