Stop aux expulsions

par Françoise Galland
mercredi 20 septembre 2006
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Pour le respect du droit de vivre en famille

L’immense mobilisation autour des enfants de sans-papiers a révélé aux yeux de tous l’ampleur de la tragédie dans laquelle se retrouve nombre de familles, mais aussi de déboutés du droit d’asile, de femmes séparées de leurs conjoints, de malades à qui désormais l’on refuse une carte de séjour. Leur crime ? Ne pas entrer dans les critères de régularisation. Toutes ces personnes, qui vivent au jour le jour dans la crainte permanente d’une interpellation et d’une reconduite à la frontière, sont la proie des trafiquants de main d’œuvre et des marchands de sommeil.

Face aux menaces qui pèsent sur ces familles, les élu(e)s du XXe ont décidé de tout mettre en œuvre pour les protéger et de faire un geste symbolique : c’est ainsi, à la demande du Réseau Education Sans Frontières, que ce sont organisés les parrainages républicains des enfants.

Ces cérémonies ont eu un succès considérable. Commencées le 1er février 2006, elles ont connu un regain en juin (le 28, NDLR). En effet, la fin de l’année scolaire fait redouter un surcroît d’expulsions, dans le silence des grandes vacances. De nombreux parents avaient alors proposé d’inviter des familles sans-papiers à passer les congés avec eux. « Une idée généreuse, mais qui isole plus encore ceux qui restent », faisaient remarquer les résidents et leur famille des Hôtels Réunis, toujours en attente de régularisation. De leur côté, les élu(e)s de la mairie du XXe décidaient de coupler la « permanence sinistre » avec une «  permanence de veille des sans-papiers » (ce qui a été fait également au niveau de la Ville de Paris, NDLR). La rentrée scolaire a lancé un nouveau coup d’envoi aux parrainages, et le 14 septembre, ce sont plus de cent familles qui se sont présentées avec parrains et marraines.

En effet, la circulaire du 13 juin ouvrant une possibilité de régularisation pour certains, s’est soldée par un refus pour plus des trois quart des demandeurs ! Et singulièrement ceux qui ont déposé leur dossier dans les dernières semaines ! Comment ne pas y voir un détestable arbitraire préfectoral, suite aux déclarations du ministre l’Intérieur. (Au plan national, Les Verts ont réagi par voie de communiqué, NDLR).

Cette situation est la conséquence directe des lois et circulaires gouvernementales : la dernière loi de Nicolas Sarkozy, dite loi Ceseda (Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile), reconnaît l’inéluctabilité du phénomène migratoire. Mais, doté d’une compréhension à courte vue (le regard sans doute fixé sur la présidentielle) , il veut « choisir » entre bons et mauvais étrangers. Les « bons », et c’est ainsi que s’est imposée l’image de l’informaticien indien, ce sont les étrangers déjà diplômés, jeunes et en bonne santé, directement employables par l’économie française. Cette politique a provoqué une levée de boucliers jusque dans les rangs de la droite : pillage des forces vives du tiers-monde (qui provoquera de nouveaux flux migratoires), atteintes au droit de l’homme (suspicion sur les mariages dont les conjoints ne sont plus assurés de vivre dans le même pays, expulsion de familles entières, difficultés croissantes pour les malades de suivre leur traitements, etc.), précarisation des personnes installées durablement sur le territoire français, on n’en finit plus de citer les injustices et les drames qui en découlent. « On s’inquiète » - le mot est faible - de la société dans laquelle on voudrait nous faire vivre !

Pour les Verts, et espérons-le l’ensemble des forces politiques de Gauche (que faut-il penser des déclarations de certain(e)s présidentiables ?), ainsi que tout le secteur associatif se réclamant de la déclaration universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen, il s’agit aujourd’hui de tout faire pour renverser cette politique désastreuse et nuisible.

N.B.

- Françoise Galland, Les Verts, est Adjointe au Maire du 20e arrondissement de Paris, chargée de la Résorption de l’habitat insalubre et de la Lutte contre l’exclusion.
- Les différents liens ont été ajoutés par la rédaction de Altermonde-levillage.
- Le problème des Hôtels Réunis est très souvent évoqué tant dans le 20e arrondissement que lors de réunions parisiennes, car beaucoup d’enfants y résident encore (pour combien de temps, certaines familles ayant essuyé un refus dans le cadre de la circulaire et d’autres n’étant convoquées qu’en octobre ?)


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