La Mairie du 20e a organisé le 14 septembre sa 5ème cérémonie de Parrainage

par Danielle Simonnet
mercredi 20 septembre 2006
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La Mairie du 20e arrondissement a organisé jeudi 14 septembre dernier sa 5ème cérémonie de Parrainage républicain.

Les premières cérémonies de parrainage du début de l’année 2006 concernaient peu de personnes à la fois (2 lycéens Junior et Naboudou du 15 janvier, 4 familles du 1er février, 7 familles et 2 lycéennes du 31 mai). Tandis que le parrainage du 28 juin concernait 70 familles et celui de jeudi 14 septembre 110 familles.

Au fur et à mesure que l’été approchait, l’angoisse de l’exécution des menaces d’expulsion montait. La circulaire du 14 juin avait également suscité de très forts espoirs pour les familles désespérées qui avaient tant besoin de pouvoir s’accrocher à quelque chose. Si la mobilisation des habitants, parents d’élèves, membres de l’éducation nationale, militants de tout horizon n’a fait que croître, elle a également, et c’était son rôle, encouragé les premiers intéressés à se tourner vers elle pour y trouver protection et sortir de l’isolement.

Près de 200 familles ou jeunes majeurs sont aujourd’hui suivis et soutenus par des habitants du 20e organisés en comité, par des élu-e-s, des militant-e-s et des personnalités ! Quelle belle démonstration d’intégration citoyenne que toute cette mobilisation solidaire ! En tant qu’élu-e-s que l’on se sent politiquement utile dans ces circonstances : nous avons apporté notre soutien aux familles, notre soutien à la mobilisation populaire engagée, et notre dénonciation du caractère antirépublicain d’une loi. Mais quel triste constat toute cette souffrance subie par ces familles humiliées, niées, trahies, à qui on refuse une régularisation si légitime, à qui l’on promet une étude des dossiers sur critères (qui étaient loin d’être satisfaisants !), pour appliquer au final des quotas et le règne de l’arbitraire...

Cette cérémonie du 14 septembre était bien différente dans son atmosphère à celle du 28 juin. Le 28 juin, l’émotion de tous sentait la fierté et l’espoir que pour ces familles-là au moins, celles que nous parrainions, nous arriverions peut-être à obtenir les régularisations. Bien sûr, nous avons à chaque reprise répété aux familles que le document officiel du parrainage républicain n’avait aucune valeur légale. Mais tout de même, nous avons tous, parents d’élèves, élu-e-s, profs, militant-e-s, simples citoyen-ne-s, engagés toute notre énergie dans la volonté de gagner, fusse au cas par cas, la régularisation des familles et des jeunes majeurs.

Ce jeudi 14 septembre, l’émotion était également bien là. Mais bien plus tragique. Les lettres de refus n’ont cessé de pleuvoir dans les boîtes aux lettres du 20e comme d’ailleurs. Les dossiers de recours sont en train d’être réalisés. De manière tout aussi sérieuse que les dossiers déposés pendant l’été. Et pourtant. Que faut-il en espérer ?

Il est urgent de trouver d’autres modes d’action que les parrainages, qu’il faut tout de même poursuivre dans le même temps, pour relancer le combat. On ne se satisfera pas des 6924 régularisations annoncées par N. Sarkozy. Une régularisation massive et globale des sans papiers est urgente !

C’est bien des principes républicains essentiels que la politique de N. Sarkozy remet en cause au travers de ce sujet. Et hélas, la candidate autant pressentie que décrétée par les médias pour le contrer en 2007, Ségolène Royal, ne semble pas vouloir porter dans ce domaine une politique alternative. Elle s’est tour à tour prononcée contre les régulations massives, puis pour des régulations régulières sur critères économiques... jusqu’à proposer que cette étude des critères économiques justifiant les régularisations se fasse par région...

Il est nécessaire que l’ensemble de la gauche ne se laisse pas piéger par la droite qui aimerait bien déplacer l’enjeu des élections de 2007 sur le terrain des thèmes d’immigration pour y capter un électorat populaire par un discours ultra-sécuritaire. Pour autant, un discours clair, alternatif à celui prôné par la droite française sur « l’immigration choisie », « la politique des quotas » est plus que jamais nécessaire.

C’est au respect des droits de l’homme et du citoyen que toute politique d’asile doit d’abord répondre. Quand aux intérêts économiques si souvent invoqués, ils devraient faire référence à la lutte contre les inégalités de développement Nord-Sud et nécessiterait par conséquent des choix de politiques alternatifs au libéralisme.

Le collectif « Uni-e-s contre l’immigration jetable » entend lancer le débat, souhaitons-nous bonne chance !

Danielle SIMONNET

Adjointe au Maire du 20e
Chargée de la jeunesse, de l’accès à la citoyenneté et des résidents étrangers.
Membre du PS
Et Présidente de l’association « Pour la République sociale Paris »


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