Comment la France veut "en finir vraiment avec le glyphosate"

mardi 28 novembre 2017
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Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition Écologique et Solidaire, explique comment en finir avec le glyphosate.

« Le sort du glyphosate sera à nouveau débattu ce lundi 27 novembre. Mais au-delà de cette substance chimique, c’est bien plus encore qui se joue. À plusieurs reprises déjà, la position française a permis de faire obstacle à la proposition de renouveler pour dix ans l’approbation de cette substance. Dans ce débat, tout ou presque a été dit sur le produit phytopharmaceutique le plus utilisé au monde et dont la production a considérablement augmenté depuis la fin des années 1990.

Le glyphosate, symbole d’un modèle agricole recourant massivement aux produits chimiques

Si le glyphosate est utilisé comme désherbant le long de nos routes ou de nos voies ferrées, il est surtout le symbole d’un modèle agricole recourant massivement aux produits chimiques. Pourtant, la controverse sur le caractère cancérogène du glyphosate, mais surtout des préparations à base d’autres adjuvants potentiellement toxiques, reste toujours vive. En mars 2015, le respecté Centre international de recherches sur le cancer (Circ), dépendant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a ainsi classé le glyphosate comme « probablement cancérogène pour l’homme », mais parallèlement, les agences européennes compétentes n’ont pas retenu la classification cancérogène. Ces divergences d’appréciation entre agences sanitaires posent des questions multiples : celle des méthodologies d’expertise, celle de la crédibilité des données prises en compte, celle de l’accès libre aux résultats des études industrielles, celle de l’indépendance des experts mobilisés. La France, lors d’un récent Conseil des ministres européens de l’Environnement, a milité pour que des réponses soient rapidement apportées à ces questions. Car la question du glyphosate doit aussi nous faire entrer dans un processus d’expertise sanitaire rénové permettant une prise de décision robuste par les responsables politiques.

Un arrêt immédiat de l’autorisation du glyphosate n’est pas possible

Un arrêt immédiat de l’autorisation n’est pas possible. Il risquerait, dans une folle course en avant, de conduire à renoncer simplement à une substance pour aussitôt dépendre d’une autre, potentiellement plus à risques. (Faux ! un pays comme le Sri Lanka a cessé du jour au lendemain l’utilisation du glyphosate sans utiliser aucun substitut. Ndlr d’Altermonde) Pour les travailleurs exposés lors de son application, pour les riverains des zones d’utilisation, pour les consommateurs, pour l’environnement, pour nos écosystèmes. Cependant, la Commission mettra lundi une seule proposition sur la table : celle d’un renouvellement du glyphosate pour une durée de cinq ans. Considérant les risques, la France s’opposera à cette proposition et votera contre. La France veut construire une sortie progressive du glyphosate et, avec plusieurs partenaires, pense qu’une durée plus courte serait possible. Nous demandons aussi des engagements européens forts pour réformer les agences d’évaluation, accompagner la sortie de cette substance et faire émerger rapidement des alternatives efficaces.

« De nombreuses solutions existent, d’autres sont à améliorer, certaines encore à imaginer »

Désormais, il s’agit bel et bien, dans un cadre harmonisé, de changer de modèle agricole, d’organiser les alternatives techniques. De nombreuses solutions existent, d’autres sont à améliorer, certaines encore à imaginer. Il faudra accompagner techniquement et économiquement les agriculteurs et mobiliser des moyens financiers publics et privés additionnels dans le cadre du plan d’investissement. Au niveau national, les états généraux de l’alimentation devront fédérer toutes ces ambitions. Ils constituent aussi, comme l’a rappelé le président de la République, une opportunité historique de concevoir et de mettre en œuvre collectivement cette sortie du glyphosate.

Le débat que nous avons ouvert est essentiel. Par la substance qu’il concerne. Dans la démarche qu’il initie. Essentiel et symbolique aussi pour l’Europe, qui doit démontrer sa capacité à protéger ses citoyens. Il lance à nos chercheurs, à nos ingénieurs, à nos sociétés un défi scientifique et technique que nous allons relever."

(Illustration : Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition Écologique et Solidaire explique comment en finir avec le glyphosate. Reuters)

lejdd.fr


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