Aurons-nous de la neige en hiver ?...

samedi 2 décembre 2017
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Par Yves Paccalet

Ce texte date de 2014, la photo de 2012. Mais, grosso modo, on va vers l’augmentation du nombre et de la puissance des canons à neige dans toutes les stations de sports d’hiver, sauf celles qui font faillite, bien entendu. Aurons-nous de la neige à Noël ? Quelle épaisseur dans l’hiver ? Ces questions restent posées avec acuité. Sur le moyen et le long terme, on connaît la réponse.

Aurons-nous de la neige en hiver ? Dans les Alpes ? Dans les autres montagnes de France, d’Europe et du monde ? J’ai pris cette photo fin octobre, il y a deux ans. Il s’agit d’un essai de canons à neige à Courchevel... Je sais : selon le vocabulaire officiel des stations, on ne dit pas "canons à neige", mais "enneigeurs". On ne parle pas de "neige artificielle", mais de "neige de culture". La litote ou la novlangue n’ont pas fini de nous reformater les neurones. Le principal problème des stations d’hiver est climatique. Voici des années que je le répète aux responsables locaux : nous perdons, en tendance, chaque année un jour d’enneigement et un centimètre d’épaisseur cumulée. Cela semble minime à ceux qui ne voient que le bout de leur nez : mais un jour par an, en trente ans, cela fait un mois, soit le quart de la saison actuelle !

Les canons à neige paraissent constituer une solution. Mais ils signifient des réserves d’eau en altitude, donc des barrages (des "retenues collinaires", dit la novlangue). Ils consomment énormément d’énergie (d’électricité) : seules les stations les plus riches peuvent se les payer. De toute façon, pour fonctionner, ils ont besoin de froid (si possible, au-dessous de 0 degré Celsius) et d’une atmosphère plutôt sèche (l’idéal : un taux d’hygrométrie de 20 %). Or, le réchauffement climatique sévit en montagne deux fois plus vite qu’en plaine. Moins d’eau, ou de l’eau qui tombe sous forme de pluie au lieu de neige. Et trop de chaleur pour fabriquer de la neige artificielle... Les stations aujourd’hui en activité fonctionneront-elles encore dans trente ans ? J’en doute pour celles de basse altitude (autour de 1 000 mètres, soit la quasi-totalité de celles du Massif central, du Jura et des Vosges).

Dans les Alpes et les Pyrénées, les plus hautes (Courchevel, Val d’Isère, Val-Thorens, les Deux-Alpes, la Mongie, etc.) survivront plus longtemps, mais au prix d’investissements aussi affolants qu’incertains. Si la montagne veut garder son tourisme, elle n’a d’autre issue que de compter sur les quatre saisons et la belle nature. Je veux dire : au moins autant sur les parcs nationaux et les balades, que sur le ski et les activités connexes. Sur les ours, les loups et les chamois, autant que sur les kilomètres de pistes bleues ou rouges...

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