Nicolas Hulot, ne démissionnez pas

lundi 12 février 2018
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Par Hervé Gattegno

Devançant jeudi à la télévision les accusations qu’il savait imminentes, Nicolas Hulot, vaillant mais défait, n’a pas écarté l’hypothèse de sa démission : "C’est la résistance de ma famille qui prime et qui décidera de mes choix", a-t-il soufflé. Disons le haut et fort : il faut espérer qu’il ne cédera pas.

D’abord parce que l’enquête journalistique qui le met en cause ne démontre rien ou presque. À lire l’article d’Ebdo, magazine nouveau-né qui ambitionnait de renouveler la presse, la disproportion entre la gravité des faits allégués et la légèreté des éléments probants suscite le malaise. Une rumeur démentie et une plainte classée sans suite il y a dix ans peuvent-elles suffire à flétrir la réputation d’un homme ? Visiblement oui, hélas. Cela doit-il conduire un ministre à la démission ? Ce serait impensable, insupportable. Entrons dans les détails. La première allégation résulte de propos anonymes, selon lesquels une employée de la Fondation de Nicolas Hulot aurait été harcelée par lui. Or l’intéressée le dément catégoriquement. Pourquoi le publier quand même ? "Quand une femme dit non, c’est non", dit-on à raison quand il s’agit de dénoncer les pressions sexuelles. Curieusement, quand la ­prétendue accusatrice dit non, les dénonciateurs entendent oui. La méthode est odieuse. La seconde allégation se fonde sur une plainte pour viol datée de 2008, qui ­renvoyait elle-même à une relation remontant à 1997. Les auteurs de l’article ne le cachent pas : en saisissant la justice onze ans après, la plaignante interdisait toute vérification des faits et toute poursuite - de sorte que rien, jamais, ne pourra trancher entre sa version et celle de Nicolas Hulot. [1]

Une situation ­kafkaïenne

Dans une telle impasse, la justice s’est arrêtée là. Le doute, par principe, profite à l’accusé. La logique aurait conduit la presse à faire de même : le risque d’accuser à tort était évidemment trop grand. Seulement voilà, de glissements en renoncements successifs, les précautions éthiques n’ont plus cours, pas même les réflexes de bon sens. En se basant sur des déclarations qu’ils savent ­invérifiables, les procureurs auto désignés placent leurs cibles dans une situation ­kafkaïenne : leur culpabilité n’est pas démontrée, mais leur innocence ne l’est pas non plus ; il restera toujours le soupçon. Ce dévoiement est inacceptable. Non ­seulement parce qu’il ébranle les fondements de la justice et du débat démocratique (le principe du contradictoire, ­l’accusation fondée sur des preuves) mais aussi parce qu’il abîme la juste cause des femmes ­victimes d’abus sexuels, qui mérite d’autres formes de ­mobilisation que ces insinuations ­infamantes, dont le seul but est de salir.

Pour cela aussi, le sort du ministre mis en cause dépasse son intérêt personnel, celui de ses proches et du gouvernement auquel il appartient. Il concerne chacun de nous, et des principes qu’on ne peut laisser ­piétiner sans réagir. Face à de tels ­procédés, ­démissionner ne serait pas, pour Nicolas Hulot, une réaction d’honneur. Ce serait faire trop d’honneur à ses ­accusateurs.

lejdd.fr


[1Rappelons également à décharge, ce qu’omettent de faire tous ces procureurs au petit pied, qu’à l’époque le procureur avait pris soin d’affirmer que "les faits n’étaient pas établis" ! (Ndlr d’Altermonde)


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