Le nouvel ordre mondial : un pouvoir sans NOM

dimanche 16 octobre 2005
par  El Houssine
popularité : 5%

Par EL HOUSSINE

Le président Bush s’est empressé d’annoncer son projet au sujet du nouvel ordre mondial(NOM) juste après l’ébranlement du camp socialiste qui a mis fin à la bipolarisation du monde et la première invasion de l’Irak en 1990 - 1991. Il définit le NOM comme suit : « Nous nous devons aujourd’hui, en tant que peuple, d’avoir une intention de rendre meilleure la face de la nation et plus douce la face du monde » [1]. Ce qui signifie que l’administration Bush et le peuple américain sont appelés à faire montre d’un bien bon volontarisme pour s’animer d’une seule intention pour œuvrer à l’amélioration de l’image que les autres peuples se font des Etats-Unis et de rendre les relations internationales moins conflictuelles et plus humanistes. Et, ce en ayant conscience de la nécessité impérative d’opter pour ce choix surtout à l’échelle internationale.

Bush n’a pu avancer de tels propos qu’au lendemain de la fin de la bipolarisation au niveau mondial. Ce qui inaugure l’âge de l’unipolarisation du monde et consacre les Etats-Unis en tant qu’unique superpuissance du monde sur le plan militaire en particulier. Cette nouvelle donne politique astreint les Etats-Unis à jouer de nouveaux rôles et assumer des responsabilités à la hauteur de sa position sur l’échiquier mondial.

De là, l’affirmation de redorer le blason des Etats-Unis comme prémices pour le conditionnement de l’opinion publique mondiale dans le but de préparer le terrain à l’avènement du gouvernement de ce pays sur la planète. C’est en grand vainqueur de la guerre froide et contre les Etats de « l’axe du mal » que Bush s’adresse aux autres nations pour leur signifier, clairement, que le règne des Etats-Unis sur le globe a commencé. Ainsi, ceux-ci vont s’immiscer dans tout litige, tout problème de quelque nature que ce soit : économique, politique, militaire, ... L’objectif de cette supervision de la gestion des crises n’est autre que l’imposition d’un nouvel ordre mondial.

Pour Bruno Colson, en retraçant l’histoire du concept de nouvel ordre mondial, « Le 11 septembre 1990, George Bush présentait l’instauration d’un "nouvel ordre mondial" comme le cinquième des objectifs à atteindre dans l’affrontement avec l’Irak de Saddam Hussein. Mais c’est après la fin des hostilités, en avril 1991, qu’il donna une signification précise au concept : celui-ci voulait décrire la nouvelle responsabilité que leurs propres succès imposaient aux Etats-Unis. » [2]. Forts de leurs victoires, les Etats-Unis considèrent que leur position de superpuissance leur confère de nouvelles responsabilités à l’échelle internationale.

Il n’en reste pas moins que l’instauration d’un NOM n’est pas chose facile. Sa gestation ne peut se concevoir sans une multiplicité d’opérations chirurgicales douloureuses et sanglantes dans plusieurs coins de la planète dans le but de faire régner l’ordre de l’oligarchie financière transnationale. Ce constat semble aller de soi puisque « le Président ajouta cependant que la recherche d’un nouvel ordre mondial restait en grande partie un défi : il fallait y œuvrer pour écarter les dangers de désordre. Le monde restait dangereux et avait besoin du leadership américain. Les Etats-Unis ne pouvaient rester en retrait. » [3]. Ce qui importe pour Bush consiste en l’exploitation à fond de l’occasion qui s’est présentée pour entériner la domination américaine sur le destin de l’humanité. Pour cela, il faut profiter au maximum des potentialités militaires, économiques et politiques des Etats-Unis pour consolider leurs avantages comparativement à leurs concurrents potentiels et pour mettre les autres pays, encore attachés à un certain nationalisme que les néoconservateurs entendent effacer à jamais, sous le joug de leur diktat.

Le système le mieux adapté à ces situations n’est autre qu’un nouvel ordre mondial made in USA intégrant le militaire, l’économique, le politique ...

Le nouvel ordre mondial militaire(NOMM)

A ce niveau, l’administration américaine ne compte pas perdre de temps. Sa préoccupation essentielle, ses think tanks aidant, réside dans l’élaboration des scénarios apocalyptiques en vue de renverser tous les régimes d’orientation nationaliste et de balkaniser tous les pays qui tiennent à leur indépendance relative vis-à-vis des Etats-Unis.

Dans ce cadre, le gouvernement américain ne reste pas les bras croisés. Il passe à l’offensive en renversant des régimes, en déstabilisant certains autres et en imposant une psychose de terreur généralisée à l’ensemble des nations du monde et à l’intérieur des Etats-Unis. Ce qui fait que les gouvernants, surtout du Tiers Monde ancien et actualisé, craignent les foudres des néolibéraux pour leur pouvoir alors que le peuple américain est, constamment, soumis à une désinformation soutenue au sujet de la prééminence d’éventuelles attaques terroristes sur le territoire américain.

Pour tirer profit de ce climat quasi-institutionnalisé de terreur et l’amplifier, l’équipe réactionnaire au pouvoir ne pense qu’à augmenter les budgets de la défense pour multiplier les programmes d’armement, les stations d’écoute, les interventions militaires pour prévenir ou contenir, ... du fait que « selon les républicains, la défense des Etats-Unis a été affaiblie durant les huit années de l’administration du Président Bill Clinton (1992-2000). C’est pourquoi l’équipe du Président G. W. Bush se caractérise depuis le début par un projet très fort, censé donner un renouveau à la défense américaine. » [4]. Pour renforcer la défense américaine, « l’équipe du Président G.W. Bush entend par exemple porter le budget de la Défense à un niveau très élevé. Contrairement à ce que l’on croit parfois, l’intention d’atteindre 400 milliards de dollars ne doit rien au 11 septembre 2001, elle était dans les cartons dès le début. Cette équipe entend doter le plus rapidement possible les Etats-Unis d’une défense anti-missile, quel que soit son degré d’efficacité. » [5]. Ce qui fait que l’armada américaine hante toutes les nations. Et, l’opinion publique internationale sait, absolument, que ses interventions ne conduisent qu’aux désastres humains et matériels.

Par conséquent, dans sa quête d’instauration d’un NOM, l’administration américaine n’en est qu’à ses débuts en matière de création d’un nouvel ordre militaire mondial(NOMM) car, malgré sa puissance militaire, des voix ne cessent de revendiquer la création de forces militaires régionales pendant que d’autres se lancent dans la course à l’armement ...

Ce qui prouve que le NOMM, tel qu’intentionné par l’administration américaine, n’est pas prêt de voir le jour surtout si cette administration s’attend à ce que tous les pays acceptent la dictature militaire américaine et ne la contestent pas, s’alignent sur ses positions vis-à-vis des rôles de l’ONU pour préserver la paix dans le monde. Les Etats-Unis ne cachent pas leur stratégie de marginalisation de l’ONU et du souhait de leur intronisation en tant que gendarmes du monde par toute la communauté internationale.

Jusqu’à présent de tels vœux n’ont pas été exaucés complètement. Ce qui n’empêche pas de dire que l’Europe, surtout, a tendance à cautionner et à solliciter, de façon pragmatique, l’intervention de l’armée américaine sur le sol européen comme tel a été le cas lors de l’affaire yougouslave. Ce qui démontre, par ailleurs, que l’Europe a encore besoin du parapluie américain et de la force de frappe américaine et qu’elle ne peut prétendre à concurrencer les Etats-Unis sur le plan militaire.

D’autre part, les péripéties de l’affaire irakienne connurent de multiples rebondissements qui culminèrent en un attachement quasi-héroïque aux principes du « camp de la paix ». Malheureusement, ces principes se fondirent en un pragmatisme hypocrite se soldant par la quête maladive d’un repentir vis à vis de l’administration américaine pour les « péchés originels » initialement occasionnés en s’opposant à cautionner l’intervention militaire via un feu vert émanant du conseil de sécurité.

Cet environnement crasseux, d’où s’échappe une lutte d’intérêts sur le fond de l’odeur nauséabonde du pétrole et du partage du butin - gâteau de la re-construction, fut encore altéré par une horde de mini-états gouvernés par de mini-gouvernements et de mini-gouvernants passés professionnels dans la mendicité et dans la sollicitation de la protection des « gorilles américains » contre leurs peuples.

La seule éclaircie dans ce paysage désespérant provenait de l’opinion publique internationale qui se mobilisa, quotidiennement, pour affronter cette folle dérive vers le chaos que les néo-conservateurs fascistes du gang Bush clament de toutes leurs forces et entendent encourir à la communauté internationale.

Le nouvel ordre économique mondial(NOEM)

Au lendemain de l’indépendance, les pays du Tiers-Monde se trouvaient confrontés à des problèmes économiques insurmontables à cause de leur domination économique par les pays du Nord. Pour contrecarrer ces rapports de domination, ils entamèrent des initiatives pour unifier leurs forces et « c’est à la Conférence d’Alger, en 1973, où sont réunis les 75 pays non-alignés que s’énoncent les revendications pour un « Nouvel ordre économique international » [6]. A l’époque, du temps de la bipolarisation du monde et du nationalisme dominant dans ces Etats, les nations du Tiers-Monde pouvaient exercer des pressions sur les puissances impérialistes. Ainsi, elles sont parvenues à la nationalisation de leurs ressources naturelles et à la contestation des mesures protectionnistes des pays développés ... Leurs efforts n’étaient pas vains car « l’ONU, au travers de la CNUCED (Conférence des Nations-Unies pour le Commerce et le Développement), entend alors les exigences du Sud. Les Nations-Unies adoptent, par consensus, un programme d’action relatif à l’Instauration d’un « Nouvel ordre économique international » : droit de nationaliser, indemnisation des dommages subis lors de la colonisation... » [7]. An début des années 70, les Etats du Tiers-Monde ont lutté pour arracher le droit à la nationalisation des secteurs clés de l’économie. Ce droit leur a été accordé par L’ONU.

Mais, ces pays ne se doutaient pas de ce que les néolibéraux étaient entrain de tramer pour préparer la contre révolution contre tous les droits des nations et des peuples. Ils se préparaient, à l’intérieur des pays capitalistes, à la destruction des bienfaits de l’Etat Providence et des fondements de son assise économique. A l’extérieur, les capitalistes sauvages ne rataient aucune occasion de façon à contraindre les autres pays à faire des concessions sous des allégations mensongères ayant trait aux bénéfices que peuvent tirer les pays pauvres aussi du libre échange.

Les pays du Tiers Monde, sous le poids de la dette, se lancent dans la course aux concessions en matière de droits de douane, d’implantation de zones franches sur leurs territoires, de dévaluation de leurs monnaies ... En choisissant de se plier aux recettes des institutions financières internationales, véritables maîtres chanteurs à la solde de l’oligarchie financière transnationale, ils s’engagent dans une dérive aux répercussions dramatiques sur la vie de leurs peuples.

L’accession au pouvoir de personnages ultraconservateurs, tels Thatcher en Angleterre et Reagan aux Etats-Unis, accèlera le processus de néolibéralisation économique à l’échelle mondiale. Celle-ci s’accompagna d’une tendance plus poussée à la militarisation et des interventions militaires directes (Malouines, Afghanistan, Panama, ...) et par l’interposition de mercenaires appelés « les combattants de la liberté » comme au Nicaragua, en Angola ...

Par conséquent, le néolibéralisme, que les capitalistes sauvages prescrivent pour l’humanité, se doit d’être pensé sous ces deux angles : une libéralisation, tout azimut, des échanges et une militarisation des Etats mercenaires au service de la finance internationale. C’est-à-dire qu’une économie ultralibérale performante ne peut se concevoir sans la présence attentionnée d’une force militaire de dissuasion. Et, ce pour « assagir » tous les Etats qui s’opposent au libre échange.

Il s’agit de délimiter le champ de ce que les apôtres du néolibéralisme comprennent comme étant le libre échange. En traduisant littéralement, la question consistera à échanger librement ou en toute liberté tout ce qui s’échange entre les différents pays de la planète. Lorsqu’on se penche sur « les choses » échangeables et mises en échange entre ces pays, on découvre tout un ensemble d’êtres vivants et d’êtres inertes, de services, de produits, de sévices, d’expériences d’immatriculation des citoyens, de procédés de bouclage des frontières ... Tous les bénéficiaires du libre échange, compris de la sorte, s’activent pour rafler la mise aux autres concurrents. Les spéculateurs de la finance, les vendeurs de l’armement, les marchands des actions, la mafia, les commerçants des narcotiques, les criminels du commerce des organes humains et de la migration clandestine, les seigneurs de la guerre, les marchands de toutes sortes de gadgets et de produits, les marchands en noir des frontières ... chaque catégorie de cette horde mercantile mène une guerre intense pour sa survie et pour l’affaiblissement sinon l’anéantissement des concurrents. Plusieurs composantes s’entrelacent en réseaux pour pouvoir commettre leurs méfaits en bandits des grands chemins pour barrer la route aux autres prétendants.

Face à ce commerce « florissant » et oisif symbole de l’ère ultralibérale, les Etats, selon leurs degrés de stabilité et de sécurité intérieures, s’affirment parties prenantes dans ce négoce horrifiant en tant que complices ou se trouvent dépassés par les événements tellement leurs territoires se morcellent, pratiquement, en zones autodéterminées aux mains des seigneurs de la guerre, de la mafia ...

Le libre échange à outrance, socle du néolibéralisme pur et dur, crée un environnement, étatique, sociétal et social, insipide, malodorant et aux couleurs de la fraude, de la falsification et de l’arnaque ni plus ni moins. C’est, en fin de compte, un commerce sans foi ni loi.

Les coûts sociaux de ce commerce louche étiqueté, faussement, de libre échange sont incalculables. Le paradoxe réside dans le fait que « La théorie économique ne prend pas en compte dans l’évaluation des coûts d’une politique, ce que l’on appelle les coûts sociaux. » [8]. Alors que tout choix d’une politique économique engendre, automatiquement, des répercussions sociales d’une certaine ampleur et qui peuvent influer positivement ou négativement sur la vie des citoyens. C’est là un problème qui a besoin d’être éclairci et auquel on doit accorder beaucoup d’importance. En ce sens que « Il faudrait que toutes les forces sociales critiques insistent sur l’incorporation dans les calculs économiques des coûts sociaux des décisions économiques. Qu’est-ce que cela coûtera à long terme en débauchages, en souffrances, en maladies, en suicides, en alcoolisme, en consommation de drogue, en violence dans la famille, etc. autant de choses qui coûtent très cher, en argent, mais aussi en souffrance ? Je crois que, même si cela peut paraître très cynique, il faut retourner contre l’économie dominante ses propres armes, et rappeler que, dans la logique de l’intérêt bien compris, la politique strictement économique n’est pas nécessairement économique - en insécurité des personnes et des biens, donc en police, etc. » [9]. Partant de l’analyse de Pierre Bourdieu, on peut se poser des questions à propos de l’ampleur des coûts sociaux de la mondialisation.

Ces coûts ne se limitent pas à la réduction à la misère de millions de personnes et à leur exclusion. Ils ancrent dans toutes les sociétés des systèmes de valeurs incorrigibles et franchement immorales que chaque humain, en les adoptant ne le fera qu’au prix de sa dignité humaine. Même ceux qui prêchent leur « oui à l’économie de marché, non à la société de marché » se rendent compte qu’ils sont impliqués dans la propagation des valeurs telles l’arrivisme, le carrièrisme ... et qu’ils ont pris part à la chosification et à la marchandisation de la culture, de la personne humaine et de la vie.

En conséquence, le NOEM, que l’oligarchie financière internationale impose graduellement, a des retombées très graves sur les conditions de vie de tous les humains. Le langage utilisé pour la propagande au néolibéralisme et mensonger est tout simplement hypocrite. Alors que « De façon générale, le néo-libéralisme fait revenir sous les dehors d’un message très chic et très moderne les plus vieilles idées du plus vieux patronat » [10]. C’est-à-dire que « la révolution conservatrice », selon Pierre Bourdieu, est de nature réactionnaire et nostalgique des débuts du capitalisme et des rapports de travail dominants jadis.

Le nouvel ordre politique mondial(NOPM)

La mondialisation des échanges, financiers en particulier, a mis sur pieds un système supranational de gestion politique de ces opérations à l’échelle mondiale. Les mécanismes du travail de ce dispositif, supervisant tous les actes légaux et illégaux des financiers internationaux, paraissent, à bien des égards, non encore connus dans leurs menus détails. D’autre part, on constate des divergences notoires quant aux forces dominantes qui gouvernent aux destinées du monde. Ce qui explique les désaccords qu’on constate à propos de la configuration du pouvoir de domination exercé sur toutes les parties du globe et le foisonnement des dénominations qualifiant cette autorité transnationale comme « empire du chaos », « empire », « impérialisme supranational », « impérialisme américain », ...

L’unipolarisation du monde, intronisant les Etats-Unis en tant que seule superpuissance, a-t-elle, par la même occasion, haussé ce pays au rang du gouvernement du monde ? Ou bien le processus de mondialisation, par sa dynamique endogène, a-t-il généré les fondements d’un nouveau gouvernement compatible avec la mondialisation ? Qu’on se place dans l’une ou l’autre de ces variantes de réflexion, l’analyse va aboutir à des résultats divergents.

˜ Lorsqu’on prend comme point de départ cette réalité de l’existence de deux blocs contradictoires(le bloc du socialisme réel et le bloc du capitalisme réel), le monde unipolaire sera considéré comme la résultante de la lutte au profit de l’impérialisme américain triomphant, à la fois, du camp socialiste et des impérialismes de second ordre que sont les impérialismes anglais, français, allemand, japonais ... Les Etats-Unis, par la force des choses, récoltent les fruits de leur lutte contre les pays socialistes et contre les pays impérialistes. Ce qui leur confère la position de pays dominant au niveau de la planète. Ce qui signifie que ce sont les gouvernants des Etats-Unis qui dictent leur politique à tous les autres pays en tant que gouvernement mondial. De sorte que les gouvernements des autres pays ne sont que les représentants de ce gouvernement dont ils détiennent leurs prérogatives et leurs pouvoirs sur leurs nations.

Ces Etats aliènent leur souveraineté au gouvernement mondial américain qui détermine leurs politiques économiques, culturelles, sociales, ... suivant une optique prévilégiant les intérêts du capital américain.

Dans sa course à imposer sa domination, le gouvernement mondial met à sa disposition les organismes internationaux, les institutions financières internationales, l’OTAN, ...

C’est-à-dire que les Etats nationaux et tous les autres organismes se transformeront en de véritables serviteurs des impérialistes américains qui gouvernent, sans partage, le monde dans un contexte international qui ne diffère pas profondément de l’impérialisme du début du vingtième siècle puisqu’il n’en est que la continuation.

La configuration décrite, auparavant, coexiste avec la mise en demeure des contradictions secondaires au sein du camp impérialiste.

˜ En octroyant une dynamique propre au processus de mondialisation des échanges en somme et des échanges financiers plus particulièrement, on reconnaît aux sociétés transnationales et aux milieux de finance le rôle primordial dans l’accélération de la globalisation. Comme on reconnaît une certaine autonomie à ce processus vis-à-vis des Etats Nations d’autant plus que leurs frontières ne peuvent servir d’obstacles aux circuits financiers.

De cette manière, les Etats Nations verront leur souveraineté soumise à une érosion continuelle comme préalable au dépérissement de l’Etat.

Pour effectuer leurs échanges, de quelque nature que ce soit, à leur guise, les sociétés transnationales n’ont pas besoin de lois et de réglementations régissant et canalisant leurs actions. Ces dernières ne doivent avoir aucune limite territoriale ou juridique. Le milieu vital de ces sociétés doit se confondre avec un monde sans ordre ni loi et aux portes ouvertes. Le monde découpé en Etats Nations ne leur convient pas. En résumé, ce milieu se résume à une jungle dans laquelle se déchirent des prédateurs au sens animal du terme.

Les sociétés transnationales s’adjugent, seules, le droit de légiférer et d’imposer leurs exigences et leurs conditions aux Etats Nations. En ce sens que ces Etats-pions délaissent leurs aspects social et protecteur pour se spécialiser dans la répression de leurs peuples en tant qu’Etats policiers lorsque ces peuples se mettent à contester la politique dévastatrice de ces sociétés ou lorsqu’ils veulent quitter leurs pays vers d’autres cieux ... Ces Etats, au service des transnationales, se militarisent et se « policisent » pour contrer leurs peuples ni plus ni moins tout en sachant que les pays qu’ils gouvernent tombent, petit à petit, sous l’emprise de ces sociétés comme champ d’éxpérience économique propre, comme territoires offerts en zones franches ... Cette privatisation volontaire des pays et de leurs populations ne veut toujours pas dire que le capital va s’installer dans ces pays éternellement. Les gouvernants ne font, en fait, que mettre leurs pays à « la surenchère publique ». Les gagnants et leurs capitaux peuvent résider dans ces pays le temps qu’ils veulent sans crainte d’être harcelés ... Parler, alors, de perte de la souveraineté de ces Etats passerait pour un secret de polichinelle.

Tout ce travail de sape et de destruction des frontières et des Etats, auquel s’adonnent les sociétés transnationales, se doit d’être épaulé par des campagnes idéologiques d’endoctrinement et de démagogie pour présenter les activités de ces sociétés tels des miracles qui ne sont pas à la portée des premiers venus et qui augurent d’une économie de l’abondance au profit de tout le monde. Le vécu de l’humanité sous toutes ses formes de paupérisation, d’exclusion, de marginalisation, de précarisation ... toute cette réalité vécue et emplie de malheurs et de drames sera étalée, par les soins des idéologues de la réaction, en « un chef d’œuvre » du labeur et de l’innovation en faveur du progrès de l’humanité. Parmi ces idéologues, certains ont, déjà, préparé le terrain à leurs seigneurs et maîtres ultralibéraux tels le FMI, la BIRD ...

De toute façon, qu’il s’agisse du gouvernement mondial américain ou du gouvernement des sociétés transnationales, le monde court le risque de voir s’effondrer des pans entiers de ce que l’humanité a pu bâtir pour offrir une vie décente et digne à tous les humains.

El Houssine


[1George Bush, Current Documents, 1989, p. 4.(Association Thucydide).

[2Bruno Colson, concepts américains pour l’après-guerre froide, Stratisc.org.

[3Bruno Colson, concepts américains pour l’après-guerre froide, Stratisc.org.

[4Copyright 20 avril 2002-Géré/www.diploweb.com.

[5Copyright 20 avril 2002-Géré/www.diploweb.com

[6Bérénice Van Den Driessche, Un Nouvel Ordre Economique International pour plus d’égalité. Une utopie ?, Alternatives.

[7Bérénice Van Den Driessche, Un Nouvel Ordre Economique International pour plus d’égalité. Une utopie ?, Alternatives.

[8Pierre Bourdieu, Le mythe de la « mondialisation » et l’État social européen, Intervention à la Confédération générale des travailleurs grecs, (GSEE) à Athènes, en octobre 1996. In « Contre-Feux », 1998, homme.moderne.org.

[9Pierre Bourdieu, Le mythe de la « mondialisation » et l’État social européen, Intervention à la Confédération générale des travailleurs grecs, (GSEE) à Athènes, en octobre 1996. In « Contre-Feux », 1998, homme.moderne.org.

[10Pierre Bourdieu, Le mythe de la « mondialisation » et l’État social européen, Intervention à la Confédération générale des travailleurs grecs, (GSEE) à Athènes, en octobre 1996. In « Contre-Feux », 1998, homme.moderne.org.


Commentaires

Agenda

<<

2019

 

<<

Décembre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2526272829301
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
303112345
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois