Le travail silencieux de la CIA en Bolivie et au Venezuela

de Manon
lundi 29 octobre 2007
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par Eva Golinger

Le gouvernement des Etats- Unis a presque mis au point une méthode d’ingérence qui parvient à pénétrer et infiltrer tous les secteurs de la société civile dans un pays présentant des intérets économiques et stratégiques. Dans le cas du Venezuela,cette stratégie commence à prendre forme en 2002 avec l’augmentation du financement de secteurs de l’opposition à travers le National Endowment for Democracy (NED) et l’ouverture d’un bureau de transition (OTI) de l’USAID à Caracas.

Ces efforts réussirent à ce moment à consolider un mouvement d’opposition,qui malgré l’échec du coup d’état,parvint à causer de sévères dégats à l’industrie du pétrole et à l’économie nationale au travers d’un sabotage économique et une grève des gérants et chefs d’entreprises.

Après une division dans l’opposition,la stratégie a réorienté sa ligne principale vers les communautés à bas revenus, les secteurs chavistes, la communication et les besoins à l’intérieur du pays.

L’ambassade US à Caracas a ouvert une série de "consulats satellites" (American Corners)dans cinq états du pays,réussissant -sans l’autorisation du Ministère des Relations Extérieures - à avoir une présence officielle dans des régions importantes pour la vision énergétique de Washington.

Ces Etats : Anzoategui, Bolivar, Lara, Monagas y Nueva Esparta (Margarita) sont riches en pétrole, minéraux et autres ressources naturelles dont les EU cherchent le contrôle.

Ces bases US trouvèrent une place dans des associations d’avocats et mairies municipales de l’opposition et continuèrent à fonctionner comme centre de propagande et conspiration contre la révolution bolivarienne.
Le travail de USAID et son OTI au Venezuela a contribué à approfondir la subversion contre-révolutionnaire dans le pays.
Jusqu’à juin 2007 plus de 360 "bourses" ont été accordées a des organisations sociales, partis politiques, communautés et projets politiques au Venezuela à travers la DAI, société sous contrat USAID qui a ouvert un siège au secteur El Rosal de Caracas en juin 2002.

Depuis le centre de Caracas, la DAI/ USAID a donné plus de 11.575.509.00 $ à ces 360 groupes et projets au Venezuela sous le programme "Venezuela : Initiatives pour la Construction de la Confiance" (VICC). La majorité des programmes financés par la DAI visent (selon leurs matières) "le dialogue politique,le débat public, la participation citoyenne et l’entrainement et mise en place de leaders démocratiques ".

Les organisations financées et participantes comprennent : Sumate, Primero Justicia=Justice d’abord, Un nuevo Tiempo, la Mairie de Chacao, Liderazgo y Vision, Los del Medio, Convive,Transparencia Internacional, Institut Presse et Société, Queremos elegir = Nous Voulons Choisir, L’Université Métropolitaine et d’autres groupes liés à l’opposition.
L’USAID/ OTI finance également les partis politiques d’opposition comme Primero Justicia,un Nuevo Tiempo, Action Démocratique, COPEI, MAS entre autres à travers les ramifications internationales des partis US : l’Institut Républicain International (IRI) et l’Institut Démocratique National (NDI).

Depuis 2002, plus de 7 millions de $ ont été investis en assistance technique à ces partis d’opposition au Vénézuela de la part de USAID avec l’IRI et NDI.

Les soi-disant "défenseurs des Droits Humains" au Venezuela ou ONG (organisations non-gouvernementales) reçoivent la grande partie de leur financement via la "Freedom House" autre sous -traitante de l’USAID-OTI au Venezuela. Freedom House a sponsorisé, couvert des événements comme les "menaces à la liberté d’expression du XXI ème siècle", avec la participation de Marcel Granier, Président du canal télévision putschiste RCTV, en collaboration avec Karen Hughes,la sous-secrétaire du Département d’Etat pour la Diplomatie Publique et les Affaires Publiques qui supervise la Voix de l’Amérique et d’autres médias de propagande de Washington.

Freedom House finance également des institutions comme le Centre International pour le Conflit Non-Violent (ICNVC) qui enseigne les techniques de la "résistance" de Gene Sharp et ont formé des mouvements de jeunes et étudiants en Serbie, Ukraine, Géorgie, Biélorussie et Venezuela. Son président de 2003-2005 fut James Woolsey, ex directeur de la CIA et son actuel président, Peter Ackerman est un banquier multimillionnaire qui a sponsorisé les "changements de régime" en Serbie, Ukraine et Géorgieà travers l’Institut Albert Einstein et son ICNCV. Le fils d’Ackerman a participé au massacre du peuple irakien à Fallujah.

Le dernier sous-traitant de l’USAID au Venezuela est la Fondation du Développement Pan Américain (PADF) dont la mission est d’appuyer la société civile.

La PADF a accordé 937.079.00 $ à 14 ONG vénézueliennes depuis fin 2006. Pour l’instant les noms de ces groupes sont inconnus.

Les dernières informations publiques de l’USAID dénotent qu’en août 2007, ils organisèrent une conférence rassemblant 50 maires de tout le pays pour traiter du thème de la "décentralisation" et des "réseaux populaires". Ce thème est tres semblable au projet développé actuellement par Léopold Lopez, maire d’opposition de Chacao.

Le programme USAID-OTI au Venezuela s’engage à continuer ses efforts pour "renforcer la société civile et les partis politiques", "promouvoir la décentralisation et les conseils municipaux" et "entrainer les défenseurs des droits humains".

Le Congrès US a déjà approuvé 3,6 millions de dollars pour le bureau du Venezuela en 2007/2008, ce qui indique que cette subversion ira en croissant et menaçant la révolution bolivarienne.

Bolivie

Mais le Venezuela n’est pas la seule cible de la subversion et de l’ingérence américaines au travers de l’USAID et ses millions de dollars en financement à des mouvements d’opposition.
En mars 2004, l’USAID a ouvert un autre Bureau d’Initiatives de Transition (OTI) en Bolivie pour soi-disant aider à "réduire les tensions en zones de conflits sociaux et appuyer le pays avec la préparation d’événements électoraux".
Dans ce cas , l’USAID engagea l’entreprise américaine Casals & Associates,Inc (C& A) pour gérer les 3,3 millions de dollars accordés à 379 organisations, partis politiques et projets en Bolivie.
C & A joue le rôle en Bolivie de la DAI au Venezuela, et autant que la DAI, C& A est une entreprise avec d’importants contrats avec le Département de la Défense, l’Armée US, le Département de l’Energie, Broadcasting Board of Governance, la Voix de l’Amerique, le Bureau des Transmissions ( de propagande) à Cuba, le Département de Sécurité Intérieure, le Département d’Etat et bien plus encore.
Jusqu’à ce jour, C & A a oeuvré en exécutant des programmes interventionnistes issus des différentes agences de Washington et ce dans plus de 40 pays dont l’Albanie, Arménie, Bolivie, Colombie, République Dominicaine, Salvador, Guatemala, Madagascar, Malawi, Mexique, Nicaragua, Panama et Paraguay.

En Bolivie, l’USAID-ATI a concentré ses efforts pour combattre et influencer l’Assemblee Constituante et le séparatisme des régions riches en ressources naturelles comme Santa Cruz et Cochabamba. La grande partie des 13,3 millions de dollars a été donnée a des organisations et programmes travaillant a "renforcer les gouvernements régionaux dans l`intention d’affaiblir le gouvernement national d`Evo Morales" ; "créer des liens entre les groupes indigènes et les structures démocratiques" ; "offrir des opportunites économiques et de développement communautaire" ; "éducation civique pour leaders émergents" et "diffusion d`information". Les nobles thèmes de ces programmes indiquent que Washington cherche a miner le pouvoir national d`Evo Morales en Bolivie, pénétrer et infiltrer les communautes indigènes majoritaires dans le pays, promouvoir le modèle capitaliste et influencer les moyens de communication par une propagande pro-américaine,pro-capitaliste et anti-socialiste.

Le programme de l`USAID-OTI en Bolivie appuie ouvertement l`autonomie de certaines régions comme Santa Cruz, Beni, Pando et Tarija pour la promotion du séparatisme et la déstabilisation du pays et du gouvernement d`Evo Morales.
Le National Endowment for Democracy (NED) autre organe financier de Washington qui assure la subversion et l`ingérence dans plus de 70 pays du monde dont le Venezuela, finance des groupes dans des régions comme Santa Cruz en faveur du séparatisme. L`actuel ambassadeur US en Bolivie, Philip Goldberg, est expert en séparatisme, ayant été chef de mission en ex-Yougoslavie qui fut divisée en deux pays : la Bosnie et la Serbie, avec "l`aide américaine".
Le gouvernement d’Evo Morales a déjà dénoncé publiquement cette subversion via l`USAID en Bolivie, en prévenant le gouvernement des USA qu`il devait obéir aux lois du pays ou opter pour s`en aller. "La porte est ouverte" a déclaré le porte parole du gouvernement bolivien ces jours-ci, faisant référence à l`ingérence US dans son pays.

Néanmoins, Washington ne s’en ira pas facilement. Ce réseau d`ingérence et de subversion ne sera pas facile à éradiquer. Le président Chavez a proposé dans sa réforme constitutionnelle ,un changement de l’article 67 qui inclus une interdiction de financement à des fins politiques et aux campagnes politiques de la part d’entités publiques ou privées de l’étranger.

Il est essentiel de définir le concept "buts politiques" car dans de nombreux cas, les ONG et groupes défendant les droits humains refusent d`être classés à "buts politiques". Mais nul ne peut nier que les droits humains sont un thème fondamentalement politique et c`est le terrain où se cache aujourd`hui la subversion de Washington utilisant les ONG comme bouclier.

Il apparait clairement la nécéssité urgente de développer des stratégies pour empêcher cette subversion au Vénézuela, Bolivie et dans tous les pays frères aujourd`hui sous le joug de l’empire et qui luttent pour exprimer leur propre volonté et souveraineté.

Eva Golinger est avocate et chercheuse dans le domaine de l’ingérence US au Venezuela et en Amérique latine.

Auteur du "Code Chavez" dénoncant l’intervention US au Vénézuela. _ Préface de Michel Collon

Ce livre et cet article sont disponibles sur le site :
michelcollon.info


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Brèves

HLM, des locataires blindés

jeudi 2 décembre 2010

Plus de 50.000 familles parmi les plus riches de France bénéficient d’un logement HLM.

Fin 2007, quelque 53 000 familles parmi les plus fortunées de France étaient logées en HLM, selon des chiffres de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, révélés par La Tribune. (Mais ne vous précipitez pas sur le lien : l’article est payant bien sûr ! Ces gens-là ont investi le net seulement pour faire de l’argent) 37 000 familles logent en Ile-de-France, dont 18 000 à Paris, et 15 000 en province. Elles gagnent 11 200 euros par mois avec un enfant ou 13 500 euros par mois avec deux enfants.

bakchich.info