Comment les mesures budgétaires de Macron creusent les inégalités

vendredi 12 octobre 2018
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Par David Bensoussan

Selon les calculs de l’Institut des politiques publiques, les classes défavorisées sont désavantagées par les deux derniers projets de loi de finances, tandis que les 1 % les plus riches voient leur niveau de vie grimper.

C’est le graphique qui tue pour Emmanuel Macron. Il montre que les 1 % de Français les plus riches voient leurs revenus augmenter de 6 % grâce aux mesures contenues dans les deux premiers budgets du quinquennat, alors que les 20 % les plus défavorisés sont globalement perdants. L’auteur du graphique est au-dessus de tout soupçon puisqu’il s’agit de l’Institut des politiques publiques (IPP), un organisme d’évaluation indépendant, fondé par l’École d’économie de Paris et le CREST, le labo de recherche économique de l’ENSAE et Polytechnique. Pour la première fois, l’IPP organisait ce jeudi 11 octobre un colloque sur les effets macroéconomiques des projets de loi de finances, après avoir eu accès à de nombreuses données fiscales et salariales sur les ménages et les entreprises. Les résultats en matière de pouvoir d’achat sont éloquents.

Il apparaît que les ménages "gagnants" se situent essentiellement entre le 20ème centile de richesse et le 80ème centile, soit les classes moyennes au sens large. À l’inverse, les ménages défavorisés et les classes supérieures, situées entre le 80ème et le 99ème centile, sont désavantagés par les réformes Macron. Les 20 % les moins riches pâtissent du durcissement de la fiscalité sur l’énergie et le tabac, et surtout de la moindre revalorisation des pensions, des allocations familiales et logements, limitée à 0,3 % en 2019. Et ils bénéficient peu de la suppression de la taxe d’habitation (TH), beaucoup de collectivités ayant déjà mis en place des systèmes d’abattement ou d’exonération pour aider les plus pauvres : ils n’y gagnent en moyenne que 36 euros par an, contre 396 euros pour les classes moyennes.

Étiquette de président des riches

De même, les hauts revenus ne profitent pas encore de la suppression de la TH, qui ne devrait intervenir que dans la seconde moitié du quinquennat, et les retraités aisés subissent de plein fouet la hausse de la CSG. En revanche, parmi eux, les 1 % les plus riches profitent à plein de la suppression partielle de l’impôt sur la fortune et de la mise en place du prélèvement forfaitaire unique, qui limite à 30 % la taxation des revenus financiers. D’où leur situation privilégiée. L’IPP a même calculé que les 0,1 % les plus riches verraient leur niveau de vie augmenter de près de 20 %, avec un gain annuel moyen de 86.300 euros !

C’est peu dire que ce genre de calcul ne devrait pas aider Emmanuel Macron à se débarrasser de son étiquette de président des riches.

msn.com


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