Clearstream : Trop tôt pour un règlement de comptes

vendredi 28 avril 2006
par  Algarath
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On pourrait légitimement s’attendre à ce que nos gouvernants s’occupent des affaires de la France dans l’intérêt des Français. Or, il n’en est rien. Au sommet de l’État, le Président finissant Jacques Chirac et son acolyte de Premier ministre Villepin nagent lamentablement dans la fange qu’ils ont eux-mêmes répandue dans l’espoir de salir Sarkozy. On assiste, dans la presse, aux tentatives maladroites des deux compères pour se dépêtrer de cette magouille politique qui tourne très mal pour leurs instigateurs.

Par ALGARATH

Le couple exécutif (Chirac et Villepin), après être passés pour des cons avec le CPE, sont maintenant la risée des Français et des observateurs étrangers avec l’affaire Clearstream. Au fil des jours, il apparaît clairement, preuves à l’appui, que Villepin a demandé au Général Rondot d’enquêter sur Sarkozy, et ce à la demande expresse de Chirac. Les notes manuscrites saisies au domicile du Général, par la police sur instruction des juges, ne laissent planer aucune équivoque. En prenant ses instructions de Villepin le 9 Janvier 2004 au Quai d’Orsay, le Général a noté : "Enjeu politique : N. Sarkozy. Fixation sur N. Sarkozy (ref. conflit J. Chirac/N. Sarkozy)". L’ordre lui était clairement donné de se concentrer sur Sarkozy.

Le doute n’est plus possible, en dépit des dénégations frénétiques de Villepin et de Chirac, car le Premier ministre a été contraint, ces derniers jours, de faire quatre mises au point dans la presse. Et même l’Élysée s’est fendu d’un communiqué, chose rare. La nasse se referme inexorablement sur le couple Président/Premier ministre, pris la main dans le sac comme deux vulgaires malfaiteurs. Clearstream est bel et bien une affaire d’État, un scandale qui salira la fin du quinquennat de Chirac, qui n’en avait guère besoin tant cette fin de règne est lamentable.

Sarkozy, qui avait promis qu’il accrocherait à un croc de boucher le coupable, devra simplement trouver deux crocs côte à côte et y accrocher les deux zozos qui sont censés gouverner la France. Mais avant l’heure, ce n’est pas l’heure, et cela vaut aussi pour les règlements de comptes au sommet de l’État. Sarkozy sait maintenant que Villepin et Chirac ont voulu sa peau et ont joué un rôle majeur dans l’affaire Clearstream. Mais le ministre de l’intérieur et futur présidentiable n’a pas intérêt à ce que Chirac change maintenant de Premier ministre. Les magouilles continuent donc, et avec elles le statut quo qui gèle le gouvernement de la France. Sarko essaie de faire bonne figure et fait semblant de ne pas en vouloir à Chirac et Villepin, car si un nouveau Premier ministre était nommé, il lui pousserait des ailes à quelques mois de l’élection présidentielle et ça ne ferait ni l’affaire de Sarkozy ni l’affaire de l’UMP. Et si Sarko démissionnait maintenant, outré du rôle de Chirac et de Villepin dans l’affaire Clearstream, il deviendrait observateur extérieur et perdrait son statut de ministre et son aura de politicien agissant dans l’intérêt du bon peuple. Si bien que l’hypothèse que Chirac remplace Villepin par Alliot-Marie ou Borloo ne restera peut-être qu’une hypothèse, en dépit du fait que les députés et l’opinion s’attendent à un changement de gouvernement.

En attendant, Chirac essaie de donner le change avec ses projets sur les addictions et ses six projets de développement technologiques. Il aura été lamentable et en dessous de tout jusqu’au bout. Ceci dit, s’il est trop tôt pour un règlement de compte, il aura bel et bien lieu le moment venu. Probablement que Sarko fera pêter le pétard à la rentrée, se posant en victime et faisant passer aux yeux des Français Chirac et Villepin pour ce qu’ils sont, des manipulateurs, comploteurs, et des tristes sires sans foi ni loi.

Quant à Villepin, c’est un perdant : Il aura raté le CPE, foiré ses manipulations dans l’affaire Clearstream, et même échoué avec le CNE, car les Prud’hommes de Longjumeau viennent, dans un jugement qui fera jurisprudence, d’estimer que l’ordonnance du 2 août 2005 créant le CNE est "contraire" à la convention 158 de l’Organisation internationale du travail (OIT), ratifiée par la France, et est donc "non valable" et "privée d’effet juridique". Cette convention prévoit qu’un salarié ne peut être licencié "sans qu’il existe un motif valable de licenciement" et "avant qu’on lui ait offert la possibilité de se défendre". Or, le CNE exonère l’employeur de l’obligation d’effectuer un entretien préalable au licenciement et de motiver la lettre de licenciement, rappelle le tribunal dans son jugement.

Le CPE est mort, le CNE va mourir, tout comme Villepin et Chirac dont le sort est scellé. Ce qui lie ces deux hommes, parvenus aux plus hautes fonctions au sommet de l’État, ce n’est pas le désir d’oeuvrer pour la France. Les Français se rendent à l’évidence, désabusés et écoeurés par le triste spectacle que leur offrent leurs pitoyables dirigeants. Ce qui lie Chirac et Villepin c’est un pacte sordide et minable : comploter contre un autre qui veut leur place. J’ai besoin d’air !

Algarath


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