Nathalie Loiseau se pince ou ne se pince pas le nez

mercredi 13 mars 2019
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Par Bernard Gensane

Comme toujours, Philippe Arnaud a l’œil :

1 - dimanche, précisément, Nathalie Loiseau ministre chargée des affaires européennes, était invitée de l’émission "Questions politiques" sur France Inter, où elle était questionnée – entre autres – par Ali Baddou. Interrogée par ce dernier, qui s’étonnait du manque de réactions de la France vis-à-vis de la situation en Algérie, Nathalie Loiseau répondait : "Mais est-ce que c’est à nous de faire de la politique en Algérie ?" et Ali Baddou lui répliquait : "Pourquoi faites-vous de la politique au Venezuela, Nathalie Loiseau ?". Et celle-ci répondait : "Au Venezuela, il y a quatre millions de Vénézuéliens qui ont fui leur pays. C’est une crise internationale, aujourd’hui, au Venezuela, quand on essaye d’amener de l’aide humanitaire, au Venezuela, où les gens vont tellement mal qu’il n’y a plus d’électricité et que les hôpitaux..." (Ici Ali Baddou l’a interrompue et elle n’est pas allée plus loin).

2 - Nathalie Loiseau reprend la version de Juan Guaido, le président autoproclamé du Venezuela (comme son prédécesseur Pedro Carmona, président de Fedecamaras, le Medef local, lors du putsch manqué d’avril 2002 contre Hugo Chavez), ainsi que du gouvernement Trump et de tous les journaux de droite vénézuéliens, américains et européens, selon lesquels la panne d’électricité est due à la mauvaise gestion, à l’incompétence, à l’incurie, au laisser aller du gouvernement bolivarien (toutes tares imputables (évidemment...), à son caractère "socialiste"...). On ne fera pas grief à Nathalie Loiseau de ne pas tout connaître. Mais elle aurait au moins pu entendre parler du virus informatique Stuxnet (peut-être développé par la NSA et par des informaticiens israéliens) qui, au début des années 2010, s’était attaqué aux centrifugeuses iraniennes d’enrichissement d’uranium.

Or, quand on consulte sur Wikipédia ce qu’est ce virus, on voit qu’il a vocation à s’attaquer à des automates programmables (certes de marque Siemens) utilisés également par des centrales hydro-électriques, par des postes de distribution d’eau potable ou par des oléoducs. C’est-à-dire s’attaquer à nombre de points stratégiques et vulnérables du Venezuela, et qui sont aujourd’hui affectés.

Nathalie Loiseau se pince ou ne se pince pas le nez

3 - J’ai eu la curiosité de faire le rapprochement entre les pays qui ont reconnu l’autoproclamé Juan Guaido – et donc refusé, désormais de reconnaître Nicolas Maduro – et ceux qui ont refusé de reconnaître la Palestine comme État de plein Droit, et qui n’ont donc pas, chez eux, d’ambassade officielle, de plein exercice, de la Palestine. Bien que les deux cartes ne se recouvrent pas, il est intéressant de constater qu’on y trouve le même noyau dur : à savoir l’Europe de l’Ouest (à l’exception de la Suède), l’Amérique du Nord... et Israël.

4 - Lorsque le gouvernement d’Emmanuel Macron reconnaît l’autoproclamé Juan Guaido comme "président" du Venezuela, on peut se demander ce qu’il aurait pensé des pays qui, en avril 1961, auraient reconnu comme gouvernement légal de la France, le quatuor des généraux putschistes d’Alger, Salan, Challes, Jouhaud et Zeller.

bernard-gensane.over-blog.com


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