Hausse des tarifs de l’électricité en juin : la CLCV va demander "l’annulation de cette hausse illégale" devant le Conseil d’État

La "Consommation Logement Cadre de vie" estime que la hausse prévue au 1er juin est infondée.
jeudi 16 mai 2019
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La hausse des tarifs de l’électricité au 1er juin est "illégale, infondée et injuste", a affirmé mardi 14 mai sur France Info François Carlier, le secrétaire général de l’association de défense de consommateurs CLCV (Consommation Logement Cadre de vie).

EDF a confirmé s’attendre à une hausse de 5,9 % du tarif réglementé de l’électricité mais ne sait pas encore s’il y aura un rattrapage tarifaire pour compenser sa mise en oeuvre tardive. "Nous allons très bientôt déposer un recours devant le Conseil d’État pour demander l’annulation de cette hausse", a précisé François Carlier.

franceinfo : Ce rattrapage de la hausse des prix, c’est absolument inévitable ?

François Carlier : C’est absolument évitable en réalité et le suspense reste tout à fait entier car avec l’association CLCV et l’UFC-Que Choisir, nous allons très bientôt déposer un recours devant le Conseil d’État pour demander l’annulation de cette hausse. C’est une hausse qui est illégale. J’insiste, elle est illégale, elle est infondée, elle est injuste. On n’est pas les seuls à le dire, l’Autorité de la concurrence qui fait autorité en la matière a produit deux avis en janvier et en mars pour dire que cette Commission de régulation de l’énergie s’était trompée et a recommandé au gouvernement de ne pas la suivre. Le gouvernement a fait la sourde oreille tant à l’Autorité de la concurrence qu’à l’association de consommateurs, nous allons aller devant le juge et nous espérons bien faire annuler cette hausse.

Pourquoi cette hausse est-elle illégale ?

Elle est illégale parce que la moitié des 5,9 % d’augmentation sont des coûts d’EDF, alors on peut mégoter là-dessus mais ça correspond à une certaine vision de l’augmentation des coûts. L’autre moitié n’a rien à voir avec l’augmentation des coûts. C’est simplement que les opérateurs alternatifs ont des problèmes d’accès au nucléaire parce qu’ils deviennent trop nombreux. Comme ils ont des problèmes d’accès au nucléaire, leurs coûts augmentent. Et comme il faut absolument faire vivre la concurrence, il faut absolument que le marché, que la concurrence survive. Alors la Commission de régulation de l’énergie décide d’augmenter le tarif réglementé d’EDF. En d’autres termes, on augmente les tarifs pour faire vivre la concurrence. C’est complètement fou.

C’est la concurrence qui fait augmenter les coûts alors que ça devrait être l’inverse dans la logique ?

J’avoue que c’est complètement fou comme logique. La concurrence fait monter les prix et la Commission de régulation de l’énergie a décidé toute seule car rien ne l’y obligeait. C’est vraiment l’opinion personnelle de la Commission de régulation de l’énergie qui nous mène à ça. Alors, nous sommes vraiment vent debout contre ce projet qui avantage les opérateurs alternatifs et qui sert aussi EDF parce que ça leur fait de la marge et c’est pour ça que finalement le gouvernement ne dit rien, mais nous on est vraiment opposé à ça et on va aller devant le juge.

Dans les télécoms, au bout d’un moment, les opérateurs alternatifs y sont arrivés. Et puis il y a eu l’innovation technologique et la rupture numérique qui leur a permis de casser les prix. Dans l’électricité, ce n’est pas le cas. C’est un peu le cas dans le domaine du gaz, ça ne marche pas trop mal. L’électricité est vraiment une déception parce que finalement c’est très difficile de concurrencer pour l’instant EDF qui est avec sa rente nucléaire. Les opérateurs alternatifs ont du mal à survivre et ils se mobilisent surtout pour demander des augmentations de prix.

Vous dites que vous considérez cette hausse comme injuste et illégale. Le mot est fort. Comment vous pouvez obtenir gain de cause ?

Avec la CLCV et l’UFC-Que Choisir, nous allons joindre nos forces et avec le même avocat, nous allons déposer un recours devant le Conseil d’État dans les toutes prochaines semaines. Alors soit on fait à la fois un référé pour essayer d’obtenir une décision rapide, soit quoiqu’il arrive on ira sur le fond. Ça prendra 12 à 18 mois pour avoir une décision. Mais si on obtient gain de cause à ce moment-là il y aura un rattrapage à la baisse qui sera fait. En tout cas, on est bien déterminés à se battre. Parce que c’est vraiment quelque chose qui nous révolte.

Le problème c’est la Commission de régulation de l’énergie qui a ouvert le bal et qui a une vision très particulière et cherche avant tout à sauver la concurrence et donc elle fait tout pour que les opérateurs alternatifs survivent. Elle est prête à augmenter de manière très importante ce tarif d’EDF et donc je pense que le gouvernement s’est senti un peu piégé par l’avis de la Commission de régulation de l’énergie. Il aurait dû faire preuve de plus d’audace. Nous, on va aller devant le juge. C’est le Conseil d’État qui va décider et qui sera le juge de paix.

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