Le vivant malade de l’humain

dimanche 9 juin 2019
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Par La Belette

Un jour les animaux ont tenu grand conseil,
L’heure était des plus graves car à force de subir,
De laisser la Nature dégradée sans pareil,
La seule issue pour tous était bien de mourir.
Le groupe se réunit, de nuit sur une plage,
Afin que les poissons, animaux les plus sages,
Puissent y assister, expliquer les raisons,
Qui les poussent ainsi à la contestation.
L’accusé principal brillait par son absence.
On l’avait convoqué, on souhaitait sa présence,
Il avait fait savoir qu’il ne comprenait rien,
À cette agitation à propos de l’humain.
Il se considérait du monde le seul maître,
Seul capable à ses yeux de pouvoir tout soumettre.
Il avait façonné la Terre à ses désirs,
Jouissait de ses fruits pour son propre plaisir.
Animaux éclopés, au bord de l’extinction,
S’avançaient en colonnes, en de tristes légions,
Demandaient la parole pour dénoncer l’outrage,
Faisaient l’état des lieux, décrivaient les dommages.
La terre à l’agonie, les océans aussi,
Bref c’est toute la planète qui était en sursis.
Et l’homme inconscient continuait son action,
Il n’avait à la bouche que le mot « production ».
Les arbres silencieux agitaient leurs ramures,
Eux aussi accusaient, murmuraient l’imposture.
Ils étaient là présents et voulaient dénoncer,
La destruction massive de toutes les forêts.
Un oiseau mazouté exhiba son plumage.
Son image noircie dénonçait les ravages,
Des actes irréfléchis de l’animal humain,
Un être insatiable en matière de besoins.
Les abeilles, oiseaux, victimes des pesticides,
Voulaient dire à l’homme qu’il courait au suicide.
Pour lui, insignifiantes ces toutes petites bêtes,
Méritaient même pas que l’on s’y arrête.
Un ours blanc efflanqué et privé de banquise
Accompagné d’un phoque lui même en pleine crise,
Expliquent simplement que leur milieu de vie,
N’est même plus capable d’assurer leur survie.
Éléphants et gazelles, tigres et léopards
Dirent pour leurs espèces, c’était peut-être trop tard.
Nombreuses étaient celles qui avaient disparu,
Certaines même existantes avant que l’homme parut.
Le plus grand animal existant sur la Terre
Dit tout simplement et sur un ton sévère,
« Dans la mer, continent qui vit naître la vie,
Nous sommes à deux doigts d’entendre le dernier cri
 »
L’accablant plaidoyer de tout ce qui respire,
Conclut à l’évidence qu’on allait vers le pire,
Que le cerveau humain paraît-il supérieur
Était bien incapable d’assurer le bonheur.
Sur cette planète bleue, tout est fait pour la vie,
Il suffit d’une espèce pour que tout soit pourri.
Que celle-ci s’impose comme maître absolu,
Biodiversité, il n’y en aura plus.
L’homme parut enfin à la surprise de tous,
Regarda l’assemblée assise, lui debout.
Ne dit le moindre mot, eut un large sourire,
Chez tous les animaux on s’attendait au pire.
Le pire prit la forme d’un silence méprisant,
Observa l’assemblée de son regard toisant,
Puis ayant bien compris qu’il resterait le maître,
Ressortit doucement sans rien laisser paraître.
L’avenir compromis de tout ce qui est vivant,
N’effleurait même pas cet être tout puissant,
Que son aveuglement menait droit à sa perte
Et faisait de la Terre une roche déserte.

La Belette
Mai 2019


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