Ce que la Commission européenne impose à la France (qui obéira...)

samedi 15 juin 2019
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Par Bernard Gensane

Le 5 juin 2019, la Commission européenne a dicté ses chaudes recommandations au banquier éborgneur pour l’année 2019. Dans un document intitulé “Recommandation du Conseil concernant le programme national de réforme de la France pour 2019 et portant avis du Conseil sur le programme de stabilité de la France pour 2019”, la Commission a fixé la ligne de route à suivre. Austérité, baisse des dépenses de la sécu, cadeaux fiscaux aux multinationales, libéralisations, précarisation sont au menu de cette guerre aux pauvres et aux travailleurs en général.

La Commission exige que “le taux de croissance nominale des dépenses publiques primaires nettes ne dépasse pas 1,4 % (…) soit un ajustement structurel annuel de 0,6 % du PIB”. L’Union Européenne impose à la France de supprimer 0,6 % de PIB de ses dépenses publiques. Soit 14 milliards d’euros environ, l’équivalent du budget du ministère de l’Écologie. Une même réduction devra avoir lieu en 2020.

Santé :créer les bonnes incitations et promouvoir la collaboration entre acteurs publics et privés”. Attendons-nous à un déremboursement massif des soins, et à toujours plus de privatisation de l’Hôpital pour le bénéfice des cliniques privées.

Retraites :La réforme prévue du système de retraite pourrait aider à alléger la dette publique à moyen terme et réduire ainsi les risques pesant sur sa soutenabilité (sic). L’équilibre budgétaire du système de retraite dépend fortement des hypothèses macroéconomiques. Plus de 40 régimes de retraite coexistent en France.” Vite, le régime unique avec un recul généralisé du départ à la retraite et la diminution des pensions.

Action Publique 2022 :le gouvernement ne s’est pas concentré sur le chiffrage des économies potentielles. Cette démarche peut s’expliquer par la complexité du processus de réforme et par la nécessité de faciliter le débat public sur des questions sensibles. Dans l’ensemble, les informations disponibles révèlent une adhésion partielle aux orientations adoptées en 2016 par l’Eurogroupe pour les revues de dépenses”. Attendons-nous à de nouvelles saignées dans les services publics.

Collectivités locales :le nombre de communes n’a que légèrement diminué et dépasse encore 34 000, chiffre de loin le plus élevé de l’UE”. Supprimez donc les communes pour les remplacer par des euro-régions et des euro-métropoles.

Dette publique :Il est essentiel que la France réalise un effort budgétaire améliorant de façon décisive son solde primaire structurel”. Il est donc interdit de contrôler l’endettement par la banque centrale.

Énergie :Des investissements supplémentaires dans les interconnexions, en particulier avec la péninsule ibérique, pourraient contribuer à une plus grande intégration du marché intérieur européen de l’énergie, tout en renforçant la concurrence et en facilitant le déploiement des énergies renouvelables”. Pour parachever la privatisation de l’énergie et l’ouverture à la concurrence, il faut implanter des lignes à très haute tension pour permettre à l’Allemagne d’obliger l’Espagne à acheter son surplus de pic de production éolien.

Fiscalité :Le système français d’imposition, (…) reste très complexe, ce qui pèse sur l’environnement des entreprises. Cette complexité comporte un risque d’illisibilité, qui accroît les coûts de mise en conformité et l’insécurité juridique, au détriment de l’attractivité de la France, et crée des possibilités d’évasion fiscale.” Il faut donc encore abaisser les impôts sur les entreprises et inscrire la France dans le dumping fiscal généralisé.

Concernant les TPE du style taxis, petits artisans, restaurateurs :Malgré les progrès réalisés et l’adoption de réformes ambitieuses, il subsiste des barrières à l’entrée dans les services aux entreprises et dans les professions réglementées, et la concurrence y demeure faible. Le manque de concurrence dans les services, associé à des coûts de main-d’œuvre élevés, a contribué à maintenir les prix à un niveau élevé, notamment dans les transactions immobilières, le logement, la restauration et les services juridiques et comptables”. Aggravons encore la précarisation dans ces domaines.

Loi Pacte :Cette réforme ne portera ses fruits que si elle est mise en œuvre intégralement et dans les délais.” Balayons les Droits sociaux en permettant à des milliers d’entreprises d’échapper aux seuils permettant de renforcer les Droits des travailleurs lorsqu’un effectif suffisant est atteint.

Et pourtant, la France du banquier éborgneur est vraiment une bonne élève !

bernard-gensane.over-blog.com


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