Fourest, Allah sot !

dimanche 13 octobre 2019
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Par Christophe Kantcheff

Pour ses débuts dans le cinéma, Caroline Fourest s’est lancée dans le film de guerre. Le résultat, Sœurs d’armes, se distingue de La Grande Vadrouille par son comique involontaire.

Caroline Fourest n’a pas de limites. C’est d’ailleurs à ça qu’on la reconnaît. Après avoir été essayiste honnête, spécialiste en tout dans les médias, ethnologue chez les Femen et groupie de Manuel Valls, la voilà qui commet un film, Sœurs d’armes. Comme Murnau, Renoir et John Ford. Ou Yann Moix, Baffie et BHL. Au choix. Pour ses débuts, Caroline Fourest s’est lancée dans le film de guerre. Pas vraiment La Grande Vadrouille, mais avec une dimension comique tout de même – involontaire. D’un côté, les « sœurs d’armes » du Kurdistan syrien, des amazones sexy en diable ; de l’autre, des Daechiens sauvages à poil dur.

Disposant d’un gros budget, Caroline Fourest a multiplié les scènes d’action. Moult pan-pan par-ci, force boum-boum par-là, et une pluie de roquettes qui tombent du ciel sur les méchants. À côté, Apocalypse Now, c’est Le Désert des Tartares. La réalisatrice a étoffé sa palette esthétique en prenant conseil auprès de (faux) amis. L’un d’eux lui a montré la touche « ralenti » pour faire artistique ; un autre lui a appris la recette du saindoux sonore dont elle a bardé ses images ; un troisième lui a fait visiter le salon de l’explosif. On reconnaît les grands maîtres à leur sobriété. Et les tartineurs à leur tartinage.

La brigade internationale des combattantes kurdes intègre des nouvelles recrues françaises : une juive et une Arabe. Yaël (Esther Garrel), dotée d’un master « génocides » (sic), dont la grand-mère a été déportée ; et Kenza (Camélia Jordana), dont la sœur a été tuée pour avoir refusé de porter le voile en Algérie durant les années de plomb. L’Arménienne et la chrétienne d’Orient ont dû être coupées au montage… Kenza se proclame « musulmane cool ». Mais, selon Fourest, il y a mieux pour une musulmane : la mécréance. Telle est la cheffe kurde de la brigade (Amira Casar). L’islam, ce serait tellement plus cool s’il n’y avait personne pour y croire  !

La réalisatrice, qui n’oublie pas qu’elle sait des choses, éduque le spectateur sur les Yézidis, le Kurdistan ou la laïcité version islamophobe. Sœurs d’armes, c’est « Connaissance du monde » pour les nazes. On dit merci qui ? L’an dernier, Les Filles du soleil, d’Eva Husson, racontait la même histoire. Un ratage que Caroline Fourest sauve à sa manière en faisant pire. Le visionner l’aurait peut-être édifiée. D’autres films aussi, des classiques par exemple, qui lui auraient donné une idée de ce à quoi ressemble le cinéma. À vouloir tout (ré)inventer comme une grande, la vestale laïcarde signe un chef-d’œuvre de souverains poncifs.

politis.fr


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