Prélèvement ADN & risque d’utilisation à des fins « PARTICULIERES » 1/2

lundi 10 décembre 2007
par  Dr Marie-Hélène Groussac
popularité : 2%

Le 04 décembre 2007

Initialement, le prélèvement ADN utilisé à des fins légales consistait à prélever des cellules de la face interne de la joue et à les isoler dans des tubes stériles qui sont conservés par certains services de police scientifique dans des conteners, ce, afin de pouvoir vérifier la concordance avec l’ADN d’un sujet commettant ultérieurement un acte considéré comme répréhensible.

Cependant, avec l’informatisation et certains logiciels de police, afin de repérer rapidement si un auteur d’acte délictueux est déjà fiché dans cette « bibliothèque », le traitement des prélèvements est forcément opéré systématiquement rapidement et préalablement à toute possible récidive, de manière à informatiser les données que contiennent ces génomes. Les cellules ne sont plus conservées dans l’azote liquide mais traitées immédiatement, de manière à isoler l’ADN. Cet ADN est ensuite l’objet d’une amplification par la technique de PCR : cela consiste à multiplier à la puissance N ce matériel génétique. Ensuite, les individus étant tous différents au niveau de l’ADN comme au niveau de leurs empreintes digitales, il suffit de choisir quelques gènes où les variations individuelles sont connues pour être importantes, pour obtenir une « image génétique » d’un sujet. La comparaison de l’ADN d’un sujet ciblé comme problématique avec l’ADN des sujets de la « bibliothèque » permet de dire avec un risque d’erreur pratiquement nul si le sujet est déjà inclus dans ce panel. Pour se faire, des logiciels spécifiques existent permettant une comparaison rapide du sujet ciblé avec cette nouvelle bibliothèque, informatisée cette fois-ci.
Voilà pour le principe.

Mais dans un pays où règne « l’intelligence économique », c’est-à-dire un espionnage au profit d’industries protégées par l’état, des dérives sont possibles. En effet, la possession, par cet état, de ces informations génomiques personnelles permet de mettre à la disposition de ses services secrets, soit sciemment, soit illégalement, les informations détenues dans ces génomes individuels. Les possibilités par des hackers de rompre les barrières de sécurité informatique peuvent mettre les informations détenues sur ces génomes à la disposition de n’importe quel système : d’où un risque d’utilisation à des fins pas très catholiques.

Parmi ces informations, se trouvent, par exemple, des gènes de prédisposition à des cancers, des gènes de susceptibilité à certaines substances qui, chez certains individus, rendent cancérigènes des toxiques. L’intérêt est évident. Il suffit de repérer un gène de susceptibilité chez un sujet pour savoir précisément que l’injection d’une substance déclenchera, par exemple, un cancer. Dans d’autres cas, ce pourrait être, par exemple, une maladie dégénérative neurologique ou une susceptibilité à une drogue psychiatrique.

Parmi ces gènes, certains sont fréquents. Citons le gène APC dont j’ai largement parlé dans les pathologies induites par le vaccin hépatite B, vaccin qui a d’ailleurs été initialement conçu par les services de la recherche scientifique des services secrets militaires américains à des fins particulières, visant certaines populations internes aux USA et extérieures (ref. : La guerre des virus de Leonard G. Horowitz, traduit de l’américain, éditions félix). Citons les gènes BCRA1 et BCRA2, les variations des cytochromes, enzymes hépatiques de traitement des aliments, des toxiques et des médicaments.

La connaissance d’une variation d’un sujet concernant par exemple un gène de susceptibilité à un toxique ou à une drogue médicamenteuse, permet ensuite, en administrant la substance en cause, de rendre malade ou même d’entraîner la mort du sujet.

Aussi les prélèvements d’ADN, initialement pour repérage des récidives d’actes considérés comme répréhensibles par la loi, permettent des manœuvres beaucoup plus insidieuses, par le biais de l’utilisation de certaines connaissances scientifiques et un éventuel couplage à une utilisation par certains services secrets.

Il ne s’agit nullement de fiction lointaine, ce genre de dérive est déjà parmi nous. Au travers de l’histoire d’agression de certains médecins, je peux dire que de tels procédés ne sont, en France, pas du domaine de l’utopie.

Docteur Marie-Hélène GROUSSAC


Commentaires

Logo de notod
Prélèvement ADN & risque d’utilisation à des fins « PARTICULIERES » 1/2
lundi 10 décembre 2007 à 10h07 - par  notod

Merci pour cet article passionnant. Je n’avait jamais imaginé à quel point un prélèvement ADN pouvait être une source d’informations pour une entité mal-intentionnée.

http://notod.on-web.fr/

Agenda

<<

2019

 

<<

Octobre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
30123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031123
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Brèves

Corrida pouah !

mercredi 14 janvier 2015