États-Unis : l’argent ne fait pas l’élection, mais…

lundi 7 janvier 2008
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par Vincent Nouzille

Victoire du démocrate Obama et du républicain Huckabee dans l’Iowa. Mais la campagne présidentielle sera longue et coûteuse. Le cirque a quelque chose de démesuré. Près de 3 000 journalistes se sont pressés ces derniers jours à Des Moines, la capitale de l’Iowa, premier Etat américain qui a appellé, le 3 janvier, ses citoyens-militants des deux partis, démocrate et républicain, à désigner leur chouchou respectif dans la course à la Maison-Blanche. En l’occurence, le sénateur noir Barack Obama l’emporte avec 38% des voix démocrates, tandis que l’ex-pasteur Mick Huckabee prend les devants chez les républicains, avec 34% ds suffrages des militants.

Même si elle n’a rien de définitivement éliminatoire, cette première primaire est stratégique pour les chevaux en course. Obama prend l’ascendant, sans pour autant que ses principaux rivaux démocrates, John Edwards (30% des voix) et la sénatrice Hillary Clinton (qui prend une claque avec 29%) puissent se considérer comme largués. Huckabee va se sentir pousser des ailes, puisqu’il n’était pas le favori, mais ses principaux poursuivants ne vont pas lâcher prise, Mitt Romney ayant réuni 25% des vois républicaines, Fred Thompson et John McCain 13% chacun.

Modeste Etat du Midwest ouvrier et rural, l’Iowa, avec ses 3 millions d’habitants, était au centre de toutes leurs attentions depuis des mois. Ils y ont multiplié les tournées en pleine tempête hivernale, les réunions «  tupperware », les visites « tous sourires » au milieu des mères de familles ou des charpentiers du crû. Chacun a rôdé ses messages, son charisme, ses slogans, ses attaques. L’ex-First Lady Hillary y a débarqué avec sa mère et sa fille pour montrer qu’elle était fière de sa famille. John Edwards a tenu 200 meetings, ce qui semble avoir payé. Le républicain Mitt Romney, un milliardaire mormon, ancien gouverneur du Massachussets, a diffusé près de 8 000 spots de publicité sur les chaînes locales, sans retour évident, puisqu’il n’emporte pas la primaire. L’ensemble des candidats ont déjà dépensé 40 millions de dollars pour cette primaire de l’Iowa.Trois fois plus que lors des précédentes élections en 2004. Ce n’est, pourtant, que le début du grand carnaval.

Un budget de 500 millions de dollars pour chaque finaliste

Le 8 janvier, le New Hampshire prendra la suite de l’Iowa, avant le « super-Tuesday » du 5 février, lorsque les électeurs d’une vingtaine d’Etats, incluant des poids lourds comme la Californie, New York, l’Illinois ou l’Arkansas, voteront pour leurs favoris. Le périple des primaires se prolongera jusqu’au 28 juin, jour du dernier vote du Nebraska. Juste avant les deux grand-messes des conventions qui désigneront les deux finalistes : fin août pour le parti démocrate à Denver et début septembre pour le parti républicain à Minneapolis. Ce sera alors le top départ de la « vraie » campagne, jusqu’à l’élection présidentielle qui aura lieu le 4 novembre prochain. C’est dire si chaque écurie aura besoin de souffle, d’idées, de répondant… et d’argent pour tenir le plus longtemps possible dans cette course d’obstacles qui a débuté il y a plus de 9 mois et va encore s’étirer sur plus de 10 mois.

Quelques sites pour suivre la campagne américaine 2008
On peut suivre toute l’actualité politique de l’Iowa sur le site du journal de la capitale Le Des Moines Register, très complet, actualisé en temps réel.

L’ensemble de la campagne est couvert de manière très complète par les grands quotidiens américains, des blogs et des sites français. Notre sélection :

Un blog de campagne du Washington Post, avec de nombreux liens et reportages.

Un blog de la campagne sur le site du New York Times

Les analyses décalées du webzine Slate

Le site de l’organisme indépendant opensecrets sur les financements de la campagne, très instructif et bourré de chiffres

Les chroniques amusées et rafraîchissantes des deux présentateurs de Political Lunch

Le site officiel gouvernemental des Etats-Unis sur les élections

le blog très vivant de la correspondante du Monde aux États-Unis, Corine Lesnes

L’excellent blog de François Clémenceau, correspondant d’Europe 1 aux Etats-Unis, qui suit toute la campagne de très près, livre au jour le jour ses analyses et indique de nombreux liens

Le dossier permanent du nouvelobs.com sur le sujet

Un forum de commentaires sur les élections américaines.

L’argent ne fait pas forcément le vainqueur, mais, sans lui, personne ne peut arriver au bout. Les dollars conditionnent l’endurance. En 2004, George Bush, qui avait amassé 367 millions de dollars, a battu son rival John Kerry, qui n’avait rassemblé "que" 328 millions. Cette fois-ci, les records seront battus, aux dires des experts : les deux finalistes devront probablement trouver 500 millions de dollars chacun pour pouvoir entrer éventuellement à la Maison Blanche. A ce jour, les 16 prétendants ont déjà levé 420 millions de dollars en neuf mois de précampagne. Mais, au vu de leurs magots respectifs, leurs chances sont loin d’être égales.

Les trésors des principaux rivaux

Côté démocrate, la candidate Hillary Hinton arrive, pour le moment, en tête des fonds levés lors de sa précampagne, avec 90 millions de dollars glanés dans tout le pays, selon les données financières recueillies par le site indépendant opensecrets. Sur ce montant, elle a déjà dépensé 40 millions, ce qui lui laisse un confortable matelas de 50 millions pour poursuivre sa course, sans compter les futures tournées de "fund-raising". Son premier revers dans l’Iowa risque de freiner un peu l’enthousiasme de ses donateurs.

Son challenger Barack Obama la suit de près, avec 80 millions de dollars récoltés, dont 44 millions partis en fumée. Obama a donc encore des réserves et il va pouvoir surfer sur sa victoire nette dans l’Iowa pour attirer à lui de généreux sponsors, séduits par son discours sur le changement. Le troisième larron démocrate, John Edwards, a dilapidé 18 millions de dollars sur les 30 millions levés ; sa deuxième place le 3 janvier lui permet de rester crédible, mais sa marge de manœuvre financière est plus étroite. Les cinq autres candidats démocrates, sans le sou ou presque, comptent déjà pour du beurre. Joe Biden et Chris Dodd, avec moins de 1% dans l’Iowa, ont renoncé à continuer de briguer l’investiture.

Du côté républicain, Mitt Romney a dépensé 53 millions de dollars sur les 62 millions qu’il a récoltés à ce jour. C’est dire si, pour lui, le début de la campagne était importante. Mais il n’a pas encore convaincu et il ne lui reste pas beaucoup de dollars au fond de ses poches, même si sa fortune personnelle est importante. Le gagnant de l’Iowa, Mike Huckabee, lui, presque inconnu il y a quelques semaines, a un retard considérale à rattraper : il n’a assemblé pour le moment que 2,3 millions de dollars et il a dépensé l’essentiel de cette somme. Sa victoire devrait évidemment lui attirer des nouveaux fonds, mais sa campagne risque de vite s’essoufler s’il n’a pas assez d’argent pour la financer.

De son côté, l’ex-maire de New York, Rudy Giuliani a été plus prudent : il n’a brûlé que 30 millions sur les 47 millions amassés par ses équipes et semble vouloir jouer le long terme, ayant un peu délaissé l’Iowa pour se concentrer sur les primaires suivantes. L’ancien acteur Fred Thompson, qui semble investir dans une campagne minimale, n’a plus que 12 millions de dollars en réserve.

Le cinquième prétendant républicain de poids, John Mc Cain, n’a, quant à lui, presque plus de munitions, ayant consommé 28 millions sur les 32 millions dont il dispose à ce jour. S’il échoue lors des futures primaires, il risque de ne pas s’en relever, ayant alors peu de chances de convaincre des donateurs de parier sur lui. Les autres candidats font, quant à eux, de la figuration, avec de maigres subsides dans leurs valises, tels que les 22 768 dollars de l’inconnu Alan Keyes.

Pour suivre les premiers résultats de l’Iowa, Bakchich vous offrira dès que possible la brillante analyse de notre chroniqueur américain, Doug Ireland, dont on peut lire ici la dernière chronique acide sur Hillary Clinton.

bakchich.info


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Brèves

Israël refoule un navire d’aide faisant route vers Gaza

jeudi 15 janvier 2009

La marine israélienne a refoulé un navire battant pavillon grec et transportant de l’aide destinée aux Palestiniens de la bande de Gaza, rapportent des militants.
Le navire, à bord duquel se trouvaient 21 personnes, a été intercepté à une centaine de milles nautiques au nord-est de Gaza, a déclaré Houwaida Arraf, l’une des organisatrices de la mission du Mouvement Gaza libre, basé aux États-Unis.
"Ils (les navires israéliens) sont venus tout près et ont menacé d’ouvrir le feu sur nous si nous poursuivions notre route", a dit Arraf à Reuters à bord du bateau d’aide, qui retourne actuellement à Chypre.
"Ils nous ont cernés avec leurs quatre navires de guerre, et il était très difficile de naviguer. Ils ont dit qu’ils auraient recours à tous les moyens pour nous tenir à l’écart de Gaza", a dit la militante.
Mercredi, Israël avait déjà ordonné à un navire iranien transportant une aide humanitaire aux Palestiniens de faire demi-tour.

Le président de l’Assemblée générale de l’Onu menacé de mort

mardi 16 décembre 2008

( Mardi, 16 décembre 2008 )

Le président de l’Assemblée générale des Nations unies, le Nicaraguayen Miguel D’Escoto, volontiers critique envers Israël et les Etats-Unis, a fait l’objet de menaces de mort sur internet, a déclaré lundi 15 décembre son porte-parole.

"Il y a des menaces très graves contre sa vie et il les prend au sérieux", a dit à la presse Enrique Yeves. "L’équipe de sécurité de l’Onu les prend également au sérieux."
D’Escoto, prêtre catholique et ancien ministre des Affaires étrangères du Nicaragua, a émis de nombreuses critiques envers Israël et les Etats-Unis depuis qu’il a pris la tête de l’Assemblée générale de l’Onu, en septembre.

Il a récemment comparé l’attitude d’Israël envers les Palestiniens à la politique de ségrégation en Afrique du Sud du temps de l’apartheid.
Selon Yeves, les services de D’Escoto ont repéré les menaces sur internet il y a quelques jours et en ont informé la sécurité de l’Onu ainsi que les autorités américaines.
D’Escoto a pris des "mesures de sécurité extraordinaires", a expliqué son porte-parole, sans plus de précisions.
D’Escoto était le chef de la diplomatie nicaraguayenne dans les années 1980, lorsque le gouvernement sandiniste combattait l’insurrection des "Contras" soutenue par Washington.
En 2004, il avait qualifié dans une interview l’ex-président américain Ronald Reagan de "boucher de (son) peuple" et avait estimé que George Bush était son héritier spirituel.

aloufok.net

relations UE/Israël

mercredi 3 décembre 2008

la demande de report du vote sur le "rehaussement" des relations UE/Israël , sur lequel vous m’avez, à juste titre, interpellée, vient d’être adoptée.

Cette demande avait été déposée par le groupe des Verts et celui de la GUE, arguant que l’absence totale de progrès sur le plan du processus de paix devait amener le Parlement européen à refuser de se prononcer en l’état afin d’exercer une pression sur Israël. Cette position a été soutenue par une majorité de parlementaires européens et il n’y aura donc pas de vote demain.

Je ne manquerai pas de vous tenir informés des prochains développements de ce dossier et vous remercie encore de votre mobilisation.

Bien cordialement,
Hélène Flautre Eurodéputée

Communiqué de l’Afps

vendredi 30 novembre 2007

L’AFPS condamne la répression policière en Cisjordanie contre les milliers de Palestiniens qui manifestaient pacifiquement leur hostilité au sommet d’Annapolis le 27 novembre 2007

répression qui a fait un mort à Hébron en plus de dizaines de blessés dans plusieurs villes de Cisjordanie, et qui s’est traduite par de nombreuses arrestations.

L’Afps s’inquiète aussi de la restriction préoccupante de la liberté d’expression de la société civile qui s’exprimait dans le calme mais dont des membres connus ont pourtant été arrêtés et de la répression des médias palestiniens dont certains acteurs ont été violement battus et emprisonnés par la police palestinienne .

Venant après la répression de la manifestation de l’OLP à Gaza à l’occasion du troisième anniversaire de la mort de Yasser Arafat, cette répression ne peut que creuser la brèche entre le Hamas et le Fatah et risque aussi de créer une rupture entre l’Autorité palestinienne et la société civile palestinienne, rendant impossible tout retour à l’union nationale indispensable pour affronter ensemble les enjeux posés par l’après sommet d’Annapolis.

L’Afps réaffirme que cette confrontation inter-palestinienne, qui ne fait que favoriser les projets de la politique d’occupation israélienne, tire son origine de la situation dramatique imposée à la société palestinienne par le blocus exercé par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne, en particulier sur la bande de Gaza. Elle s’alimente de l’absence de perspectives politiques créée par le refus des mêmes puissances d’imposer à Israël la solution répondant aux principes du droit international pour aboutir enfin à l’Etat palestinien indépendant viable et souverain dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale ainsi qu’à une solution fondée sur les résolutions des Nations unies pour les réfugiés palestiniens.

Paris, 29 novembre 2007


Refroidissement vénézuelo-colombien

dimanche 25 novembre 2007

Altermonde 25/11/07 - 23 heures

Le président Hugo Chavez annonce le gel des relations entre le Vénézuela et la Colombie suite au comportement inadmissible du président colombien Uribe concernant les procédures de négociations avec les FARC en vue de la libération d’otages... Ceci sachant que Uribe est coutumier de ces revirements et changements au gré de ses humeurs du moment... M.B.