Pétition de soutien à Véronique Lapides

Reçu de Cardabelle
vendredi 8 février 2008
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"Les pollueurs sont mieux défendus par les administrations que par l’Etat.
(C.VIALA, lors de la CLIS de l’incinérateur de Sète, 2007)." Le préfet a bien sur demandé que ces propos ne soient pas mentionnés au "procès-verbal".

En 1999, suite à l’apparition de cancers infantiles rares sur l’ex-site de l’usine Kodak à Vincennes, des alertes sanitaires successives sont lancées, sans succès par la directrice de l’Ecole maternelle Franklin Roosevelt auprès de sa hiérarchie, puis par le toxicologue Henri Pezerat (CNRS) auprès des autorités. Une enquête succincte conclut que seul le hasard est en cause.

C’est en 2001 face au recensement dans l’école d’un nouveau cas de cancer d’enfant que les habitants du quartier regroupés au sein du Collectif Vigilance Franklin (CVF) se sont mobilisés. Ce mouvement citoyen d’alerte regroupant plus de trois cents familles et soutenu scientifiquement par Henri Pezerat est rendu public par les médias. Le Préfet met en place un comité de suivi, incluant le CVF et un comité scientifique. Les études environnementales, menées par Kodak, ont montré une pollution importante des terres et de la nappe phréatique notamment par des composés chlorés, dont certains sont cancérogènes.

Aujourd’hui, aucune mesure de dépollution du site n’a été entreprise et le CVF, cosignataire d’un tract en juin 2006 avec des représentants d’agents du Ministère des Finances (dont 600 devaient emménager sur ce site) est traîné en justice pour diffamation par le Maire de Vincennes. Ce tract mettait en cause la Préfecture et la Mairie sur leurs refus de prendre leurs responsabilités quant à la nécessaire dépollution du site.

Nous, signataires de cette pétition, exprimons notre soutien à Véronique Lapides, présidente du Collectif Vigilance Franklin mise en examen dans la procédure que lui impose le Maire de Vincennes.

Les études environnementales, menées par Kodak, ont montré une pollution
importante des terres, de la nappe phréatique notamment par des composés chlorés,
dont certains sont cancérogènes, ainsi que des transferts gazeux vers l’air ambiant
dans un parking profond de bureaux (la nappe était encore haute en 2002 et s’infiltrait
dans les fosses des ascenseurs).
L’étude épidémiologique, faite par le comité scientifique, a recensé entre 1995 et 2001,
6 cas de cancers d’enfants de moins de 6 ans (ayant ou non fréquenté l’école mais
ayant habité sur l’ex- site Kodak ou principalement à sa périphérie), l’excès de cas est
confirmé, puis ultérieurement en 2003, le cas d’un enfant, plus âgé, ayant une tumeur
intracrânienne

Le CVF a pu émettre des avis tout au long de l’enquête et relever de nombreuses
incohérences dans la démarche et les hypothèses retenues : pas d’études menées sur les
lieux de vie des enfants atteints et sur les risques spécifiques de la femme enceinte, peu de
substances Kodak étudiées (par manque de temps, d’étalon, de données toxicologiques)
dilution par artifices statistiques de l’excès de risque dans l’étude épidémiologique… A son
sujet, le comité scientifique dira dans le BEH* de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) n°7-8 de
février 2007 : « les représentants du CVF ont eu un impact réel sur le contenu des études.
Un processus d’acculturation mutuel entre citoyens et experts s’est lentement opéré »
Mais bien que les prélèvements divers aient montré la dangerosité de la nappe aucune
dépollution du site n’a été demandée par les autorités, alors que pour une pollution
semblable sur un site beaucoup moins urbanisé, à Sevran, Kodak a engagé, en 2003,
une dépollution de sa friche.
En 2003, le résultat de Etude Détaillée des Risques (une première sur site construit) s’est
borné à un seul constat : il n’y a pas actuellement de risque environnemental avéré et
spécifique sur le site urbain concerné.

A la demande du comité scientifique, une surveillance
du site, de trois ans, prescrite par arrêté préfectoral, est imposé à la Société Kodak (juin
2004-mars 2007). L’objectif du suivi environnemental, recommandé par le comité
scientifique, était de s’assurer que les agents toxiques actuellement présents dans les
milieux souterrains ne migrent pas dans les lieux fréquentés par les habitants du quartier
Sud de Vincennes. Cet objectif incluait également le contrôle de quelques résultats de
mesures incertains sur lesquels avait été fondée l’Etude Quantitative des Risques
Sanitaires.

Mais cette surveillance n’apparaît pas comme une garantie suffisante d’alerte car elle
semble être traitée comme une opération de routine, sans tierce expertise et sans
concertation entre les parties prenantes, le comité de suivi et scientifique ayant été dissous
en 2003. Le CVF, toujours vigilant, a alerté les autorités de la non-application de certains
articles de l’arrêté préfectoral du fait de travaux effectués sur des zones stratégiques en
sous-sol : certains prélèvements d’air et d’eau de la nappe, en vue d’analyses, n’ont pas pu
être effectués
. Mais avant tout cette surveillance n’a pas été en mesure de répondre aux
objectifs visés lors de sa mise en place.
Cette nappe polluée, dont le niveau a baissé depuis 2001 et qui peut remonter avec la
fréquence des pluies, est incontrôlable, difficile à cerner : les transferts gazeux de cette
nappe vers les lieux de vie ne sont pas connus dans la zone construite. Il est impossible
d’exclure que les personnes qui habitent, travaillent, vont à l’école sur cette zone n’ont pu ou
ne pourront être exposées à des polluants cancérogènes à plus ou moins long terme. Le
principe de précaution aurait impliqué une dépollution de la nappe impactée, demande
récurrente du CVF.

La plainte :

C’est dans ce contexte en juin 2006, que les syndicats et membres du CHSCT du Ministère
des Finances (MINEFI) devant emménager dans des locaux situés sur l’ancien site Kodak,
ont demandé au CVF et à Henri Pezerat de participer en qualité d’expert à une réunion du
CHSS « C » concernant ce projet. Plus de 1100 agents et les organisations syndicales
s’opposaient à une délocalisation de leurs bureaux sur ce site reconnu comme pollué et
demandaient sa dépollution avant leur transfert
. Au préalable à cette réunion, le CVF a
cosigné un tract avec des représentants de ces agents, dont 600 devaient emménager sur
ce site. Nous mettions en cause, la Préfecture et la Mairie sur leurs refus de prendre leurs
responsabilités quant à la nécessaire dépollution du site.
Pour sa part, le Maire de
Vincennes, s’estimant diffamé, a choisi de porter l’affaire devant les tribunaux.

En tant que
présidente du CVF, Véronique Lapides, se retrouve mise en examen et sera défendue par
Maître Jean-Paul Teissonnière.
Le Ministère des Finances a finalement renoncé à s’installer sur ce site. La pression
des agents de ce Ministère et la simple application du principe de précaution ne sont
certainement pas étrangers à cette décision. Ils ont déménagé, par la suite, à
Montreuil.

Conclusion :
Les autorités ont traité l’alerte en 2001 sous une pression citoyenne et médiatique
mais une fois la crise sociale gérée, le problème de cette pollution est resté entier. Si
lors de la vente de Kodak, un diagnostic (sols et eaux de la nappe) avait été fait, il
est peu probable que les autorités aient laissé installer une école maternelle, des
habitations et des bureaux sur cet emplacement. Pourquoi devoir subir les
négligences du passé ?

Par ailleurs, le CVF agit pour que son histoire ait valeur d’exemple et ne se reproduise pas :

- En demandant une poursuite accrue des recherches dans le domaine santé-environnement
afin de faire progresser les connaissances en regroupant les
dossiers afin de faire valoir le lien qui existe entre regroupement de cas de
cancers et pollution environnementale – Audition InVS groupe de travail n°3 sept
2007- demande présentée lors du Grenelle de l’environnement (participation à la
journée Ile de France à Drancy 17 octobre 2007, groupe de travail n°3)

- Mais également dans la demande d’une véritable implication des populations
dans la gestion des risques sanitaires liés aux sites et sols pollués, dans la
recherche de garanties concernant l’indépendance des études par rapport à
l’industriel et à toutes pressions extérieures : économique ou politique.

cf/article
du CVF dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) de l’InVS n°7-8 du 27
février 2007.
Et auditions par les CIRE d’Ile de France 2005 et l’InVS groupe de
travail n°3 sept 2007.

Le CVF, en tant que mouvement citoyen d’alerte sanitaire pour l’intérêt général, est
intervenu au colloque de la Fondation « Sciences Citoyennes » sur la protection du
lanceur l’alerte en mars 2003 à Jussieu, montrant à travers son exemple le besoin
urgent de protéger ce genre d’action.
Le livre « ALERTES SANTE, experts et citoyens
face aux intérêts privés » édition Fayard 2005, d’André Cicolella et Dorothée Benoit
Browaeys, a fait suite au colloque, un chapitre étant consacré à l’alerte citoyenne
lancée par le CVF.

Des livres de référence :

- André Cicolella (chercheur en santé environnementale, spécialiste de
l’évaluation des risques dans un établissement de recherche publique), et
Dorothée Benoit Browaeys, ont écrit « ALERTES SANTE, experts et citoyens
face aux intérêts privés
 » édition Fayard, sortie en 2005. Les auteurs ont consacré
un chapitre à l’alerte citoyenne lancée par le CVF sur l’affaire Kodak/Vincennes.

- Frédéric Ogé (chercheur au CNRS et concepteur de la méthode d’inventaire des
sites potentiellement pollués) et Pierre Simon, ont écrit un livre/guide « Sites pollués
en France » enquête sur un scandale sanitair
e, édition Librio 2004 :

Le constat
est sévère :

la France compte 300 000 sites potentiellement pollués. Combien
d’écoles, de foyers, de lieux publics sont encore construits sur des sites contaminés ?
en exemple : Kodak/Vincennes en Ile-de-France ?

- Geneviève Barbier (médecin) dans son livre « la société cancérogène » lutte-t-on
vraiment contre le cancer ?
 » édition de la Martinière, sortie en avril 2004.

- BEH : Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire de l’InVS, consultable sur leur site.

Pour en savoir plus : collectifvigilancefranklin.blogspot.com

Pour signer la pétition en ligne : sciencescitoyennes.org


Le collège de Frontignan (Hérault) a été construit en 2001-2002 sur 5000 tonnes de mâchefers, résidus d’incinération de l’incinérateur de Sète, qui contiennet des métaux lours, des dioxines en quantité "anormalement " élevé. Il est en zone inondable, inondée récemment, ce qui est interdit par la circulaire de mai 1994 et maintenant par l’arrêté ministéreiel de septembre 2002 relatif à la mise en conformité des usines d’incinération d’ordures ménagères.

Mais chut, Véolia et cie doivent dormir sur leurs deux oreilles et leurs bénéfices pour que cela ne dérange personne.


Commentaires

Pétition de soutien à Véronique Lapides
vendredi 8 février 2008 à 20h33

Mais chut, Véolia et cie doivent dormir sur leurs deux oreilles et leurs bénéfices pour que cela ne dérange personne.

Il existe des bombes à retardement chimiques qui vont exploser bientôt sur toute la surface de la planète... Combien de morts seront nécessaire pour mettre en cause les multinationales ?

Regardez la Russie...

Et combien vont encore allez voter pour des clowns ?

Réveillez-vous réveillez-vous...!!!

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Brèves

OGM : 8 mois ferme requis contre José Bové à Bordeaux

mercredi 27 août 2008

BORDEAUX - Le procureur de la République de Bordeaux a requis ce mercredi
huit mois de prison ferme et quatre ans de privation des droits civiques à
l’encontre de José Bové
, poursuivi avec 11 autres militants devant le
tribunal correctionnel pour une action anti-OGM menée en 2006 en Gironde.

Le représentant du ministère public Jérôme Bourrier a aussi requis 10 mois
de prison avec sursis contre Marc Giblet
, l’exploitant agricole chez qui
avait été menée en novembre 2006 cette action, à Luganos (Gironde), et qui
avait tiré à cette occasion un coup de feu en présence des militants
écologistes.

Six mois avec sursis ont été requis contre deux militants anti-OGM et
quatre mois avec sursis pour les neuf autres opposants aux organismes
génétiquement modifiés
.

Les plaidoiries de la défense interviendront jeudi.

(©AFP / 27 août 2008 22h18)

L’ONU interdite d’entrer dans les territoires palestiniens occupés

jeudi 17 juillet 2008

La "plus grande démocratie du Moyen-0rient", vient d’interdire à une délégation de l’ONU de se rendre dans les territoires occupés pour y enquêter sur les droits de l’Homme. Ce n’est pas la presse française qui nous l’apprend. Il faut dire qu’elle a d’autres chats à fouetter, ne serait-ce que pour suivre Ingrid Betancourt dans toutes les églises où elle est allée prier. D’ailleurs, des membres de l’ONU virés comme des malpropres, quoi d’extraordinaire ?

« Les autorités israéliennes ne nous ont pas permis de visiter les territoires palestiniens et n’ont donné aucune raison pour expliquer leur refus », a déclaré mardi, lors d’une conférence de presse à Amman, Prasad Kariyawasam, responsable d’un comité spécial de l’ONU, chargé d’enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme des Palestiniens et des autres Arabes des territoires occupés par Israël.

On ne sait pas ce qu’en pensent leurs chefs. Ils ne sont pas très susceptibles apparemment. A moins qu’ils aient peur de passer pour antisémites...

europalestine.com

Rétention de sûreté : une peine infinie

dimanche 13 juillet 2008

A l’initiative de l’association pour une information alternative populaire éducative et citoyenne : A.I.A.P.E.C, le film "rétention de sûreté : une peine infinie" de Thomas LACOSTE sera projeté mercredi 16 Juillet à 2O H 3O. Cette soirée se déroulera au 44, rue dufour, au centre ville de MACON.
La peine de rétention de sûreté qui permet de laisser en prison des personnes ayant fini de purger leur peine, expliquée par huit intervenants : juristes, psychiatres, militants.
Une soirée d’actualité donc... Une année après la suppression de la "grâce présidentielle" qui permettait "d’alléger le nombre des détenus en prison " !

Daniel DERIOT