L’énergie de l’Espoir

mercredi 2 avril 2008
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Le mouvement Ni pauvre, ni soumis a défilé de la place de la République à la place de l’Opéra à Paris, le samedi 29 mars 2008 après-midi. Largement relayé par les médias, des images et des reportages sur les chaînes de télévision ainsi que des interviews en radio ont dénoncé la situation de précarité voire d’exclusion des personnes en situation de handicap et de maladie invalidante.

Devant plusieurs dizaines de milliers de personnes, Jean-Marie Barbier, président de l’Association des paralysés de France, a prononcé un discours lors du rassemblement de la marche citoyenne et apolitique de ce samedi 29 mars 2008, place de l’Opéra. Je me permets de vous l’adresser et de vous inciter à le porter à la connaissance du plus grand nombre.

Chers amis !

Vous êtes venus, vous êtes tous là.
Là sur cette place de l’Opéra, à Paris, mais là, aussi, par la pensée !

Car si nous sommes aujourd’hui plus de 30 000 personnes, c’est sans compter tous ceux qui n’ont pas eu la possibilité de se joindre à nous, pour des raisons de santé ou d’impossibilité à se déplacer. Pour chacune et chacun d’entre vous, ce sont 5 ou 6 autres qui n’ont pas pu faire le déplacement.

Nous aurions pu être en réalité 200 000 !
La France qui s’est levée tôt, elle est là aujourd’hui !
C’est vous, c’est nous tous !
La France impatiente, qui veut des réformes, et vite ? C’est encore nous !
La France qui pense qu’ensemble tout devient possible ? C’est nous aussi !

Nous sommes là parce que le pays des droits de l’homme doit être le pays des droits de tous les hommes et ne doit pas devenir le pays des droits de l’homme en bonne santé.
Nous sommes là pour que nos droits soient respectés, pour demander des comptes et exiger le changement.
Nous sommes là, nous, ni pauvres, ni soumis, pour dénoncer les conditions de vie indignes dans lesquelles nous vivons.

- Parce que pour nous, aujourd’hui, en France, le pouvoir d’achat, c’est le pouvoir de rien.
- Parce que pour nous, le seuil de pauvreté commence au pas de notre porte.
- Parce que pour nous surtout, les caisses sont vides !

Nous sommes ici parce que les titulaires de pensions d’invalidité et de rentes accidents du travail sont encore oubliés !
Nous sommes là parce que si nous sommes parents d’un enfant handicapé nous avons peur pour son avenir !
Nous sommes ici parce que si l’on travaille en ESAT nous n’avons toujours pas le SMIC pourtant promis depuis des années !
Nous sommes là parce que si l’on vit en maison d’accueil spécialisée il nous reste 60 Euros par mois !
Nous sommes ici parce que si l’on vit en foyer de vie il nous reste 180 Euros par mois !
Nous sommes là parce que si l’on vit chez soi on ne nous promet même pas le seuil de pauvreté et qu’il faut vivre avec moins de 21 Euros par jour !
Nous sommes ici parce que si l’on a la chance de vivre en couple, cette somme sera réduite ou supprimée en fonction des ressources de son conjoint !
Nous sommes là, nous, les oubliés, les exclus.

- Pour montrer notre détermination à un pouvoir qui ne nous voit pas.
- Pour parler avec force aux oreilles d’un pouvoir qui ne nous entend pas.
- Pour démontrer notre résolution à un pouvoir qui ne nous comprend pas.
- Pour aller vers un pouvoir qui ne souhaite pas venir à nous.

Nous sommes là pour défendre une autre vision de la société que celle que l’on nous impose.
Une société qui ne dirait pas « vous ne pouvez pas travailler donc vous n’êtes rien ».
Une société qui ne réduirait pas l’homme à sa capacité de travail.
Une société qui réunirait plutôt qu’elle n’oppose.
Une société dans laquelle chacun aurait sa place, chacun serait acteur et citoyen.
Une société qui ne maintiendrait pas des centaines de milliers de personnes dans un assistanat aussi inefficace qu’humiliant.
Une société qui substituerait enfin la citoyenneté à la charité.

Nous sommes là enfin parce que les valeurs de solidarité ne sont pas solubles dans la valeur travail qui ne concerne que celles et ceux qui peuvent effectivement travailler !

Ce samedi 29 mars 2008 est une date historique. Historique par la nature même de votre mobilisation. Historique par la force de notre mouvement. Historique par la conviction et la détermination que vous exprimez.

Ce ras-le-bol, cette exaspération que nous portions depuis si longtemps, nous les avons transformés en énergie. L’énergie de poursuivre le combat et de rassembler encore autour de nous tant que nous ne serons pas entendus. L’énergie d’avancer, de promouvoir une société solidaire, juste et non-discriminante.

De l’énergie du désespoir, peut-être sommes-nous passés à l’énergie de l’espoir. Grâce à vous et avec vous, il y a eu un « avant 29 mars 2008 », et je vous le promets il y aura un « après » !

J’ai encore 2 petits mots à vous dire : Merci et Bravo

Jean-Marie Barbier

nipauvrenisoumis.org


Commentaires

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L’énergie de l’Espoir
vendredi 4 avril 2008 à 10h50 - par  Vladimir

Collectif « Ni pauvre, ni soumis » : début du bras de fer avec le gouvernement :

3/04/2008

Si les « caisses sont vides »… nos poches aussi !

Dans un communiqué envoyé à la presse ce jour, le collectif « Ni pauvre, ni soumis » réaffirme sa détermination à des responsables politiques qui ne voient pas, à des responsables politiques qui n’entendent pas, à des responsables politiques qui ne comprennent pas !

Hier, mercredi 2 avril, les organisations associatives membres ont décidé la poursuite du mouvement « Ni pauvre, ni soumis » et d’agir avec insistance jusqu’à l’obtention d’un revenu d’existence pour les personnes en situation de handicap et de maladie invalidante qui ne peuvent pas ou plus travailler. Sans attendre la conférence nationale du handicap qui aura lieu début juin, les organisations demandent que les améliorations de l’allocation aux adultes handicapées (notamment les conditions d’accès au complément de ressources ou la prise en compte des ressources du conjoint) puissent être adoptées rapidement. Concrètement, plusieurs actions vont se développer dans toute la France.

Mais aussi, le collectif « Ni pauvre, ni soumis » lance un appel à venir rejoindre le mouvement à toutes les personnes concernées ou non, à tous les citoyens, à toutes les associations, à tous ceux qui souhaitent défendre une société solidaire, qui ne réduit pas sans cesse l’homme à sa capacité de travail ! Vous pouvez compter sur le collectif « Ni pauvre, ni soumis ».

Pour télécharger le communiqué de presse, ici :

http://www.nipauvrenisoumis.org/

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L’énergie de l’Espoir
jeudi 3 avril 2008 à 15h20 - par  michel80

Jamais la notion de « progrès » n’a été aussi peu remise en question qu’aujourd’hui ; le progrès
est tout simplement considéré comme étant souhaitable pour tous. Les conceptions actuelles du
progrès datent de l’époque coloniale, du temps où le fait de s’approprier les ressources et la main-d’oeuvre
s’autojustifiait par une supposée action civilisatrice. Mais, qu’est-ce que le progrès ? Pour les habitants
les plus pauvres des nations les plus pauvres, ses principaux piliers sont l’éducation qui – ils l’espèrent –
les conduira à plus de richesse, et les soins de santé qui – ils l’espèrent – leur donneront une vie plus longue. L’approche selon laquelle « le progrès peut tuer » ne remet pas cela en question : nul doute que certains voient en effet leurs rêves s’accomplir, mais d’autres ne font que sombrer plus profondément dans la pauvreté. Il en va autrement pour les peuples indigènes, en particulier pour ceux qui ont peu de contact avec l’extérieur. Leur imposer le « progrès » ne leur apporte jamais une vie plus longue ni plus heureuse, mais les condamne au contraire à une existence plus courte et plus morne dont la seule issue est la mort. Bien des peuples ont été ainsi détruits et bien d’autres restent sous la même menace. Certains en ont pris conscience et choisissent de rester isolés. D’autres entretiennent une relation plus étroite avec l’extérieur – certains d’entre eux reçoivent des soins de santé qui tentent d’endiguer leur anéantissement. Mais il y a là un cercle vicieux mortel, car même dans les pays les plus riches, aucun des soins « modernes » mis à la disposition des peuples indigènes ne saurait être suffisant pour contrer les effets de la perte de leurs terres et des maladies importées.

Cette étude ne nie pas le génie scientifique ni ses accomplissements, elle ne s’accroche pas à une vision
romantique d’un âge d’or mythique. Il n’est pas question non plus ici d’un rejet du changement ; toutes
les sociétés sont en constante évolution. Il est cependant indéniable que les peuples indigènes
qui vivent sur leurs propres terres et contrôlent leur propre adaptation à un monde en perpétuelle évolution
sont pauvres, certes, en termes monétaires, mais que leur qualité de vie et de santé est souvent notablement meilleure que celle de leurs compatriotes et de bon nombre de précaires et de SDF des cités modernes. Les indicateurs montrent que lorsque les populations indigènes sont déplacées de leur terre, leur santé et leur bien-être s’effondrent et, dans le même temps, le taux de dépressions, de dépendance et de suicides s’accroît considérablement. Ce sont là des faits indubitables. Les faits parlent d’eux-mêmes, le système capitaliste et le progrès tuent partout.

De récentes tentatives pour évaluer le « bonheur » dans différentes populations ne surprennent en rien les
personnes familières des communautés indigènes contrôlant encore leur propre mode de vie ; les
milliardaires les plus riches au monde ne sont pas plus heureux que n’importe quel berger maasai du Kenya.

Les programmes d’intervention qui entraînent l’expulsion des peuples indigènes hors de leurs terres
et imposent le « progrès » causent une misère inouïe. Ce n’est guère surprenant : le « progrès » – la
conviction que « nous » savons mieux – rejoint le colonialisme en ce que tous deux ont pour effet de
spolier les terres et les ressources. Les peuples indigènes n’y survivent pas. Quand, à l’inverse, ils
choisissent leur propre développement sur leur propre terre, ils prospèrent.

Ce que nous avons, au cours de l’histoire des civilisations, imposé aux plus faibles, se répète à l’infini. Cette répétition nous la voyons quand nous croisons la misère à notre porte. Voilà notre monde moderne et civilisateur, voilà ce que nous faisons du progrès, un vecteur de destruction et de soumission du corps et de l’esprit.

Michel

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L’énergie de l’Espoir
mercredi 2 avril 2008 à 20h45 - par  Catherine Declis

Merci Patricia d’écrire ainsi, et tout est dit

Les équipes de "Ni Pauvres Ni Soumis" ont une voix qui dit haut et clair.
Les difficultés de la vie, ils les pétrissent à bras le corps tous les jours et ne sont pas personnes à baisser les bras.
Alors, haut les coeurs

Je me permets de vous embrasser

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L’énergie de l’Espoir
mercredi 2 avril 2008 à 19h02 - par  Patricia

Un grand merci Monsieur Jean Marie Barbier d’avoir prononcé un si beau discour pour dénoncer la situation catastrophique dans laquelle nous nous trouvons, nous sommes au bord du gouffre !!! tous autant que nous sommes, nous qui nous nous trouvons en dessous du seuil de pauvreté avec sans cesse un pouvoir d’achat en baisse, dû à l’augmentation du coût de la vie, à la mise en place des forfaits médicaux et de tous le reste...
Vous n’avez pas oublié les personnes titulaires de pensions d’invalidité et de rentes d’accident du travail trop souvent les grands oubliés des associations, fédérations, médias, politiques, parlementaires, organisations caritatives etc... Celà mérite réellement d’être souligné.
Je vous en conjure au nom de tous, soyez la voix de tous ceux qui n’ont plus de voix et n’ont pas les moyens ou la possibilité de s’exprimer.
Maintenant que le mouvement est né, que la preuve a été faite qu’il était possible de rassembler des milliers de personnes dans un même combat légitime, il ne faut pas baisser les bras et au contraire continuer et accélérer jusqu’à ce que Monsieur le Président Sarkosy qui se dit Président de tous les français ainsi que le Gouvernement prennent en compte la douleur des français les plus nécessiteux et les plus faibles et qu’ils cessent de faire la sourde oreille et d’appesantir sans cesse notre fardeau... Nous avons besoin de respirer et de vivre dignement tout simplement et d’arrêter de nous angoîsser et de nous rendre encore plus malade que nous ne le somme en pensant à notre "devenir", de cesser de tenter de survivre en cachant trop souvent nos misérables existences par pudeur...
cordialement
Patricia

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Le Liban boycotte le salon du Livre

jeudi 28 février 2008

Le ministre libanais de la Culture annonce que son pays boycottera le Salon du livre de Paris, en raison de la participation d’Israël, invité d’honneur de cet événement prévu du 14 au 19 mars.

Une dépêche de l’Agence France Presse indiquait mercredi :

"Le ministère de la Culture va s’abstenir de participer (au Salon du livre) cette année, pour protester contre la décision des organisateurs de nommer Israël comme invité d’honneur à l’occasion du 60e anniversaire de (la) création" de l’Etat hébreu, a annoncé le ministre Tarek Mitri dans un communiqué.

europalestine.com