Au Kosovo, pas vraiment d’État, déjà une armée…

dimanche 13 avril 2008
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Entre coups bas serbes et russes, magouilles américaines et impuissance européenne, l’avenir du Kosovo ne s’annonce pas vraiment radieux.

par Anna-Patricia Kahn

« Le Kosovo c’est comme dans les contes pour enfants : on sait comment ça va finir », soupire ce diplomate européen spécialiste des Balkans. Justement, la fée américaine s’est penchée cette semaine sur le berceau de cet État européen né le 17 février 2008. Et lui a fait un drôle de cadeau : le Kosovo figure désormais sur la liste des pays qui seront fournis en armes et en savoir-faire en matière de renseignements par Washington. George W. Bush a justifié sa décision en ces termes : « servir la paix dans le monde ».

En attendant ce moment céleste, dans la ville de Mitrovica, la situation dégénère doucement mais sûrement. La minorité serbo-kosovar nargue depuis la rive nord du fleuve Ibar, la majorité albano-kosovar au sud ainsi que les 16 000 hommes des troupes des Nations-Unies et de celles mandatées par l’Otan pour assurer la tranquillité des lieux.

Déjà, le pont reliant les deux rives de Mitrovica ne sert plus qu’à délimiter les deux parties ennemies d’une ville coupée en deux. En effet, les 120 000 Serbes vivant au Kosovo se refusent toujours à reconnaître l’indépendance de ce nouvel État. Quant à la Serbie et à la Russie, elles qualifient la déclaration d’indépendance de ce pays de deux millions d’habitants d’«  illégale » et attisent les antagonismes ethniques et religieux.

La situation est suffisamment tendue pour qu’un mois à peine après la naissance du Kosovo, ses bonnes fées tremblent déjà pour son avenir et, accessoirement, pour leur tranquillité. Et il y a de quoi…

Des policiers en civil venus de Belgrade ainsi que des agitateurs proches du parti radical nationaliste serbe de Tomislav Nikolic patrouillent les rues du nord du pays, mettant le feu aux poudres des nationalismes. Sans la moindre gêne car ils savent qu’ils peuvent compter sur un allié de poids : la Russie, qui a déjà fait savoir qu’elle livrerait dès cette semaine l’enclave serbe du Kosovo en nourritures et médicaments, renforçant un peu plus l’atmosphère de tranchées qui règne.

Incontournable Moscou

Pour la doublette Dmitri Medvedev-Vladimir Poutine, l’enjeu diplomatique est double : positionner la Russie face aux États-Unis mais aussi face à une Europe toujours hagarde dès qu’il s’agit d’adopter une position diplomatique commune. Le calcul de Moscou est sans doute d’apparaître à terme comme incontournable dans la résolution de conflits…

Et puis, tant qu’elle y est, la Russie estime que soutenir l’enclave serbe contre la majorité kosovar de confession musulmane sert aussi de baume destiné à calmer l’humiliation subie lors les bombardements de Belgrade par l’OTAN en 1999. Il n’y a jamais de mal à se faire du bien au passage, n’est-ce pas ?

On ne peut pas en dire autant pour les Européens qui commencent à se gratter furieusement la tête. « Nous savions qu’en laissant le Kosovo devenir indépendant, il se créerait de facto un précédent dangereux dans une région toujours prête à exploser », souligne avec lucidité ce diplomate européen.

Les spécialistes des Balkans qui officient dans les différentes chancelleries européennes espéraient néanmoins en tirer un maigre bénéfice : mieux combattre et contenir les deux fléaux les plus graves de la région, à savoir la prolifération de groupes mafieux originaires d’ex-Yougoslavie et les vagues d’immigrations susceptibles de survenir en cas de conflit.

Un bien mauvais calcul, car, au Kosovo, le taux de chômage officiel atteint les… 60%. Même Carl Bildt, le ministre suédois des Affaires étrangères et spécialiste de la zone, ne peut plus résumer l’imbroglio kosovar que de la façon suivante : « nous n’avons pas d’arrangement pour cette région et le rôle de l’ONU devrait être redéfini ». Bel aveu d’impuissance. D’autant que le 11 mai prochain se tiendront les élections du parlement serbe. Le parti radical, dont le chef, Vojislav Seselj, accusé de crimes de guerre, est d’ores et déjà donné gagnant…

bakchich


Commentaires

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félicitations !
lundi 14 avril 2008 à 15h31 - par  écoeuré

vous m’avez délivrés de l’idéologie des droits de l’homme, vos pleurnicheries pour les "pauvres" albanais et votre complaisance pour ne pas dire collaboration avec les trafiquants d’organes de l’UCK m’ont convaincus que décidément, rien de bon ne pouvait sortir des droits de l’homme et de leur exortation mercantile a la compassion. amen comme on dit chez vous. bisous a herr kouchner.

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