Espérantophonie contre anglofolie

jeudi 1er mai 2008
par  Michel Portal
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Une langue paternelle pour complèter notre langue maternelle

Avec le rire, le langage intense caratérise notre espèce. Être humain c’est communiquer. Face à la mondialisation, les langues maternelles - indispensables - ne suffisent pas. Nous avons besoin d’une langue de service commune, d’un moyen de nous parler avec le moins possible d’intermédiaires. Nous avons besoin d’une langue... paternelle. Elle existe depuis 111 ans.
La crise financière et morale qui se généralise peut nous faciliter la tâche.

La France a perdu la bataille (folle) du français langue universelle. Avec la francophonie elle pourrait maintenant engager sa force et son expérience républicaine au service d’une communication linguistique adaptée à la mondialisation en cours. Avec l’appui des populations, nous pouvons permettre à la Planète et à l’Europe (1) d’échapper au tout-anglais coûteux derrière son apparente simplicité et gravement inégalitaire ; un anglais abâtardi destructeur de langues et de diversités culturelles, y compris celle des nations anglophones.

Une France digne de ce nom pourrait prendre diplomatiquement la tête d’une résistance européenne et mondiale à l’injustice, contribuer à unir l’ensemble des nations dont les intérêts sont bafoués, les langues infériorisées et, pour certaines, menacées de disparition à brève échéance. L’outil international pour accomplir cette opération pacifiante, écologique et économique existe : c’est l’espéranto.

Il n’est pas parfait mais a souvent été dénigré sans appui sur des faits (par intérêts mal compris, ignorances et peurs). L’espéranto a prouvé de longue date - à petite échelle - sa capacité à faire communiquer sur un pied d’égalité des gens de toutes les langues et de toutes les cultures. L’espérantophonie est vivante ; de plus en plus.
Un jeune de 17-18 ans l’a inventé puis lancé vers la fin du XIXe siècle... Mais pas comme un jeu comme une nécessité ! Il étouffait entre les haines ethno-religieuses de sa petite ville russe ; avec quatre communautés (polonaise-catho, judéo-israélite, russo-orthodoxe et allemano-protestante) murées dans leurs langues comme autant de codes secrets à la fois protecteurs et enfermants, inaccessibles à l’étranger du bout de la rue. Lazare Zamenhof est mort en 1914, mais pas son oeuvre.

Réglo et créatif, l’espéranto fut (est encore ?) ignoré, copieusement moqué. Insulté sans étude en 1922 par la défunte SDN. Econduit par l’ONU en 1966 malgré une pétition signée (avant l’informatique) par près d’un million de personnes. Artificiel ? Oui. Moins que le téléphone, la télé ou internet. Bon marché ? Plus que les traductions simultanées. Honnête ? Plus que les traductions automatiques aux limites bien connues.
L’espérantophonie ouvre grand un dialogue mondial sans prothèses. Cette langue simple et souple, amie de la liberté est peu vorace en temps et en crédits pour l’apprentissage. Logique comme le chinois (2), elle est bien plus efficace et plus juste qu’une anglicisation forcée aux mains de l’Argent fou.
L’espéranto a préparé, prépare et préparera de toutes façons sa salutaire émergence ; aussi sûrement que les chiffres arabes ont envoyé au musée les chiffres romains. La langue de service entre tous ne peut être la propriété d’aucune nation.

(1) L’Europe - que la France va présider dès juillet - est emberlificotée dans des coûts de traductions quasi prohibitifs entre 27 langues (et plus). L’Europe a commencé de renier son engagement à ce que chacun puisse s’exprimer dans sa langue maternelle. Urgence d’interventions.

(2) Des forces espérantistes importantes se trouvent en Asie. Occidental par ses racines, l’espéranto est oriental par sa logique (assimilation généralisatrice sans exceptions) comme le chinois, le japonais ou l’indonésien. L’apprentissage de l’anglais (du français ou de l’arabe) demande à ces populations un investissement hors de prix. Jamais ils ne s’y plieront massivement.

De plus, pour tout le monde, à cause de pièges changeants (subtils ?) un anglophone étranger n’arrive pas à la maîtrise de la communication qu’atteint un Anglais dont c’est la langue maternelle. Il y a place pour un marché direct en espéranto...

Cordialement et multi-citoyennement
Michel Portal
41 rue du Château
56400 Auray
02 97 50 80 82
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"Le verbe résister a toujours besoin de se conjuguer au présent" Lucie Aubrac.
"Celui qui voit un problème et qui ne fait rien, fait partie du problème" Mohandas Gandhi.
"La peur n’a qu’une peur, c’est que tu l’abandonnes" Henri Gougaud.

Plutôt que noircir l’autre, éclaircissons-nous... Avec mes excuses anticipées pour les Peaux-Noires. La méprise possible est liée aux limites de ma-notre langue, de nos langues (y compris l’esperanto). Les peaux, regardez-les bien, ne sont ni noires, ni blanches, ni jaunes, ni rouges. Pas plus que le raisin blanc n’est blanc ou le noir, noir.
Persistons dans notre être - individuellement et collectivement - mais affinons-nous pour réduire nos imperfections. Double action : la modification de l’individu constitue un début de transformation sociale et le perfectionnement social pousse à l’amélioration individuelle.
"Si tu veux la paix, prépare la paix". M.P.


Commentaires

Espérantophonie contre anglofolie
samedi 3 mai 2008 à 12h46

Cher Monsieur

Merci pour votre texte. Excellent.

Il est necéssaire placer une fin à l’hégémonie linguistique anglaise
José Santos Alves

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bakchich.info