Le retour de la Quatrième Flotte : un message de guerre

samedi 24 mai 2008
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par Raúl ZIBECHI

Le premier juillet prochain, l’ armée US réactivera la Quatrième Flotte, avec l’intention « de combattre le terrorisme », les « activités illégales » et d’envoyer un « message » au Venezuela et au reste de la région. Il s’agit là de la première réaction par une projection de longue haleine de la part de Washington, après l’attaque au campement des FARC (en Équateur) au mois de mars dernier, qui a fait trembler l’échiquier régional et a mis en évidence la faiblesse de la superpuissance et l’isolement de ses alliés dans la région.

Le communiqué du Pentagone, émis le 25 avril, fait valoir que la réactivation de la Quatrième Flotte - créée en 1943 pour faire face à la menace des sous-marins nazis dans les Caraïbes et l’Amérique du Sud et dissoute en 1950 - servira à « démontrer l’engagement des USA auprès de leurs partenaires régionaux ». La flotte sera commandée par le contre-amiral Joseph D. Kernan, actuel chef du Commandement de la Guerre spéciale navale, et aura sa base à Mayport, en Floride ; elle dépendra du Commandement Sud basé à Miami.
Onze navires, dont un porte-avions et un sous-marin nucléaire, constitueront le noyau initial de la flotte.

La décision du Pentagone intervient à un moment de tension particulière en Amérique du Sud et d’extrême volatilité sur les marchés de matières premières. On ne doit pas oublier qu’un tiers des importations de pétrole des USA proviennent le Venezuela, du Mexique et de l’Équateur, ce qui fait de la région un espace stratégique pour maintenir la suprématie économique et militaire du principal pays de la planète.
Deuxièmement, l’empire vient de subir une série de défaites dans la région : le triomphe de Fernando Lugo au Paraguay, la création imminente du Conseil sud-américain de la Défense à la demande du Brésil et du Venezuela, la consolidation du processus conduit par Rafaël Correa en Équateur, qui implique des revers pour les multinationales pétrolières et minières, et la consolidation de l’indépendance économique de pays comme le Brésil, qui visent à renforcer un Mercosur chaque fois moins dépendant des économies du premier monde, parmi les plus significatives.

À tout cela on doit ajouter, en troisième lieu, les fortes tendances à l’instabilité dans la région, comme le montrent les récentes révoltes en Haïti, le conflit intense pour l’hégémonie en Bolivie et l’offensive de secteurs du grand patronat contre le gouvernement de Cristina Fernández en Argentine. Devant ce panorama, dans lequel l’instabilité tend à être accentuée par la spéculation féroce du capital qui provoque des hausses spectaculaires des prix des aliments, la réactivation de la Quatrième Flotte signifie que les USA misent sur un interventionnisme de type aéronaval et non terrestre, comme le reconnaît l’analyste conservateur argentin Rosendo Framboisier («  la Quatrième Flotte et les sous-marins de Chávez », 28 avril, dans Nueva Mayoría).

En effet, embourbé qu’il est en Iraq et en Afghanistan, le Pentagone ne dispose pas de forces terrestres à « distraire » dans d’autres théâtres d’opérations. D’où son choix de se fortifier par des moyens aériens et navals pour contrôler une région qui s’avère toujours plus hostile. Mais le déploiement de la Quatrième Flotte n’est pas seulement un avertissement mais surtout une menace. Bien que Hugo Chavez ait déclaré que «  le vieil empire ne fait plus peur », ce qui est sans doute vrai de manière générale sur la scène latino-américaine, concrètement Washington est encore capable de fabriquer des crises comme il le démontre ces jours-ci en Bolivie. Dans ce pays andin se met en place une stratégie planifiée de longue date, qui prétend apprendre des « erreurs » commises au Venezuela, où l’échec du coup d’État d’avril 2002 a été à la base de la radicalisation du processus.

En Bolivie, au contraire, on met en oeuvre une stratégie moins stridente mais aussi destructive que le putschisme, basée sur une demande d’autonomie qui en réalité fait partie du projet stratégique d’Evo Morales mais qui est utilisée avec des fins opposées : au lieu de donner du pouvoir aux mouvements sociaux et à la société civile, il cherche à blinder les intérêts de l’oligarchie de la province de Santa Cruz et à freiner le processus de changements entamé par le gouvernement de la La Paz. Le résultat, dans le moins pire des scénarios, est la fabrication d’un processus qui peut entraîner le gouvernement d’Evo dans une crise d’État, qui le forcerait à négocier à la baisse le programme de changements ou qui provoquerait sa démission pour éviter une guerre ou la division du pays.

À ce stade, il vaut la peine de tenir compte des réflexions du géographe US David Harvey, qui soutient que le néo-libéralisme se caractérise par ce qu’ il appelle « accumulation par dépossession », autrement dit l’appropriation de biens communs, entreprises et jusqu’à des États. Dans un article récent (« Le néo-libéralisme comme destruction créative »), Harvey soutient que pour « restaurer le pouvoir de classe » - menacé par les rébellions à partir des années 60 - on fabrique des crises pour pouvoir imposer les recettes néo-libérales. Ces crises peuvent prendre des formes très diverses : le coup d’État, comme au Chili en 1973 ; l’invasion, comme en Iraq ; ou la menace de banqueroute, comme on l’ fait avec la ville de New York en 1975 pour mettre en échec les syndicats municipaux.

Ce qui est certain est que l’accumulation par dépossession ne peut pas se faire sans violence, matérielle, symbolique, ou les deux à la fois, dans un processus totalement antidémocratique d’imposition verticale d’un modèle de société. Il ne s’agit plus seulement de défendre les privilèges d’une classe sociale, comme cela est arrivé dans les années 60 et 70 au moyen de coups d’État dans toute la région. Disons que celle-là était une tactique « de défense » de ceux d’en haut pour de maintenir leurs privilèges. Maintenant les choses sont complètement différentes : on cherche à remodeler la carte de la région, et du monde, pour les multinationales et l’empire, en déplaçant des populations entières de territoires où il y a des richesses naturelles ou là où le capital cherche des terres pour produire des marchandises au moyen de monocultures. Et, pour cela, balayer par la corruption, ou à la force, les gouvernements qui gênent. La Quatrième Flotte est une pièce de plus de cet engrenage.

Traduction : Fausto Giudice
Source :aboutus
tlaxcala


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Brèves

Israël refoule un navire d’aide faisant route vers Gaza

jeudi 15 janvier 2009

La marine israélienne a refoulé un navire battant pavillon grec et transportant de l’aide destinée aux Palestiniens de la bande de Gaza, rapportent des militants.
Le navire, à bord duquel se trouvaient 21 personnes, a été intercepté à une centaine de milles nautiques au nord-est de Gaza, a déclaré Houwaida Arraf, l’une des organisatrices de la mission du Mouvement Gaza libre, basé aux États-Unis.
"Ils (les navires israéliens) sont venus tout près et ont menacé d’ouvrir le feu sur nous si nous poursuivions notre route", a dit Arraf à Reuters à bord du bateau d’aide, qui retourne actuellement à Chypre.
"Ils nous ont cernés avec leurs quatre navires de guerre, et il était très difficile de naviguer. Ils ont dit qu’ils auraient recours à tous les moyens pour nous tenir à l’écart de Gaza", a dit la militante.
Mercredi, Israël avait déjà ordonné à un navire iranien transportant une aide humanitaire aux Palestiniens de faire demi-tour.

Le président de l’Assemblée générale de l’Onu menacé de mort

mardi 16 décembre 2008

( Mardi, 16 décembre 2008 )

Le président de l’Assemblée générale des Nations unies, le Nicaraguayen Miguel D’Escoto, volontiers critique envers Israël et les Etats-Unis, a fait l’objet de menaces de mort sur internet, a déclaré lundi 15 décembre son porte-parole.

"Il y a des menaces très graves contre sa vie et il les prend au sérieux", a dit à la presse Enrique Yeves. "L’équipe de sécurité de l’Onu les prend également au sérieux."
D’Escoto, prêtre catholique et ancien ministre des Affaires étrangères du Nicaragua, a émis de nombreuses critiques envers Israël et les Etats-Unis depuis qu’il a pris la tête de l’Assemblée générale de l’Onu, en septembre.

Il a récemment comparé l’attitude d’Israël envers les Palestiniens à la politique de ségrégation en Afrique du Sud du temps de l’apartheid.
Selon Yeves, les services de D’Escoto ont repéré les menaces sur internet il y a quelques jours et en ont informé la sécurité de l’Onu ainsi que les autorités américaines.
D’Escoto a pris des "mesures de sécurité extraordinaires", a expliqué son porte-parole, sans plus de précisions.
D’Escoto était le chef de la diplomatie nicaraguayenne dans les années 1980, lorsque le gouvernement sandiniste combattait l’insurrection des "Contras" soutenue par Washington.
En 2004, il avait qualifié dans une interview l’ex-président américain Ronald Reagan de "boucher de (son) peuple" et avait estimé que George Bush était son héritier spirituel.

aloufok.net

relations UE/Israël

mercredi 3 décembre 2008

la demande de report du vote sur le "rehaussement" des relations UE/Israël , sur lequel vous m’avez, à juste titre, interpellée, vient d’être adoptée.

Cette demande avait été déposée par le groupe des Verts et celui de la GUE, arguant que l’absence totale de progrès sur le plan du processus de paix devait amener le Parlement européen à refuser de se prononcer en l’état afin d’exercer une pression sur Israël. Cette position a été soutenue par une majorité de parlementaires européens et il n’y aura donc pas de vote demain.

Je ne manquerai pas de vous tenir informés des prochains développements de ce dossier et vous remercie encore de votre mobilisation.

Bien cordialement,
Hélène Flautre Eurodéputée

Communiqué de l’Afps

vendredi 30 novembre 2007

L’AFPS condamne la répression policière en Cisjordanie contre les milliers de Palestiniens qui manifestaient pacifiquement leur hostilité au sommet d’Annapolis le 27 novembre 2007

répression qui a fait un mort à Hébron en plus de dizaines de blessés dans plusieurs villes de Cisjordanie, et qui s’est traduite par de nombreuses arrestations.

L’Afps s’inquiète aussi de la restriction préoccupante de la liberté d’expression de la société civile qui s’exprimait dans le calme mais dont des membres connus ont pourtant été arrêtés et de la répression des médias palestiniens dont certains acteurs ont été violement battus et emprisonnés par la police palestinienne .

Venant après la répression de la manifestation de l’OLP à Gaza à l’occasion du troisième anniversaire de la mort de Yasser Arafat, cette répression ne peut que creuser la brèche entre le Hamas et le Fatah et risque aussi de créer une rupture entre l’Autorité palestinienne et la société civile palestinienne, rendant impossible tout retour à l’union nationale indispensable pour affronter ensemble les enjeux posés par l’après sommet d’Annapolis.

L’Afps réaffirme que cette confrontation inter-palestinienne, qui ne fait que favoriser les projets de la politique d’occupation israélienne, tire son origine de la situation dramatique imposée à la société palestinienne par le blocus exercé par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne, en particulier sur la bande de Gaza. Elle s’alimente de l’absence de perspectives politiques créée par le refus des mêmes puissances d’imposer à Israël la solution répondant aux principes du droit international pour aboutir enfin à l’Etat palestinien indépendant viable et souverain dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale ainsi qu’à une solution fondée sur les résolutions des Nations unies pour les réfugiés palestiniens.

Paris, 29 novembre 2007


Refroidissement vénézuelo-colombien

dimanche 25 novembre 2007

Altermonde 25/11/07 - 23 heures

Le président Hugo Chavez annonce le gel des relations entre le Vénézuela et la Colombie suite au comportement inadmissible du président colombien Uribe concernant les procédures de négociations avec les FARC en vue de la libération d’otages... Ceci sachant que Uribe est coutumier de ces revirements et changements au gré de ses humeurs du moment... M.B.